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Un successeur pour Latortue?
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De gauche à droite : Daniel Parfait, Roger Noriega et Denis Codere…. C’est presque un jeu de poker menteur, où malgré les «blue prints» (plans) fignolés par la «communauté internationale», les impondérables ne cessent de se glisser dans le mécanisme.
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À la fin de la semaine dernière, des responsables de plusieurs formations politiques de l’alliance macouto-bourgeoise se sont réunis pendant trois jours à Belot, dans les hauteurs de la capitale, sous prétexte de discuter de la situation, du processus électoral et de la «gouvernabilité» du pays après les élections/sélections. Pourtant ce qui aura finalement constitué leur point de ralliement est une proposition invitant le Premier ministre de facto Gérard Latortue, alors en visite officielle à l’ONU, et son gouvernement, à démissionner. Les initiateurs avaient même déjà leur « candidat» tout prêt, en la personne de Daniel Supplice, membre du Parti populaire du renouveau haïtien (PPRH), ci-devant Génération 2004 dirigé par Claude Roumain. Mais l’intéressé, Daniel Supplice aurait décliné son «choix», mais point par manque d’intérêt à assumer la succession de Latortue, mais sous prétexte que cette résolution, qui ressemblerait à un «complot», aura été divulguée dans la presse alors que les participants à la réunion s’étaient formellement engagés de la garder secrète. Mais l’essentiel est là: son nom est déjà sur la liste des aspirants!Mais l’heure de Supplice ne serait tout simplement pas arrivée. Car le sous-secrétaire d’Etat des Etats-Unis pour les affaires hémisphériques, Roger Noriega, au cours de la visite de 24 heures, qu’il effectuait à Port-au-Prince le 8 juin, a réaffirmé son soutien au gouvernement de facto de son valet Gérard Latortue, tout en indiquant en outre: «Nous n’avons nullement l’intention d’envoyer des Marines en Haïti, la Minustah est sur le terrain et doit remplir sa mission.» Noriega, dont le séjour coïncidait avec l’arrivée de l’envoyé spécial de la France, Daniel Parfait, de Gonzalo Monrario du Brésil et du caniche Canada, Denis Coderre, après s’être entretenu avec les autorités de facto, les politiciens et la «société civile», ne fermait cependant pas toutes les portes et glissait: «Je me rends en Haïti avec des collègues d’autres pays de l’hémisphère pour voir ensemble ce qui doit être fait pour aider le peuple haïtien à surmonter ce cycle de violence afin que les élections puissent avoir lieu.» Mais Gérard Latortue ne retenait que «l’appui» que paraissait lui octroyer Noriega et, encore plus conforté à son retour de l’ONU, où il avait discuté de l’insécurité, de la Minustah et bien sûr des élections, il convoquait le 10 juin différents dirigeants politiques, dont la plupart se trouvent être ses plus farouches détracteurs, pour leur faire comprendre qu’il n’a nullement l’intention de laisser son poste à la Primature. En guise de consolation, sans doute, dans le cas où certains d’entre eux voudraient à tout prix un job (sauf le sien!), il leur annonçait un «remaniement» de son cabinet ministériel pour bientôt.
Daniel Supplice, membre du Parti populaire du renouveau haïtien (PPRH), aurait décliné son «choix», mais point par manque d’intérêt à assumer la succession de Latortue
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«… pour que les élections puissent avoir lieu», avait cependant conclu Noriega, tel que rapporté ci-dessus; faut-il en conséquence faire un rapport avec ce que disait le chef civil de la Minustah, en marge de l’Assemblée générale de l’OEA, la semaine dernière, qu’advenant que ces «élections» soient reportées, il pourrait y avoir «un changement de gouvernement» (Voir dans ce numéro l’article: «Élections: Latortue donne ‘l’exemple’!»). La «permanence» de Gérard Latortue à son poste ne tiendrait-elle qu’à la tenue de ces élections, pour lesquelles le volontarisme exprimé par les décideurs arrive mal à masquer leurs inquiétudes en la circonstance. C’est presque un jeu de poker menteur, où malgré les «blue prints» (plans) fignolés par la «communauté internationale», les impondérables ne cessent de se glisser dans le mécanisme. Car les tuteurs se heurtent non seulement à la constante résistance pacifique du peuple haïtien, qui réclame le retour à l’ordre constitutionnel et du président Aristide, mais aussi aux contradictions où sont englués, au sein même du pouvoir de facto et autour, leurs protégés de la macouto-bourgeoisie. Gérard Latortue bénéficierait pour sa part d’un répit jusqu’aux éventuelles élections, et Daniel Supplice se placerait d’ores et déjà sur les rangs pour assurer sa succession? En résumé, dans l’éventualité où ils devraient réviser leurs épures, les tuteurs se ménagent des options, d’autres «négociateurs», pour ne pas perdre la face, ou ce qui leur en tient lieu.
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