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De gauche à droite : Pierre Richard Duchemin et Patrick Féquière…près de trois mois après le lancement des inscriptions, aucune carte d’identification nationale (CIN) n’a encore été délivrée. Carte dont la détention est désormais obligatoire suivant un document publié le 19 juillet par le gouvernement de facto dans Le Moniteur #50 pour presser tous les citoyens à se faire inscrire…
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Au cours d’un atelier, lors d’une grande rencontre organisée les 29 et 30 juillet à l’hôtel Caribe Convention Center sur «les grands dossiers économiques, avec l’appui du PNUD, de la Minustah et du gouvernement de facto, le Conseil électoral provisoire (CEP) et les partis politiques traditionnels ne sont pas parvenus à un accord sur le calendrier électoral, telle la question des modalités d’enregistrement des formations politiques. A deux mois du début officiel de ce «scrutin» sur mesure, le 9 octobre, certains vont même jusqu’à exiger le report de la date de leurs «élections», et surtout l’annulation de l’article 120 du décret électoral qui fait obligation aux partis politiques, groupements et autres de soumettre une liste de cinq mille membres avec leurs numéros de «carte d’identification électorale», lors de leur inscription au bureau central du CEP.Pour le candidat à la présidence du Grand Front centre droit, Hubert De Ronceray, qui participait à cette réunion, le décret électoral doit être appliqué. «Dieu merci, nous autres, nous avons soumis notre liste qui a été contrôlée et vérifiée, et on s’est rendu compte que nous n’avons pas triché…», s’est-il félicité comme d’un exploit. Par contre, le leader de l’Allah Reynold Georges a quant à lui réclamé l’annulation sans autre forme de procès de cet article 120, en accusant le CEP de vouloir favoriser certains partis au détriment d’autres. «Nous voulons participer aux élections, cependant, les organisateurs ne sont que des rusés, des démagogues qui veulent éliminer toute une série de partis politiques…», a-t-il déclaré. Il a fait remarquer que les cinq mille membres exigés par le CEP, pour que les partis politiques soient agréés, causent de graves préjudices au processus électoral, en précisant que cette formalité a déjà été remplie par les formations politiques au ministère de la Justice. Pourquoi de telles controverses entre le CEP et les dirigeants des partis politiques traditionnels sur ce décret électoral, trois mois après le lancement des opérations d’inscription des électeurs? N’y avait-t-il pas un délai dans lequel les représentants des formations politiques devaient soumettre leurs revendications avant la publication du décret? Mais les jeux seraient faits, car si 56 des 73 partis dits «légalement reconnus» se sont déjà présentés au CEP, huit seulement ont réussi à présenter la fameuse liste des cinq mille membres. Le conseiller électoral Patrick Féquière a donc eu la «bonté» d’annoncer qu’un nouveau délai au 8 août était accordé à ceux qui n’ont pas pu jusqu’ici se conformer au décret électoral. Le processus d’enregistrement des partis politiques lancé le 11 juillet pour prendre fin le 20 juillet, avait déjà été repoussé au 23, puis au 30 juillet. Puis Féquière s’est attaqué au gros morceau, les élections proprement dites. Là aussi, il est question de report. «Lors d’une rencontre le 30 juillet autour de ce dossier, disait-il, la première proposition serait de maintenir le présent calendrier, la deuxième serait de renvoyer les élections prévues pour le 9 octobre en raison du retard enregistré dans le processus d’inscription des électeurs, et la troisième suggère la réalisation des législatives et de la présidentielle en novembre et des locales après.» On en est donc encore aux suppositions, même sur ce point et Féquière a ajouté que le CEP a promis de poser le problème aux instances concernées pour statuer sur la meilleure option. Il en est ensuite venu aux chicanes internes, dénonçant l’attitude de certains de ses collègues qui ont procédé à l’élimination de certaines recrues au profit d’autres candidats mal classés au concours de recrutement pour les BED et BEC. Il reste aussi la question fondamentale, la rareté des citoyens voulant bien se présenter pour l’obtention de la carte d’identification électorale. Le CEP se propose de faire des offres à la population pour l’inciter à retirer cette carte. Qui consisteraient en quoi, ces offres?; des bonbons? Quant au conseiller électoral Pierre Richard Duchemin, qui a qualifié de «succès» la journée du 24 juillet consacrée par le régime comme «la journée nationale d’inscription des électeurs», il avait de la difficulté à faire avaliser ce «succès». En effet la récolte avait été très maigre pour une telle mobilisation. «… Au Cap-Haïtien ce jour-là, nous avions eu 1031 inscrits; Ouanaminthe, 400; Gonaïves, 1264; Port-de-Paix, 400; … Jérémie, 438 ; …; Hinche, 400; Saint-Marc, 1000 avec un niveau de performance des opérateurs…» Pourtant, sur une station de radio de la capitale, Pierre Richard Duchemin n’était pas en mesure d’indiquer le pourcentage des citoyens déjà inscrits. Par ailleurs, près de trois mois après le lancement des inscriptions, aucune carte d’identification nationale (CIN) n’a encore été délivrée. Carte dont la détention est désormais obligatoire suivant un document publié le 19 juillet par le gouvernement de facto dans Le Moniteur #50 pour presser tous les citoyens à se faire inscrire, en indiquant outre son utilisation comme carte électorale, que la CIN devenait obligatoire pour identifier son utilisateur dans l’accomplissement de toutes les formalités légales et valable pour dix ans. Mais cela n’a pas eu l’heur de faire bouger les citoyens pour se faire inscrire. Et la propagandes «furtive» placée sur les lignes téléphoniques de la Téléco à l’occasion de la «journée nationale d’inscription des électeurs» a reçu d’acerbes critiques d’un ex-membre du CEP, Jean Casimir, qui a estimé que c’était un manque de respect à la population haïtienne qui était dans l’impossibilité de placer des appels urgents. Il a souligné que dans un pays sérieux, aucun dirigeant ne peut se permettre d’interrompre un service dûment payé par les abonnés. Si on devait donc procéder par déduction, les membres du CEP ne sont pas sérieux! Pour comble, même ceux qui viennent s’inscrire n’ont pas nécessairement l’intention de voter. «Je viens ici, parce que je n’ai pas le choix, cependant, je n’ai nullement l’intention d’aller voter», a déclaré l’un d’eux. Et ce n’est pas fini. Car les responsables des bureaux d’inscription critiquent leurs mauvaises conditions de travail et menacent d’observer un arrêt si les autorités n’agissent pas en conséquence, estimant que leurs salaires sont dérisoires, et que le CEP et l’OEA refusent de leur payer les heures supplémentaires. C’est donc à tous les niveaux que l’appareil électoral connaît des ratés, pour employer un euphémisme. Car tout semble aller de travers, et à un cri d’autosatisfaction lancé d’un côté répond aussitôt un désaveu encore plus sombre… La seule «réussite» du CEP aura donc été de trouver un moyen de limiter les concurrents à huit jusqu’à présent… Huit partis dont les leaders pourront bientôt identifier plus aisément leurs concurrents et s’étriper pour la «sélection» des élus?
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