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De gauche à droite Franck Romain, Samir Mourra et Gérard Gourgues…C’est un spectacle honteux, que de voir tous ces individus, sans gêne aucune, s’empresser sous la bannière de l’occupation, pour briguer un poste de restavèk attitré, de saute-ruisseau d’occasion.
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Le Parti populaire national (PPN) a pu être témoin, en compagnie du peuple haïtien, d’un spectacle historique, une tragi-comédie, que le pays au complet mettra du temps à oublier. On a en effet pu observer le défilé, du 12 au 15 septembre 2005, de 54 candidats à la présidence, se réclamant de partis et de regroupements ou comme indépendants. Ce pourrait être une farce, mais le tragique y est présent, c’est un spectacle honteux, que de voir tous ces individus, sans gêne aucune, s’empresser sous la bannière de l’occupation, pour briguer un poste de restavèk attitré, de saute-ruisseau d’occasion. Mais le peuple haïtien ne s’en émeut point, car au contraire il est de plus en plus averti et en situation de distinguer les gens de conviction des individus guidés par les circonstances, ses vrais amis de ses ennemis.
D’ailleurs il les connaît assez bien déjà pour la majorité d’entre eux ces 54 pantins, ces aspirants marionnettes, parmi lesquels on retrouve:
- Ceux qui furent des «Ninjas» et assassinèrent la population durant le premier coup d’Etat de 1991;
- Ceux qui furent des assassins sous le régime du dictateur François Duvalier et qui perpétrèrent le massacre du 11 septembre 1988 à l’église Saint-Jean-Bosco;
- Ceux qui s’activèrent dans le narcotrafic, et qui, réfugiés en République dominicaine, furent utilisés par les Etats-Unis, la France et le Canada pour porter les armes lors du coup d’État du 29 février 2004, qui a débouché sur le kidnapping du président Aristide et l’occupation d’Haïti, l’année de la commémoration du Bicentenaire de notre indépendance ;
- Ceux qui se nommèrent «Mister Clean» dès le régime du dictateur Jean-Claude Duvalier, en favorisant l’application du plan néo-libéral consistant à ouvrir le pays aux produits étrangers aux dépens de la production nationale ;
- Ceux qui furent maires de Port-au-Prince, ainsi que leurs épouses, et qui firent tout ce qui était possible pour ne pas laisser la moindre trace de leur passage et de leurs malversations, qui, aujourd’hui, aboient en faveur du retour de la même armée criminelle qu’on a connue;
- Ceux qui marchèrent sur le cadavre du peuple haïtien, après le massacre du 29 novembre 1987, pour devenir président de doublure de l’armée macoute;
- Ceux qui se livrèrent aux tractations de toutes sortes au Parlement avec les militaires Raoul Cédras et Michel François après le coup d’Etat de 1991;
- Ceux qui devinrent président et permirent aux Conzés de l’OPL de privatiser et de liquider illégalement le Ciment d’Haïti et la Minoterie sans l’accord du Parlement, avec pour résultat la hausse vertigineuse des prix du ciment et de la farine aujourd’hui, avec l’application du plan néolibéral;
- Ceux qui dirigèrent le Corps des léopards sous la dictature de Jean-Claude Duvalier et n’ont jamais dénoncé la répression contre les masses;
- Ceux qui furent membres du «Groupe des 184» et de la «Convergence Démocratique» et reçurent de l’argent de l’Union européenne, de l’USAID, de l’IRI et du NDI pour déstabiliser le pays;
- Ceux qui vivent depuis plus de 40 ans à l’étranger et exploitent les ouvriers et ouvrières au Texas aux Etats-Unis, et qui souhaitent faire autant en Haïti dans les industries de sous-traitance;
- Ceux qui vendaient nos compatriotes comme esclaves dans les bateys en République dominicaine et qui prirent un décret pour interdire la présentation de certaines pièces de théâtre sous le dictateur Jean-Claude Duvalier ;
- Ceux qui furent nommés président parallèle au Pont Morin le 7 février 2001…
Cependant, les Conzés que le peuple haïtien n’avait pas encore découverts, sont ceux qui sont qui se prétendent à la tête de Fanmi Lavalas en Haïti et qui veulent liquider le parti et corrompre les bases populaires. Nous voulons parler de Rudy Hériveaux, Louis Gérald Gilles, Yvon Feuillé, Jean-Claude Desgranges, Dismy César, pour ne citer que ceux-là.
