 |
 |
Les «indices» proclamés et recensés pendant l’enquête concernant Neptune, reposent essentiellement sur des rapports relatifs à des appels téléphoniques entre ce dernier et d’autres responsables du gouvernement Lavalas et les hauts gradés de la police nationale pendant la période du 7 au 13 février 2004, au cours de laquelle se serait produit ledit «massacre de La Scierie»
|
|
La juge d’instruction du tribunal de Saint-Marc, Clunie Pierre-Jules, en charge du dossier de «l’affaire de La Scierie» remettait le 15 septembre au commissaire du gouvernement Lesly Jules l’ordonnance de clôture dudit dossier, qui devait être rendue publique la semaine dernière.D’après ce document, la juge a conclu à «l’existence de charges et d’indices suffisants pour poursuivre par-devant le tribunal criminel» l’ex-Premier ministre constitutionnel Yvon Neptune, le ministre de l’Intérieur du gouvernement Lavalas Jocelerme Privert, l’ex-député Amanus Mayette et vingt-sept autres personnes dont : Jocelyne Pierre, ancienne directrice générale de la Police nationale ; Jean Gérard Dubreuil, ancien secrétaire d’Etat à la Sécurité publique; Calixte Delatour, ancien ministre de la Justice; Béron Odigé, Roland Dauphin, Figaro Désir, Ernst Pascal, Vikès Janvier, Jean-Claude Jean-Baptiste, Hervé Méristil, Dieubonnet Mayette, Georges Michel Valbrun, Roody Berthomieux, Jean-Robert Esther, Olvy Emilcar, Pierre Destinoble, André Louissaint, Féquière, Wantalès Lormejuste, Jean Baptiste Hora, Harmony Ronald, Williams Baptiste, Mathieu Raphaël, Frantz Gabriel, Baron Brandt Decker, Rony Wayne Lusk et Daniel Timophy Hovermale.
Il faut souligner que les «indices» proclamés et recensés pendant l’enquête concernant Neptune, reposent essentiellement sur des rapports relatifs à des appels téléphoniques entre ce dernier et d’autres responsables du gouvernement Lavalas et les hauts gradés de la police nationale pendant la période du 7 au 13 février 2004, au cours de laquelle se serait produit ledit «massacre de La Scierie», pour lequel la juge Clunie Pierre Jules a inculpé Yvon Neptune et les vingt-neuf autres personnes susvisées.
D’après cette ordonnance, Yvon Neptune aurait utilisé son portable pendant «34.187 secondes», soit 9 heures 33 minutes et 46 secondes durant la période mentionnée plus haut. Mais les termes mêmes de ces entretiens téléphoniques ne seraient pas précisés. Il s’agit uniquement de frapper l’imagination du public, pour donner une apparence de «scientificité» à cette enquête bidon. Car, Il convient de se demander ce qu’il y a d’anormal si un chef de gouvernement prend contact avec les autorités locales ou les responsables de la police, à un moment où se produisaient des affrontements et d’autres événements impliquant des pertes en vies humaines? Serait-ce un crime de la part de Neptune de s’être préoccupé de la situation prévalant aux Gonaïves, à Saint Marc, et dans d’autres régions de l’Artibonite et du Plateau Central, à une période où les ex-rebelles engagés par l’ancienne opposition à son gouvernement commettaient des exactions contre la population civile et les policiers, vandalisant les commissariats de police et les édifices publics?
En outre, Clunie Pierre-Jules, retient la thèse de «massacre», excluant ainsi le «génocide» prôné par l’ex-organisation NCHR (actuellement dénommée RNDDH : Réseau national de défense des droits humains) pour qualifier les événements du 9 au 11 février 2004, fait état dans son exposé de l’assassinat durant ces trois derniers jours, «de nombreuses personnes tuées par l’organisation ‘Balewouze’ dirigée par l’ex-député Amanus Mayette, par des civils armés venus de Port-au-Prince et des policiers dont certains se trouvaient à bord d’un hélicoptère du Palais national».
