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La Minustah veut lier le PPN à un groupe armé parce que le PPN a annoncé pour le 23 septembre prochain l’ouverture d’un Tribunal international sur Haïti, qui traitera notamment des massacres de masse perpétrés par les occupants, ainsi que les massacres planifiés par ces derniers contre les membres du PPN.
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Ce mardi 9 août, le Parti Populaire National (PPN) a donné une conférence de presse pour dénoncer les tentatives de la Minustah visant à intimider, harceler le PPN en le liant à un groupe de guérilla appelé Armée Dessalinienne pour la Libération Nationale (ADLN). Dans son intervention, le représentant du Bureau politique du PPN, Georges Honorat, a énuméré les différentes raisons qui ont porté la Minustah à vouloir l’élimination du PPN.
Le Parti Populaire National (PPN) dénonce devant l’opinion nationale et internationale, les manœuvres de la Minustah visant à lier le PPN à un groupe de guérilla armé baptisé «Armée Dessalinienne pour la Libération Nationale» (ADLN).
Les membres du PPN habitant dans la commune de Gros-Morne nous ont informé que le 28 juillet 2005, les forces d’occupation de la Minustah ont lancé des tracts à partir de leur hélicoptère dans la zone de Treille, 4e section de l’Acul à Gros-Morne. Ces tracts stipulent notamment: « Les responsables de l’ADLN et du PPN s’enrichissent aux dépens de vos sacrifices. Alors que vous luttez, eux ils prennent leur aise à New-York (…) Votre vote et la démocratie constituent les seules solutions aux problèmes d’Haïti (…) ».
Nous rappelons à cet égard que le Parti Populaire National (PPN) est un parti qui fonctionne légalement dans le pays. De fait, il est indépendant et libre de participer aux choses politiques du pays. La Minustah veut par tous les moyens éliminer le PPN de la scène politique. Nous en saisissons la raison, car le parti a clairement exhorté le peuple à ne pas se laisser piéger par la carte électorale pour participer aux élections/sélections concoctées par les occupants et le gouvernement de facto Alexandre/Latortue.
Le Parti Populaire National ne participera à aucune élection dans le contexte actuel d’occupation. Les occupants ont la haute main sur l’appareil électoral. Ils fournissent l’argent et déterminent où placer les centres d’enregistrement des électeurs et les bureaux de vote. Pour nous au PPN, une élection est un acte national accompli par un peuple souverain. Alors, forts de nos convictions idéologiques et politiques, nous ne cautionnerons jamais une mascarade d’élections, à l’issue desquelles sortiront un président et des parlementaires marionnettes, dont les ficelles seront tirées par les Etats-Unis, la France et le Canada qui, à travers la Minustah, ont déjà étendu leurs tentacules dans le pays. Le PPN croit à la lutte pacifique pour le retour de la démocratie en Haïti.
Nous comprenons alors pourquoi la Minustah veut lier le PPN à un groupe armé. Et, ce n’est pas un hasard si les occupants ont choisi la date maudite du 28 juillet, qui rappelle celle de la première occupation du pays par les Etats-Unis (28 juillet 1915), pour distribuer leurs tracts dans la commune de Gros-Morne. En fait, c’est parce que le PPN, conjointement avec Fanmi Lavalas, a organisé dans plusieurs régions dans le département du Nord telles que Vallières, Cap-Haïtien, etc, des manifestations pacifiques pour dénoncer l’occupation du territoire et mobiliser les gens à ne pas participer au processus d’inscription des électeurs en cours. Car, en acceptant de prendre part à ces élections/sélections, on légitime le coup d’Etat perpétré le 29 février 2004 sous les auspices des Etats-Unis, de la France et du Canada. Depuis cette dernière date, nous avons soutenu et soutenons encore que la Minustah est venue au pays pour établir une dictature. Le peuple haïtien avait choisi ses dirigeants selon les principes démocratiques, mais la classe dominante macouto/bourgeoise inféodée à l’impérialisme nord-américain ne veut pas de démocratie. D’ailleurs en démocratie, il serait normal qu’un groupe politique choisisse de boycotter de manière pacifique une élection si ce groupe estime qu’en fait, ce ne sera qu’une simple sélection.
La Minustah veut lier le PPN à un groupe armé afin d’étendre la répression et les massacres dans la paysannerie, comme cela se fait déjà dans les quartiers populaires tels que Bélair, Cité Soleil, Carrefour, Martissant, Delmas 2 , etc. Les partisans Lavalas qui habitent dans ces quartiers n’ont de cesse de dénoncer l’occupation du pays et le kidnapping du 29 février 2004. La Minustah veut lier le PPN à un groupe armé parce que le PPN a annoncé pour le 23 septembre prochain l’ouverture d’un Tribunal international sur Haïti, qui traitera notamment des massacres de masse perpétrés par les occupants, ainsi que les massacres planifiés par ces derniers contre les membres du PPN.
Les manœuvres politiques de la Minustah ne nous porteront pas à renoncer à notre participation à ce Tribunal qui, avec le des documents et des photos fera voir au monde entier ce qui se passe en Haïti. Les principales personnes susceptibles d’être jugées par le Tribunal pénal international, ce sont celles-là mêmes qui sont directement impliquées dans les massacres comme Juan Gabriel Valdés, Antonio Mistello, Elouafi Boulbars, David Beer, Jean Marie Guéhenno, etc.
Le Parti Populaire National (PPN) réitère ses mots d’ordre, à savoir: ne laissons pas l’ennemi nous diviser; organisons-nous davantage dans la discipline; tenons ferme la mobilisation dans les quatre coins du pays; ne faisons pas la carte électorale-piège ; et ne participerons aux élections qu’après le retour physique du président Jean-Bertrand Aristide et l’élargissement des prisonniers politiques Lavalas incarcérés à travers le pays, ainsi qu’après la désoccupation du pays.
A bas l’occupation !
A bas le gouvernement Alexandre/Latortue !
A bas les élections/sélections !
Vive le retour à l’ordre constitutionnel !
Vive le retour physique du président Aristide !
Liberté ou la mort.
Pour le bureau politique du PPN
Georges Honorat
Port-au-Prince, 9 août 2005