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Gérard Jean-Juste, arrêté illégalement le jeudi 21 juillet 2005 après avoir été malmené par des sbires du pouvoir de facto à l’église Saint-Pierre de Pétionville pendant les funérailles de Jacques Roche…
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Le 21 juillet, au cours des funérailles, à l’église Saint-Pierre à Pétionville, du journaliste Jacques Roche assassiné suite à son enlèvement, le père Gérard Jean-Juste a été pris à partie et sévèrement molesté par un groupe d’individus proches du Groupe des «184» . Après l’avoir laissé frapper par ses agresseurs, et prétendant alors assurer sa protection, des policiers accompagnés de Casques bleus de la Minustah ont conduit le père Jean-Juste au commissariat.Ce dernier était donc loin d’imaginer qu’en fait il était en état d’arrestation. Ne voyant pas arriver sa libération après plusieurs heures, il déclarait ainsi à un journaliste de Radio Solidarité: «Je suis dans ce commissariat depuis onze heures quinze du matin. J’attends qu’on me libère pour reprendre mes activités. Je suis ici à la demande de la Minustah, de la Police nationale et du secrétaire d’Etat à la Sécurité publique (David Bazile). Ils m’ont pris à l’église et m’ont conduit à ce poste pour ma sécurité. Je voudrais maintenant rentrer chez moi. J’ai une cérémonie religieuse à célébrer à quatre heures trente.» Mais, d’une certaine façon, à sa surprise, quoiqu’on doive s’attendre à tout de la part des autorités de facto, il allait être gardé en cellule. Car le lendemain, la justice du régime de facto, en effet, indiquait que son interpellation aux funérailles de Jacques Roche obéissait également au même chef d’accusation de «complot contre la sûreté de l’Etat» fondé sur la «clameur publique». Il s’agissait aussi d’essayer d’impliquer Jean-Juste dans le meurtre du journaliste Jacques Roche! Pourtant, quelques jours plus tôt, il avait comparu devant le juge d’instruction Jean Paul Perez dans le cadre d’une accusation de «complot contre la sûreté de l’Etat» porté contre lui en novembre dernier, et aucune charge n’avait été retenue contre lui. Au cours d’une conférence de presse le 27 juillet à sa paroisse de Sainte-Claire, son avocat Mario Joseph déclarait justement: «Nous savons dans quelles circonstances le père Gérard Jean-Juste a été arrêté et les persécutions politiques dont il faisait l’objet avant cette arrestation. Nous allons essayer de retracer les faits. Le père Jean-Juste se trouvait à l’étranger et au moment de rentrer au pays, on a commencé à le harceler depuis l’aéroport de Miami. On a fouillé ses valises parce que des rumeurs faisaient croire qu’il transportait des armes et de l’argent pour alimenter la violence en Haïti. On n’a rien trouvé. Arrivé en Haïti, il a subi d’autres fouilles. Ne se contentant pas de cela, on l’a conduit à la Direction de la police judiciaire (DCPJ) où il a été interrogé et ses valises ont été fouillées de nouveau. On n’a trouvé ni l’argent ni les armes qu’on prétendait qu’il transportait… Aux funérailles de Jacques Roche, il s’y était rendu en tant que prêtre pour peut-être participer à la cérémonie. Vous êtes au courant de ce qui s’en est suivi. On l’a molesté, on a mis des pierres dans des serviettes pour le lapider. Ensuite, le secrétaire d’Etat à la Sécurité publique lui a dit qu’il devait se rendre au commissariat de Pétionville pour sa sécurité. Et il s’y était rendu accompagné de la police, de la Minustah et des policiers étrangers de la Civpol. Après plusieurs heures il m’a appelé me disant qu’il allait être relâché puisqu’il n’a rien à voir avec qui que ce soit. Constatant qu’à cinq heures trente il n’était toujours pas relâché alors je me suis rendu au commissariat, et je suis arrivé au même moment que le commandant Ulysse Jean Daniel (de la PNH). Celui-ci a déclaré au père Jean-Juste qu’il était en état d’arrestation. Je lui ai demandé à ce moment s’il avait un mandat. Il m’a répondu: non.» Et cette seconde arrestation du père Jean-Juste semble avoir été bien concertée par le régime de facto et ses tuteurs étrangers. Car presque simultanément, le responsable des TKL (Ti Kominote Legliz) de Saint-Jean-Bosco, Paul Raymond, réfugié en République dominicaine depuis le coup d’État de février 2004, était appréhendé ce même 21 juillet par les autorités de ce pays. Le lendemain, sans autre forme de procès ni de formalités il était déporté en Haïti où il est incarcéré depuis au Pénitencier national. Preuve, s’il en était besoin, que les ordres viennent de haut. On se souvient que le gouvernement Lavalas n’avait jamais pu réussir pour sa part à obtenir l’extradition des terroristes, tels que Guy Philippe, qui à partir de la République dominicaine, effectuaient dès l’époque de la présidence de René Préval, des raids meurtriers en territoire haïtien. Mais dans le cas de Paul Raymond, les autorités dominicaines se sont empressées de s’exécuter. Et le 28 juillet, à sa première séance d’interrogatoire au cabinet d’instruction de Port-au-Prince, Raymond était immédiatement inculpé sur la double accusation d’implication dans la violence dans le pays depuis le 30 septembre 2004 et d’association de malfaiteurs. On voit se dessiner, ou plutôt poursuivre un projet d’élimination par le régime de facto des principaux dirigeants Lavalas. Comme de fait, en dépit de tout, ce régime continue à maintenir l’ex-Premier ministre Yvon Neptune en prison, sans compter ceux qu’il a liquidés physiquement. À présent, après avoir libéré une première fois le père Jean-Juste, et ne voyant pas faiblir la résistance populaire, l’équipe de facto aura décidé une fois de plus de frapper à la tête, ne se souciant plus de l’opinion internationale. Il s’agit donc pour les membres de la direction Lavalas encore relativement à l’abri, de rester conséquents avec la lutte du peuple haïtien, qui a versé son sang, et de ne pas tomber dans le piège d’avaliser les élections, car la dictature Boniface Paul/Latortue ne leur fera pas de quartiers. D’ailleurs, le 28 juillet, une grande mobilisation réunissant plusieurs milliers de militants et sympathisants Lavalas gagnait les rues de Cité Soleil pour réclamer la libération des prisonniers politiques, notamment du père Gérard Jean-Juste, et ils réitéraient spécifiquement leur engagement à ne pas prendre part au processus d’inscription sur les listes électorales, déclarant qu’ils ne cautionneraient aucune élection en l’absence du président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide.
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