24 Août, 2005

August 24, 2005

24 Out, 2005
Vol. 23 No. 24
Elections: Le cirque s’anime!

Patrick Féquière a en outre déclaré que les cartes électorales des électeurs inscrits depuis le lancement des opérations d’inscription aux Gonaïves le 25 avril dernier, pourraient enfin être distribuées dans deux à trois semaines.

Le Conseil électoral provisoire (CEP) s’est entretenu avec les leaders des partis politiques le lundi 22 août autour d’un «calendrier électoral remanié», qui doit supposément servir de «boussole» aux prochaines élections/sélections. Pendant que la date d’inscription des électeurs a été prolongée jusqu’au 15 septembre, face au manque d’enthousiasme de la population concernant ce processus, le CEP a proposé aux partis politiques d’avancer d’une semaine le premier tour des scrutins législatif et présidentiel et de reporter à une date ultérieure celui des collectivités territoriales initialement fixé au 9 octobre, sous prétexte de respecter les soixante jours prévus par l’ex-calendrier électoral entre la fermeture de la liste électorale et le début des opérations de vote.

Au fait, le responsable des opérations électorales au CEP, Patrick Féquière, a affirmé que le calendrier électoral définitif est déjà disponible, en soulignant que «l’échéance du 7 février 2006 sera respectée». Ainsi, à la réunion avec les partis politiques de ce 22 août, le CEP a proposé un autre projet de calendrier électoral. Les dates retenues pour les différentes étapes sont les suivantes: la mise en place des listes partielles des éventuels candidats est fixée au 7 octobre 2005; le dépôt des candidatures pour tous les postes électifs tels que mairies, Asec, Casec, DV, président, sénateurs et députés, du 26 août au 4 septembre; la publication de la liste définitive des candidats le 29 septembre; les élections des collectivités territoriales le 13 novembre suivies par la publication des résultats le 15 novembre; les deux tours des législatives et de la présidentielle respectivement au 27 novembre et 8 janvier 2006 suivies par la publication des résultats le 11 janvier 2006.

Cette réunion s’est terminée en queue de poisson, les leaders criant haro, arguant, que le peuple n’est pas habitué à voter plusieurs fois au cours d’un même processus électoral. Est-ce là le vrai problème? On en doute fort! La date des résultats du premier tour des législatives et de la présidentielle, dont dépend la participation au deuxième tour, curieusement n’est pas indiquée.

Concernant les inscriptions des électeurs, le conseiller électoral qui entend presser la population à ne pas attendre le dernier moment pour retirer sa carte d’identification nationale (CIN), n’a pas caché son pessimisme quant aux 4,5 millions d’électeurs escomptés par le CEP. «Nous ne constatons plus l’affluence des inscrits ces dernières semaines dans les centres et bureaux d’inscription… Si cette situation devait persister, les inscriptions n’atteindraient au 15 septembre que 2.5 millions d’électeurs sur les 4,5 en âge de voter», a-t-il signalé. Sur ce nombre d’électeurs potentiels inscrits, personne ne sait qui dit la vérité. La dernière estimation du CEP fait état de 2 millions d’inscrits, tandis que le porte-parole civil de la Minustah, Damian Onsés Cardona, avance le chiffre d’un million 62 mille électeurs. Comme toujours, les indigènes de service sont plus royalistes que le roi.

Patrick Féquière a en outre déclaré que les cartes électorales des électeurs inscrits depuis le lancement des opérations d’inscription aux Gonaïves le 25 avril dernier, pourraient enfin être distribuées dans deux à trois semaines. «C’est au Mexique qu’elles doivent être imprimées», a-t-il lâché, en informant de la visite effectuée à cette fin à Mexico le 17 août par une délégation du CEP conduite par le président de la commission des registres Pierre Richard Duchemin. C’est la compagnie nord-américaine COGENT de Mexico qui est chargée de la fabrication de la carte, devenue une obligation d’après le décret du 17 juillet pris par l’exécutif de facto.

Pour sa part, le porte-parole du CEP, Rosemond Pradel, qui a abondé dans le même sens, a fait remarquer que le CEP s’évertuera pour arriver au terme de sa mission, tandis que plusieurs habitants des sections communales dans divers départements du pays notamment le Nord-Est, ne cessent de dénoncer l’absence de bureaux d’inscription des électeurs dans leurs localités respectives, en se demandant s’ils sont des citoyens à part entière.

