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De gauche à droite le docteur Desgranges, ex-chef de cabinet du président Aristide, Dismy César, et René Monplaisir…Ce que veulent finalement le régime de facto et ses tuteurs de la communauté internationale, c’est de contraindre par tous les moyens le parti Fanmi Lavalas à faire acte de présence à ces élections/sélections pour leur donner une «crédibilité» devant l’opinion internationale…
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Le lundi 5 septembre, des cadres et d’anciens hauts dignitaires Lavalas se réclamant du Parti Fanmi Lavalas et des militants de cette organisation politique donnaient une conférence de presse au local de la Fondation Aristide pour la Démocratie à Tabarre. La réunion semblait d’importance, car on y voyait en premières loges les dissidents du Parti: les ex-sénateurs Gérald Gilles et Yvon Feuillé et l’ex-député Rudy Hériveaux qu’accueillaient un panel composé d’ex-ténors comme le docteur Desgranges, ex-chef de cabinet du président Aristide, Dismy César, ex-conseiller politique du président Aristide, le Père Yvon Massacre, ex-responsable Lavalas du Bureau des affaires sociales, puis René Monplaisir, responsable des cellules de base, Lesly Gustave, John Joël Joseph, Levy Joseph et quelques autres, de même que le nom de Samba Bouman, porte-parole de la cellule du Bélair était formellement indiqué comme signataire, même s’il était absent à cette conférence. Sur ce, la table étant mise, nous apprenions la création d’une nouvelle structure dénommée «Commission nationale de mobilisation électorale». Il n’en fallait pas plus pour se rendre compte que ces «retrouvailles» de certains leaders de la base concernaient une stratégie pour s’autoriser à aller aux élections en dehors de tout accord formel avec les instances dirigeantes du Parti et des autres secteurs de base à travers le pays. Il ne restait plus qu’à écouter ce monde pour savoir quels artifices ils comptaient utiliser pour vendre leur «commission nationale de mobilisation électorale». De surcroît, Comment Gilles, Feuillé et Hériveaux qui avaient été publiquement désapprouvés par toutes les instances du Parti, de la base au sommet, quand ils avaient pris sur eux de vouloir inscrire frauduleusement le Parti Fanmi Lavalas aux élections, comment ils avaient pu réintégrer les rangs, et à quelles fins. Rappelons à ce sujet la note que faisait paraître le docteur Maryse Narcisse, «porte-parole du président de la République Son Excellence Jean-Bertrand Aristide, qui écrivait le 28 juillet dernier: «La position du président Aristide concernant Aristide concernant les élections n’a pas changé; elle est claire et sans équivoque.» Et le docteur Narcisse reprenait spécifiquement ce qu’avait dit le président Aristide lui-même le 19 avril 2005: «En 1994, qui pourrait penser à des élections honnêtes, libres et démocratiques en Afrique du Sud avec Nelson Mandela, Govan Mbeki, Oliver Tambo et tant d’autres leaders de l’ANC en prison, en exil ou dans le maquis. Aujourd’hui qui pourrait penser à des élections honnêtes, libres et démocratiques avec des milliers de Lavalas en prison…» Et comme on le sait, ils sont des centaines de militants Lavalas emprisonnés, de même que des cadres, pour ne citer que le Premier ministre Yvon Neptune, le ministre Jocelerme Privert, So Ann, et tant d’autres, particulièrement le Père Gérard Jean-Juste arrêté depuis le 21 juillet. Mais les trois compères et leurs hôtes se voulaient subtiles. Hériveaux s’amenait le premier et, sur l’air d’un long et «héroïque» préambule, ne négligeant point d’envoyer des fleurs à ceux qu’il avait déjà trahis et dont il s’apprêtait à utiliser les noms pour les trahir à nouveau, C’est ainsi qu’il se donnait la peine de reprendre les revendications populaires, tels que: «1. libération de tous les prisonniers politiques, spécialement du Père Gérard Jean-Juste… ; 2. La fin de la répression… et troisièmement la question du «dialogue»… Jusqu’à présent, tout pourrait tout à fait normal, mais Hériveaux laissait son «coup» en conclusion, et il explicitait clairement où il voulait en venir après tous ces détours et précisait: «…(mais) Avant la libération des prisonniers politiques, Fanmi Lavalas demande à tous les citoyens d’aller faire sa carte électorale sans perte de temps. Je le répète clairement, avant la libération de tous les prisonniers politiques, Fanmi Lavalas demande à tous les citoyens…» Mais à quel titre Hériveaux se permet de parler au nom de Fanmi Lavalas, lui ainsi que Gilles et Feuillé qui depuis belle lurette, pour ne pas dire depuis avant le coup d’État du 29 février 2004 faisaient déjà cavaliers seuls? Et Gérald Gilles, à son tour s’amenait pour livrer le même message, disant entre autres: «Contrairement aux autres partis classiques, traditionnels, au sein de Fanmi Lavalas, nous sommes à l’écoute du peuple et nous avons décidé d’appuyer le choix des masses de promouvoir la candidature du père Jean-Juste. Il est éligible puisqu’il est un prisonnier politique, reconnu par Amnesty International et n’a jamais été condamné.» En fait de subtilité, Gilles, gros et gras comme Latortue ne fait pas