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Rosemond Pradel (à gauche) a par ailleurs estimé que le processus électoral avance à «grand pas» avec l’installation de 98 nouveaux centres d’inscription dans le pays... De son côté, la conseillère électorale Josepha Raymond Gauthier (à droite) , a annoncé l’ouverture des Bureaux électoraux départementaux (BED) et des Bureaux électoraux communaux (BEC).
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Sous l’égide de la National Democratic Institute (NDI), un forum sur «l’enregistrement des électeurs et le rôle de la société civile dans le processus électoral», s’est tenu à l’hôtel Montana, le vendredi 24 juin. Plusieurs partis politiques ainsi appelés, dont Fusion des sociaux démocrates, Mochrena, Ranfò et le Greh, des représentants du Conseil électoral (CEP) et de l’OEA y ont pris part.Le coordonnateur du Programme d’appui aux partis politiques, Eduardo Cohindres expliquait que ce forum entre dans le cadre du souci du NDI d’informer les partis politiques sur le processus d’enregistrement des électeurs et faciliter un échange d’idées entre les membres sur la question électorale. Toutefois, il a déclaré reconnaître l’existence de nombreux problèmes, et reconnu qu’il revenait aux Haïtiens de résoudre la crise, se disant confiant quant à la réalisation des prochaines élections aux dates fixées, en dépit de l’insécurité. Ces bons mots n’ont pas suffi à créer l’optimisme face à l’échéance, d’autant plus qu’on est à un mois à peine de la fin des inscriptions et à trois mois du début du vote proprement dit. Les électeurs potentiels n’accourent pas et les inscrits représentent à peine 1 %. Et les conseillers électoraux, les mieux placés pour se prononcer, sont loin d’être affirmatifs. En effet, lors d’un point de presse ce même jour, le président du CEP Max Mathurin et le secrétaire général Rosemond Pradel ont rendu responsables la communauté internationale, l’OEA, la Minustah et l’Unops des retards quasiment insurmontables. «Le processus électoral confronte des problèmes de toutes sortes. Actuellement, tout le monde constate qu’il y a un certain retard dans l’installation des bureaux d’inscriptions des électeurs. Pourquoi, sommes-nous en retard? Nous sommes en retard par le fait qu’il y a un ensemble d’opérations internationales qui sont mises en jeu, avec l’OEA qui s’occupe des inscriptions des électeurs, de l’Inops qui s’en charge de la réparation des sites pour recevoir les bureaux et de la Minustah qui fournit des équipements pour alimenter chaque site...» a déclaré Max Mathurin. A remarquer que 72 heures auparavant, le secrétaire général du CEP, Rosemond Pradel, annonçait l’installation prochaine d’une «unité d’observation électorale» pour l’évaluation du processus. Rosemond Pradel qui s’est déclaré confiant quant à la réalisation des élections cette année a indiqué que cette «unité d’observation électorale» sera formée de représentants des organisations électorales de sept pays différents. Dans une interview accordée à une station de radio de la capitale, le 21 juin, Pradel, a précisé qu’un accord sera signé entre l’«unité d’observation électorale» et le CEP avant le début des travaux. Pourtant, à la conférence internationale de Montréal sur Haïti, des 16 et 17 juin, il avait plutôt été question de formation d’une «mission internationale d’évaluation». Rosemond Pradel a par ailleurs estimé que le processus électoral avance à «grand pas» avec l’installation de 98 nouveaux centres d’inscription dans le pays. Sur un total de 465 centres d’inscription prévus, seulement 103 ont été ouverts et 200 mille électeurs inscrits sur 4,5 millions selon lui. Ceux déjà inscrits n’ont même pas encore reçu leur carte électorale. De son côté, la conseillère électorale Josepha Raymond Gauthier, a annoncé l’ouverture des Bureaux électoraux départementaux (BED) et des Bureaux électoraux communaux (BEC). Selon Gauthier, chargée de ce dossier au sein du CEP, le CEP attend la publication des «résultats» du concours de recrutement des membres de ces bureaux organisé le 19 juin par une «commission» de cinq membres. Dans le cadre de cette opération, cinq mille postulants ont subi des épreuves au niveau des dix départements du pays. «C’est pour la première fois qu’un concours a été organisé pour recruter les membres des BED et des BEC», a indiqué la conseillère. . Pour sa part, le responsable des opérations électorales du CEP, Patrick Féquière, a réaffirmé que l’institution électorale ne pourra pas enregistrer les 4,5 millions d’électeurs potentiels avant la date du 31 juillet, date à laquelle le processus d’inscription des électeurs doit prendre fin. «Le CEP ne dispose pas des moyens qui pourraient lui permettre d’atteindre cet objectif, même s’il arrivait que la population manifeste le plus grand intérêt pour les élections...» Il a fait remarquer qu’entre 700 et 800 mille électeurs ne pourraient être enregistrés dans le délai imparti à l’écart même si tous les ordinateurs du CEP fonctionnaient normalement. Pourtant, l’Union européenne continue à insister. Le chargé d’Affaires de la Commission européenne, Henri Go, a déclaré: «Ce pays dispose de ressources suffisantes pour organiser les élections, que ces ressources soient bien gérées... et sur cette utilisation de ressources, faire face dans une bonne coordination de l’ensemble des participants à ce processus. C’est la première étape que nous attendons de notre participation financière au processus ; la deuxième, c’est que le cadre légal opérationnel soit en place, même s’il est un peu trop tard actuellement, je crois que les mesures sont prises pour accélérer les choses...». Pour stimuler le CEP, il a alors parlé de sous et signalé que l’UE compte revoir à la hausse le budget alloué au processus électoral, mais après une évaluation des activités entreprises par le CEP. Parallèlement, des responsables politiques du Plateau Central émettaient leurs propres doutes. Ainsi, Lesler Blanc a dénoncé l’exclusion des paysans du processus, soulignant que jusqu’à cette date bon nombre de communes de la région n’ont pas encore de bureaux d’inscription, voire les sections communales. Pour sa part, le commandant de la Minustah, le général Augusto Heleno Ribeiro, a également émis ses doutes: «Nous voyons une situation difficile marquée par la recrudescence des actes de violence dans la capitale haïtienne», a-t-il affirmé. En résumé, personne n’y croirait plus à ces fameuses élections, même ceux qui déclarent vouloir à tout prix les réaliser sont les premiers à émettre leurs doutes.
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