17 Août, 2005

August 17, 2005

17 Out, 2005
Vol. 23 No. 23


Charles Henri Baker jettera en prison tous ceux qui l’encouragent aujourd’hui dans cette voie et qui ne seront pas d’accord avec lui demain»
Dès l’annonce de la candidature à la présidence le dimanche 7 août de Charles Henri Baker, le Groupe des 184, dont il est ou était le numéro 2, a vite publié une déclaration pour prendre ses distances avec lui, sous prétexte de maintenir l’organisation dans un «espace non partisan et un espace de dialogue et de concertation pour le renforcement de la société civile et la modernisation de l’espace politique».

Au fait, les responsables du Groupe des 184, qui clamaient haut et fort leur «neutralité» à l’égard du processus politique, reprochent notamment à Baker d’avoir pris la décision de s’engager en dehors d’une structure politique. «Un tel projet ne rencontre pas l’adhésion du Groupe qui reste convaincu que la solution des problèmes du pays ne réside pas dans une course individuelle à la présidence. Le pays a déjà payé trop cher de telles aventures» estime le Groupe des 184 dans un communiqué le 9 août.

De son côté, regrettant que Baker ait choisi de violer la «ligne» du Groupe, le secrétaire exécutif Anthony Barbier s’est montré assez virulent dans ses critiques en estimant que Baker serait «un terrible dictateur» s’il parvenait «malheureusement» à la magistrature suprême de l’Etat. «Charles Henri Baker jettera en prison tous ceux qui l’encouragent aujourd’hui dans cette voie et qui ne seront pas d’accord avec lui demain» a-t-il affirmé (AHP 10-08-05). Et c’est justement en ce moment qu’ils s’en rendraient compte? Que dire de Barbier lui-même et d’Apaid qui, avec Baker, forment ou formaient le trio dirigeant du Groupe des 184? Car si Baker est dans cet état, ce n’est pas subitement qu’il serait devenu ainsi.

Le coordonnateur général du Groupe des 184, André Apaid, a également exprimé son désaccord avec Baker, en des termes plus «diplomatiques», tout en réaffirmant la détermination de son groupe à finaliser son projet de «contrat social». Divers autres commentaires laissent croire que cette levée de boucliers contre Baker au sein de son groupe serait motivée par le fait qu’un autre personnage de l’organisation avait obtenu l’adhésion de la majorité des membres pour la représenter aux élections à la présidence de la République. D’autre part Apaid se voit mieux dans le rôle de proconsul, pour tirer les ficelles d’une marionnette, plutôt que de voir assumer directement par un de ses pairs les vicissitudes et les méfaits que son «contrat» ne manqueront pas d’entraîner.

D’autre part, le principal responsable du Groupe des 184, André Apaid, en a profité pour faire état de rencontres «intimes» qu’il a eues avec des renégats du parti Fanmi Lavalas, très probablement avec le trio Gérald Gilles, Yvon Feuillé et Rudy Hériveaux, sur le déroulement du processus électoral. Apaid a même révélé que ces lascars sont restés bouche bée d’admiration face aux positions du Groupe des 184: «Je me suis entendu dire par certains d’entre eux que ‘Ow!, vu ce qu’ils entendent autour de la table, ils se demandent pourquoi on a perdu autant de temps?’.» Ce sont ces mêmes ex-parlementaires Lavalas, - envers lesquels la hiérarchie du parti Fanmi Lavalas a «pris soin de se démarquer» -, qui avaient l’habitude de tirer à boulets rouges contre le secteur bourgeois auquel ils imputaient tous les maux du pays. Par cette nouvelle prise de position, il faut croire que Rudy Hériveaux ne se souvient plus que récemment encore, il qualifiait ce secteur de «bourgeoisie infecte».