mieux et ne fait finalement que se servir du Père Jean-Juste comme planche de salut pour se rapprocher des dirigeants et des organisations de base du parti qui les avaient, lui et ses confrères Rudy Hériveaux et Yvon Feuillé, dénoncé pour avoir tenté d’usurper le nom de Fanmi Lavalas pour s’incrire comme parti aux élections. Ces manœuvres déloyales et malhonnêtes, où Gilles, Hériveaux et Feuillé, ignorant délibérément alors les prisonniers politiques, avaient d’ailleurs été fermement dénoncées par la commission de communication du Parti Fanmi Lavalas dans une note signée par Bell Angelot. Et nous avons cité plus haut la note qu’émettait le docteur Maryse Narcisse. Mais Gilles et ses deux acolytes semblent faire tranquillement un travail de sape, d’autant plus que ces compètes disposent de la complicité du gouvernement de facto pour semer la division. Si l’on en croit les derniers événements, ils seraient même parvenus, sinon à soudoyer mais à entraîner dans leur sillage certains militants de base du parti, puisque tout récemment, le porte-parole des militants Lavalas du Bélair, Samba Boukman, avait envisagé de participer aux élections moyennant la satisfaction de certaines revendications rassemblées dans les cinq points suivants: «1) La démission du gouvernement de facto ; 2) La libération de tous les prisonniers politiques…; 3) Le désarmement de tous les groupes illégalement armés… ; 4) La fin des persécutions politiques ; et 5) Le retour de tous les exilés politiques, particulièrement du président Jean-Bertrand Aristide.» Et progressivement on voit se dissoudre ces revendications, comme quoi l’enregistrement du peuple devrait précéder la libération des militants et même du candidat de Fanmi Lavalas, le Père Gérard Jean-Juste que Gilles et ses comparses prennent comme étendard pour régler leurs propres affaires. Pourtant, à mesure que l’échéance électorale approche, aucune velléité n’a été exprimée du côté des autorités de facto quant à la satisfaction des demandes ou conditions posées par le parti Fanmi Lavalas, ou mieux ceux qui s’en réclament aujourd’hui. Car, il faut croire que ce que veulent finalement le régime de facto et ses tuteurs de la communauté internationale, c’est de contraindre par tous les moyens le parti Fanmi Lavalas à faire acte de présence à ces élections/sélections pour leur donner une «crédibilité» devant l’opinion internationale, alors qu’ils feront tout pour garder entre-temps soit en prison, soit en exil les cadres du parti considérés comme des candidats favoris, comme le père Jean-Juste. Et ce 5 septembre même, s’exprimant à ce sujet sur les ondes, le Premier ministre de facto Gérard Latortue aura été on ne peut plus clair en déclarant: «Au niveau de l’Exécutif nous avons une position bien simple là-dessus. Ce sont des questions qui relèvent du domaine de la Justice. La Justice est indépendante… Le gouvernement n’acceptera aucune pression… C’est la réponse que je donne au nom du gouvernement.» Autrement dit ni avant ni après Latortue ne compte faire libérer ses prisonniers politiques. De plus, alors que Gilles et consorts tentent de justifier leur entêtement de cautionner les élections/sélections qui se préparent dans les laboratoires informatiques des occupants, en prétendant que leur démarche serait avalisée par le coordonnateur national du parti Fanmi Lavalas, le président Jean-Bertrand Aristide, celui-ci a en quelque sorte émis sa position sur la question en reprenant cette interrogation dans un message de solidarité adressée au père Gérard Jean-Juste le 31 août dernier: « En 1994, est-ce que des élections libres, honnêtes et démocratiques étaient-elles possibles en Afrique du Sud avec des personnalités comme Nelson Mandela, Govan MBeki, Olivier Tambo et d’autres leaders et membres du Congrès National Africain (ANC), qui étaient soit en prison, en exil ou dans le marquis?» Le président Aristide a exclu dans ce message toute idée d’élections sans que les prisonniers politiques ne soient libérés, sans que la répression ne cesse, et sans qu’il n’y ait un véritable dialogue national. Et pourtant, rien de tout cela ne semble se profiler à l’horizon. En définitive, ces opportunistes qui se réclament de Lavalas n’ont que faire de la situation des prisonniers politiques, encore moins de celle des exilés politiques, puisque leur véritable objectif consiste à convoiter quelques postes soit électifs ou non, en se servant comme d’habitude des masses défavorisées qui devront assurément payer la note de leurs compromissions. Il suffit pour comprendre cet enjeu, de savoir que la Fondation Aristide pour la démocratie, où s’est déroulée, deux jours avant cette fameuse conférence de presse, la passation de pouvoirs entre l’ancien et le nouveau commandant militaire de la Minustah, a été déclaré arbitrairement «domaine de l’Etat» par le président de facto Boniface Alexandre en décembre dernier. De là à dire que les conférenciers du jour avaient la bénédiction du régime de facto et de la Minustah pour conduire les masses à l’abattoir des élections/sélections, il n’y a qu’un pas qui peut être franchi sans problèmes…
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