6 Juillet, 2005

July 6, 2005

6 Jiyé, 2005
Vol. 23 No. 17

Trois cents soldats brésiliens de la Minustha ont mené pendant plusieurs heures une gigantesque opération dans le quartier du Bélair le mercredi 29 juin, sous prétexte de «renforcer la sécurité dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et rétablir la confiance de la population». Une opération qui s’est également étendue aux quartiers de Delmas 2, de Saint-Martin et de la Rue Macajoux, et qui s’est soldée, selon les informations fournies par la Minustah elle-même, par la mort de six présumés bandits et l’arrestation de treize suspects.



Depuis l’adoption le 22 juin dernier de la Résolution 1608 par le Conseil de sécurité des Nations unies, plaçant la PNH sous la tutelle de la Minustah, en violation flagrante de la constitution haïtienne, les Casques bleus ont redoublé de zèle pour réprimer les masses des quartiers populaires.


Il y a encore beaucoup de questions en suspens quant au rôle joué par le Canada dans la planification et l’exécution de ce changement illégal du régime d’un dirigeant populaire démocratiquement élu.
Par Anthony Fenton
Pierre Pettigrew, ministre des Affaires extérieures du Canada, pouvait-il encore ignorer les crimes que lui rappelait une patriote en lui présentant le vendredi 1er juillet des affiches et des tracts décrivant le rôle du gouvernement canadien et le sien propre dans la sanguinaire répression menée contre les masses populaires en Haïti? «Pierre S. Pettigrew appuie les violations des droits humains en Haïti», pouvait-on lire justement sur l’une des feuilles accompagnée de sa photo. Et sur d’autres, illustrées par des cadavres ensanglantés ou décapités gisant sur les chaussées de la capitale haïtienne avec les légendes suivantes: «Sous prétexte d’aide humanitaire en Haïti»; «Vos impôts à l’œuvre en Haïti»; «Denis Coderre appuie les violations de droits humains en Haïti»; etc.