21 Septembre, 2005

September 21, 2005

21 Septamn, 2005
Vol. 23 No. 28


Dans une opération conjointe menée le 14 septembre dans des quartiers du centre-ville de Port-au-Prince englobant les rues Macajoux, Tiremasse, Sans Fil, Mariela, quatre présumés bandits ont été arrêtés…
À l’occasion d’une réunion organisée à Port-au-Prince le 17 septembre, des étudiants pour la plupart d’anciens GNBistes, ces éléments qui avaient été manipulés pour déstabiliser le gouvernement constitutionnel, ont critiqué les autorités de facto face à la persistance de l’insécurité dans le pays. A un moment où des responsables de la Police nationale (PNH) et de la Minustah sont unanimes à se féliciter pour «l’amélioration du climat de sécurité», notamment dans la capitale, ces étudiants ont dénoncé la recrudescence des kidnapping et de la violence.

En effet, au moins une dizaine de personnes ont été enlevées au cours de ces derniers jours dans la région métropolitaine, dont certains se retrouvent encore aux mains de leurs ravisseurs qui attendent de recevoir les rançons. Parmi les victimes, on compte un cadre d’une banque privée, enlevé dans la soirée du dimanche 11 septembre à Delmas 75, et une résidente de la même zone enlevée la veille dans la matinée alors qu’elle regagnait son domicile dans sa voiture. Chaque jour qui passe amène au moins un nouveau cas. Ce qui laisse planer de sérieux doutes quant à l’établissement d’un véritable climat de sécurité à l’aube de la réouverture de la nouvelle année scolaire et surtout des fameuses élections.

Parallèlement, le nombre de victimes de crimes violents n’a point changé significativement. Ainsi le 11 septembre, un enfant de quatre ans a perdu la vie sous les balles, à Delmas 33, et un autre au Bélair

Pour en revenir aux étudiants, ils ont invité les autorités à ne pas simplifier le climat d’insécurité en faisant porter la responsabilité des crimes à un coupable imaginaire tout désigné sous le terme passe-partout de «chimè-Lavalas».

Cette catégorisation sert plutôt à la Minustah et à la PNH de prétexte pour légitimer leurs raids souvent meurtriers dans les quartiers populaires. Justement, dans une opération conjointe menée le 14 septembre dans des quartiers du centre-ville de Port-au-Prince englobant les rues Macajoux, Tiremasse, Sans Fil, Mariela, quatre présumés bandits ont été arrêtés. Trois d’entre eux ont été appréhendés pour avoir fait partie supposément du groupe du chef de gang Général Toutou, en principe activement recherché par les autorités de facto, tandis que l’autre personne arrêtée connue sous le nom de Frantz Satiné est soupçonnée d’avoir participé au kidnapping et à l’assassinat du journaliste Jacques Roche, d’après une note de presse du bataillon brésilien. Cette même note fait état de l’arrestation de dix autre citoyens considérés comme suspects, lors d’une manifestation pacifique des militants Lavalas. Une manifestation qui avait d’ailleurs été étouffée dans l’œuf par la Minustah sous prétexte de son illégalité..

De son côté, le nouveau porte-parole de la PNH, Wilton Thomas, a fait état de 61 arrestations pour vols à main armée, viols, enlèvements, assassinats et autres infractions graves; lors des «opérations» menées du 31 août au 8 septembre. A l’occasion d’un point de presse, Wilton Thomas a annoncé la poursuite des descentes de la PNH et de la Minustah dans les quartiers populaires pour contrecarrer les «bandits». Il a par ailleurs fait savoir que l’enquête ouverte par la DCPJ sur les événements du 20 août dans le quartier de Grand-Ravine avance et que les policiers qui ont été mis en isolement dans le cadre de cette affaire attendent le résultat de cette enquête. Plus d’une dizaine de personnes ont été tuées ce jour-là à Grand-Ravine, certains à la machette, par des policiers et des sicaires à leur solde, ce lors d’un match de football en faveur de la paix.

En fin de compte, le porte-parole de la Minustah Damian Onses Cardona ne se tromperait point quand il affirme que «tout le pays est dans une normalité extraordinaire», puisque la Minustah n’est point parvenue malgré ses massacres dans les quartiers populaires à prouver que ces secteurs sont à l’origine de l’insécurité et des kidnappings qui se pouruivent comme à l’ordinaire, suivant «la norme»…