Le porte-parole du CEP, Rosemond Pradel, a fait remarquer que le CEP s’évertuera pour arriver au terme de sa mission, tandis que plusieurs habitants des sections communales dans divers départements du pays notamment le Nord-Est, ne cessent de dénoncer l’absence de bureaux d’inscription des électeurs dans leurs localités respectives, en se demandant s’ils sont des citoyens à part entière.

Quant à la question de la double nationalité, qui a resurgie avec la candidature de Dumarsais Mécène Siméus, le président du CEP Max Mathurin s’est contenté de déclarer: «Le CEP n’a pas pour mission de chercher à savoir si un candidat a la double nationalité ou pas. C’est le rôle des partis politiques impliqués dans le processus d’enquêter sur les candidats qui briguent les mêmes postes électifs que les leurs.» Pour une nouvelle, c’en est toute une! Autrement dit n’importe qui, de quelque pays qu’il vienne, ne connaissant Haïti que de nom, peut ainsi se faire élire, si les partis politiques acquiescent!

Mais il est clair que Mathurin, pour déblatérer aussi grossièrement, aura reçu des consignes de ses tuteurs de Washington. Car, pour comble, le sieur Mathurin parlait en même temps du respect des prescrits du décret électoral à l’égard des partis politiques et candidats, soulignant que les décisions de rejet ou d’acceptation des candidatures seront guidées par ledit décret et l’authenticité des listes des cinq mille membres soumises au CEP.

De son côté, le directeur des opérations électorales, Macul Dévalis, a indiqué que le CEP a déjà étudié le dossier d’une vingtaine de partis politiques et regroupements politiques sur une cinquantaine retenus jusqu’à présent parmi les 67 inscrits. «Une seule formation politique pourrait être écartée de la course… Des 5 mille membres fournis par cette formation entre 2 et 3 mille sont truqués» a-t-il affirmé, sans préciser de quelle formation il s’agit. Il a jouté que l’institution électorale a jusqu’au 29 août pour faire le décompte des partis qui ont rempli les formalités de l’article 120 du décret électoral.

Dans la foulée, le Premier ministre de facto Gérard Latortue, a cru bon d’appeler la population à choisir des candidats «honnêtes et crédibles» pour ces élections/sélections. «Il faut choisir des hommes et des femmes intègres pour une bonne gestion de l’argent de l’Etat», a clamé ce chef de larrons.

Entre-temps, les leaders s’animent, en voyant se rapprocher le «grand jour» qui les portera au «pouvoir», tout en comptant plutôt sur les manœuvres en coulisses plutôt que sur le résultat proprement dit des scrutins. Des rassemblements électoraux ont déjà démarré, alors que les déclarations des candidatures à la présidence se multiplient jour après jour. Parmi les candidatures récemment rendues publiques, figurent celle de Luc Mésadieu du Mochrenah, de Franck Romain, un ex-tortionnaire sous la dictature féroce des Duvalier, du Pacapalah; de l’ancien sénateur Serge Gilles de la Fusion des sociaux-démocrates; de l’irremplaçable Leslie Manigat du RDNP; de Evans Paul du KID; de Hubert De Ronceray du Grand Front centre droit; de l’ex-rebelle terroriste Guy Philippe du FRN; de l’infatigable Marc Bazin du MIDH; du pasteur Chavannes Jeune de l’Uncrh ; du «ninja» des escadrons de la mort lors du coup d’État de 1991, Samir Mourra du MPH de Gérard Gourgue, l’ex-«président parallèle» de la Convergence au président du MUP et de Himler Rébu du GREH. Sur la liste des candidats indépendants à la présidence, on trouve Charles Henri Baker du Groupe des 184, l’avocat Rigaud Duplan, le pasteur José Jacques Nicolas et le millionnaire haïtiano-texan Dumarsais Siméus. Toute une panoplie de la même espèce, à peu de chose près, à tel point qu’il faudrait nombre de systématiciens pour arriver à les classer séparément. Et l’on ose espérer que Fanmi Lavalas restera ferme sur des principes et ne viendra pas, à son tour, sous un prétexte ou un autre, offrir son aval à ce cirque!