D’après la juge, l’instruction a dénombré 44 victimes parmi lesquelles il n’a été possible de citer nommément que 22. En même temps, l’ordonnance reconnaît que le bilan des victimes du massacre est controversé. Sans compter qu’on n’a jamais retrouvé les corps, et qu’on voudrait faire accroire qu’ils ont été brûlés. Malheureusement pour les accusateurs, on aurait quand même alors retrouvé des ossements, à moins qu’il se serait agi d’un four à haute température fonctionnant sous pression.
Aussi, Mario Joseph, du comité de défense de Yvon Neptune, inscrit-il cette ordonnance dans le cadre des manœuvres politiques orchestrées contre les anciens dignitaires Lavalas, s’interrogeant justement sur le fait que l’ordonnance a été publicisée dans la presse avant sa publication officielle. Il affirme que ce document a été distribué à des secteurs bien choisis, alors qu’il n’était pas lui-même informé de la publication d’une ordonnance définitive. Précisons que l’ordonnance a été donnée aux presses de l’ANMH inféodées au Groupe des «184», qui ont bien entendu fait un tapage autour de cette affaire afin de clouer au pilori les lavalassiens. Par ailleurs, Mario Joseph a réitéré qu’il n’y a jamais eu de massacre à La Scierie, qu’il s’agissait plutôt d’affrontements entre deux groupes rivaux, le Ramicosm (Rassemblement des militants conséquents de Saint-Marc) proche de l’ancienne opposition au président Aristide et Balewouze, pour le contrôle du port de Saint Marc.
De son côté, l’avocat des «victimes» Samuel Madistin a jubilé, déclarant: «La juge d’instruction de Saint-Marc, Me Clunie Pierre-Jules, en charge de l’affaire de La Scierie, a réalisé un exploit, vu le nombre d’enquête sur des grands dossiers judiciaires qui n’ont jamais abouti.» Un «exploit» bien gratifiant pour Me Madistin, d’autant plus que l’Agence canadienne de développement avait bien pensé à subventionner la NCHR dans le cadre de ce procès.
Madistin ne veut même plus s’attarder sur des détails langagiers, lui, le juriste de l’heure, et interrogé sur le rejet de la thèse de génocide soutenue par la partie civile, il a répondu: «Nous n’allons pas faire un débat sémantique sur le qualificatif de ce qui s’est passé à Saint-Marc. Nous n’allons pas faire non plus une guerre de chiffres avec la juge d’instruction et d’autres secteurs, ce n’est pas ce qui compte pour nous en ce moment.» En effet, il a ce qu’il voulait!
L’essentiel pour le secteur macouto/bourgeois, est donc l’élimination des cadres et militants Lavalas du terrain politique. D’autant plus qu’aux termes de la Constitution, Yvon Neptune et Jocelerme Privert sont exclusivement justiciables devant la Haute Cour de justice, pour les actes éventuellement commis dans l’exercice de leurs fonctions. C’est dans cette atmosphère de chasse aux sorcières qu’on retrouve des opportunistes de «Fanmi Lavalas» tels: Yvon Feuillé, Rudy Hériveaux, Louis Gérald Gilles (impliqué de près ou de loin avec le Ramicosm), Dismy César, Jean-Claude Desgranges, Leslie Voltaire, etc. qui ont retrouvé leur vraie position de classe en suivant Marc L. Bazin, le disciple du néolibéralisme. N’est-ce pas Bazin qui disait à «Fanmi Lavalas» qu’on ne peut suivre deux chemins à la fois.
Cependant, on remarquera que malgré leur «angélisme», malgré leur volonté de collaborer avec le régime criminel de facto en essayant de coopter et de corrompre les bases populaires proches de Fanmi Lavalas pour les faire participer aux élections/sélections, l’aile dure du régime de facto n’aura point voulu leur faire de concessions et a tenu quand même à inculper des dignitaires Lavalas dans ce procès pour un prétendu massacre, comme montré ci-dessus. Sans doute, la macouto-bourgeoisie estime avoir suffisamment «donné» à la communauté internationale en acceptant des candidatures incluant deux compétiteurs se réclamant d’un côté directement de Fanmi Lavalas ou de l’autre, de son héritage?