Il était évident que ces individus ne se préoccupaient pas réellement du dossier des prisonniers politiques, ni même de l’affaire des exilés politiques y compris le président Jean-Bertrand Aristide, et ne voulaient que s’attirer les bonnes grâces de l’occupant afin d’obtenir leur part du gâteau dans le cadre des élections/sélections.
Malheureusement pour les politicards cités plus haut et les nouveaux Conzés du «secteur Lavalas», le peuple ne sera pas dupe. Personne n’ira jeter un bulletin de vote en leur faveur pour légitimer le coup d’Etat/kidnapping du 29 février 2004 et accepter ainsi l’occupation des Etats-Unis, de la France et du Canada à travers la Minustah. D’ailleurs, il n’y a que très peu d’inscrits pour la carte électorale/piége, ce qui a poussé d’ailleurs le CEP à prolonger une nouvelle fois l’inscription. Même si l’on s’attend à ce que le CEP annonce dans les prochains jours que la moitié de l’électorat s’est inscrite pour obtenir la carte électorale, la population ne gobera point un tel mensonge. D’ailleurs, le Premier ministre de facto Gérard Latortue, en compagnie de ses patrons à New York la semaine dernière, dans le cadre de la soixantième Assemblée des Nations unies, a fait savoir que la communauté internationale et lui-même ont de sévères problèmes avec la façon dont s’y prend le CEP pour le processus électoral.
Nos félicitations à tous les compatriotes qui ont observé le mot d’ordre du Parti Populaire National (PPN) de ne pas s’inscrire pour la carte électorale qui est un véritable piège..
Le mot d’ordre du PPN aujourd’hui est le suivant: que chacun reste chez lui et ne participe pas aux élections/sélections concoctées et façonnées par l’occupant. Celles-ci déboucheront inévitablement sur une dictature puisque les nouveaux Conzés sélectionnés n’auront pas de légitimité. Nous profitons de l’occasion pour dénoncer la mesure dictatoriale prise par le gouvernement de facto Alexandre/Latortue d’interdire les manifestations de rue jusqu’au 2 octobre. C’est une façon d’empêcher les secteurs progressistes et le peuple de manifester contre la hausse des prix, de dénoncer les massacres contre nos compatriotes en République dominicaine et les élections/sélections/exclusion.
Nous félicitons les bases populaires qui n’ont pas trahi l’idéal du 16 décembre 1990 en refusant d’appuyer Marc Louis Bazin et les opportunistes sans principes à l’instar de Louis Gérald Gilles. Honneur et mérite aux bases populaires qui ne se sont pas laissé prendre au piège et qui soutiennent les revendications populaires, qui sont :
- la libération de tous les prisonniers politiques;
- Le retour de tous les exilés politiques Lavalas, y compris le président Aristide ;
- La départ des troupes d’occupation.
Suite à cette expérience de trahison, les bases populaires doivent garder leur autonomie et ne pas faire le jeu des opportunistes qui servent les intérêts de la macouto-bourgeoisie et de l’occupant.
Aujourd’hui, le mot d’ordre est:
- N’allez pas participer aux élections/sélections/exclusion;
- Combattons pour un autre 1804.
A bas le gouvernement de facto Alexandre/Latortue!
A bas l’occupation!
A bas les élections/sélections/exclusion!
Liberté ou la mort !
Pour le Bureau politique du PPN
Georges Honorat
Port-au-Prince, le 20 septembre 2005