|
 |
 |
 |
Plus de vingt-cinq personnes ont été ainsi assassinées et plus d’une douzaine de maisons incendiées. Il s’est agi d’un véritable carnage, et le nombre de victimes a été confirmé par des sources tant nationales qu’internationales, de même que par les employés de la morgue de l’Université d’État qui ont indiqué avoir reçu au moins une vingtaine de cadavres pour vendredi et samedi.
|
Les 3, 4 et 5 juin, les habitants du quartier populaire du Bélair, dans la capitale, ont été soumis à une sanglante opération conjointe de la Police nationale (PNH) et des Casques bleus chinois de la Minustah. Plus de vingt-cinq personnes ont été ainsi assassinées et plus d’une douzaine de maisons incendiées. Il s’est agi d’un véritable carnage, et le nombre de victimes a été confirmé par des sources tant nationales qu’internationales, de même que par les employés de la morgue de l’Université d’État qui ont indiqué avoir reçu au moins une vingtaine de cadavres pour vendredi et samedi. De même qu’un journaliste de l’agence Reuters, etc.Ce nouveau massacre réalisé conjointement par les «forces de l’ordre» et celles de «la stabilisation» survient à la suite des déclarations du Premier ministre de facto Gérard Latortue annonçant que son gouvernement préparait une réponse proportionnelle après l’incendie du marché Tête Bœuf du mardi 31 mai qui avait fait au moins 8 morts dont 2 tués par balles, ainsi que des dégâts matériels considérables. Justement, sur les ondes des stations de radio Latortue précisait que l’unité spéciale Swat Team de la PNH avait reçu le renfort de policiers étrangers, sous prétexte de poursuivre des «bandits armés», mais tout en disant cyniquement qu’il éviterait de verser dans la répression aveugle. Pourtant les 25 victimes n’étaient pas nécessairement des bandits armés, qui auraient alors accepté de se faire tuer sans tirer un coup de feu. Et les maisons incendiées, constituaient-elles aussi des menaces «armées». Selon les résidants, les victimes ont été lâchement abattues par des policiers qu’elles accusaient d’avoir incendié leurs maisons. De leur côté, les proches ont indiqué que les victimes sont bien des membres innocents de la population puisque si des gangs se trouvaient dans le secteur ils ont eu tout le temps pour décamper. «La police le sait bien, mais son objectif, en visant toute la population, est de vider tous les quartiers populaires, dans la perspective des élections dont le processus marque le pas», a dit l’un d’eux. De leur côté, les autorités policières ont refusé de commenter la «nature» de leurs victimes. Bien sûr, elles doivent bien être dans le secret du mobile de l’opération qui a sans doute été déclenchée en «représailles» à l’incendie du marché Tête Bœuf». À tel point qu’il est permis de se demander qui avait intérêt à y mettre le feu? Autrement dit qui a initié cette opération de «cause à effet» comme prétexte pour déclencher cette opération punitive à la manière de la Gestapo qui prenait indiscriminément des otages à la suite d’un attentat. La seule différence étant, dans le cas du gouvernement de facto, qu’il se pourrait que ce soit en son sein que se trouve l’origine des deux événements qui n’en formeraient qu’un seul. Dans une interview à une station de radio, l’ex-député James Derosin a lancé un appel aux organisations de défense des droits humains pour diligenter une enquête sur ces événements. James Derosin qui s’est interrogé sur les mobiles de cette répression, a fait remarquer que ces événements viennent confirmer les rumeurs selon lesquelles la police a l’intention de faire un massacre dans les quartiers populaires. Un massacre qui ne ferait que commencer, si l’on observe l’agitation du président de la Chambre de Commerce Réginald Boulos et d’André Apaid pour vitupérer contre le «laxisme» de la Minustah qui refuserait de trop se salir les mains, paraît-il. De son côté, le dirigeant de l’ALLAH, Reynold Georges, a aussi condamné le massacre. Il a déclaré regretter infiniment que la Minustah ait cédé aux pressions de certains secteurs qui ont toujours souhaité l’élimination des gens des quartiers défavorisés. Notons que le gouvernement de facto et les partisans de ce régime, ont critiqué à maintes reprises les réticences de la Minustah à appuyer les expéditions meurtrières de la Police dans les quartiers populaires (Voir l’article dans ce numéro: «La Minustah écartelée!»).
|