8 Juin, 2005

June 8, 2005

Jen 8, 2005
Vol. 23 No. 13

Conférence de presse du PPN
Échec aux complots anti-populaires!

Selon le responsable du Bureau politique du PPN l’incendie du marché Tête Boeuf était planifié pour justifier le massacre des habitants du Bélair et la mise du pays sous un éventuel protectorat par les Etats-Unis, qui bénéficieront du support de la France et du Canada.

«Le Parti populaire national (PPN) dénonce énergiquement le dernier massacre perpétré par une unité spécialisée de la police nationale avec l’appui des militaires chinois de la Minustah du vendredi 3 au dimanche 5 juin dans le quartier populaire du Bélair», a déclaré Georges Honorat, responsable du Bureau politique du Parti populaire national (PPN) tout au début de la conférence de presse qu’il tenait ce mardi 7 juin. Il a poursuivi pour dénoncer l’enchaînement des manœuvres et méfaits de la macouto-bourgeoisie pour liquider la résistance populaire. «Au moins vingt-cinq personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées. Des maisons ont été incendiées. Les gens s’interrogent sur ce qui se passe dans le pays. Pourquoi ces kidnappings, ces assassinats, ces vols, ces massacres? À quelles fins? Quelle est la force qui manipule ce désordre?»

Il a poursuivi avec un bref rappel des événements d’un passé proche pour en retracer le fil qui a conduit à la situation actuelle. «Après les élections de 2000, la classe dominante formée par la bourgeoisie et le secteur féodal ou macoute, à travers leurs représentants politiques, dont pour le secteur bourgeois: Edgard Leblanc de l’OPL, Micha Gaillard du Konakom, Serge Gilles du PANPRA, pour la société civile Rosny Desroches, Apaid et Baker du Groupe des ‘184’; et pour le secteur macoute: Evans Paul du Kid, Leslie Manigat du RDNP, le dinosaure De Ronceray du MDN, Himler Rébu du GREH, Dany Toussaint et Prince Pierre Sonson du MODREH, a voulu mettre des bâtons dans les roues du gouvernement Lavalas et dans le même temps des masses populaires qui le soutiennent. Ces groupes n’étant pas contents du choix des masses aux élections ont ourdi toutes sortes de complot pour renverser la situation. Pour ce faire, ils ont fait appel à leurs patrons, en l’occurrence les gouvernements nord-américain et français. Répondant à l’appel, l’Union européenne a fourni des millions de dollars à la société civile, notamment au Groupe des ‘184’ de Apaid et Baker; l’IRI a déboursé autant de dollars pour les mêmes secteurs, et le ‘laboratoire’, autrement dit la CIA et le Pentagone, a financé, armé et organisé à des fins de déstabilisation les ex-militaires et les ex-membres du FRAPH qui se trouvaient en République dominicaine. Ces derniers, rentrés au pays, ont brûlé des postes de police, assassiné des policiers. Ils constituaient le bras armé de l’opposition macouto/bourgeoise au gouvernement Lavalas. En dépit du désordre généralisé qu’ils ont créé à travers le pays avec l’argent et les armes qu’ils ont distribués, les Etats-Unis et la France, n’ayant pas pu arriver quand même à réaliser leur dessein, ont organisé le kidnapping et l’exil forcé du président constitutionnel le 29 février. 2004. Le laboratoire oeuvrait entre-temps à fomenter des complots. C’est ainsi que le 30 septembre, à la veille de la grande mobilisation pacifique qui avait été convoquée par les militants Lavalas, le laboratoire a accouché de la fameuse «opération Bagdad» pour l’attribuer aux cellules de Fanmi Lavalas. Sur cette base, la répression allait se durcir dans les quartiers populaires.»

Abordant la question des inscriptions des électeurs en vue des élections, Georges Honorat a indiqué: «Les gens ont boudé le processus d’inscription. Les 15, 16, 17 et 18 mai dernier, le Parti populaire national et les cellules de base de Fanmi Lavalas ont organisé des manifestations à travers le pays pour dénoncer le piège que constitue la carte électorale et pour dire non aux élections. Le président Aristide doit revenir au pays pour terminer son mandat. Ces mobilisations ont mis en grogne les responsables de facto et les éléments macouto/bourgeois. Et, ils ont décidé d’en finir avec les masses. Le 18 mai 2005, en effet, le président de facto Boniface Alexandre a fait savoir que la paix allait être établie dans les quartiers populaires. Il faisait référence évidemment à la paix des cimetières. Tout juste après, le président de la Chambre de commerce et d’industrie, Réginald Boulos, a sonné la charge en disant que les responsables pour assurer la sécurité, le gouvernement de facto et la Minustah ont échoué, et je cite: ‘Ceux qui devaient effectuer le travail ne l’ont pas fait, alors ils doivent céder la place à ceux qui en ont la capacité’, disait. Boulos sur les ondes de Radio Vision 2000, qui annonçait en même temps son objectif: ‘(que) les autorités concernées donnent aux commerçants l’autorisation d’avoir des armes pour se défendre…’.» Georges Honorat alors de conclure que les armes de guerre sont sûrement déjà à leur disposition. Car curieusement au moment où l’on parle de désarmement, voilà qu’un représentant patenté et mandaté de la bourgeoisie réclame, pour ne pas dire exige, le droit de constituer des équipes, sinon des gangs, armées!

Selon le responsable du Bureau politique du PPN l’incendie du marché Tête Boeuf était planifié pour justifier le massacre des habitants du Bélair et la mise du pays sous un éventuel protectorat par les Etats-Unis, qui bénéficieront du support de la France et du Canada. Georges Honorat a par ailleurs souligné les pressions exercées par l’état-major de la bourgeoisie sur le commandant de la Minustah, le général brésilien Augusto Heleno Ribeiro Pereira, pour pousser celui-ci à intensifier la répression contre les militants Lavalas et les habitants des quartiers défavorisés. Une pression telle que Ribeiro Pereira a dû leur répondre qu’il ne veut pas organiser de massacre et courir le risque d’être jugé par le Tribunal international. Des mots qui ne veulent rien dire pour les Apaid, Baker et consorts qui se croient omnipotents grâce à l’appui du Département d’État des Etats-Unis et qui n’ont cure de voir couler le sang pour rassasier leur soif de profits.

En conséquence, en a déduit Georges Honorat, le refus du chef militaire de la Minustah aura activé la décision de l’ambassadeur James Foley de réclamer au Pentagone le déploiement dans le pays des Marines, comme le signalait le Washington Post («Un bataillon pour Haïti», Washington Post, 5-06-05) afin d’écarter tout obstacle à leurs objectifs, et réaliser à leur gré leurs élections/sélections.

Le porte-parole du PPN a conclu en ces termes: «Le Parti populaire national exhorte les bases populaires à la vigilance afin d’empêcher les infiltrations dans leurs rangs. Il faut conserver l’unité du mouvement populaire et dire ensemble: à bas l’occupation du pays, à bas le gouvernement de facto Alexandre/Latortue, à bas les élections/sélections, à bas la carte électorale, vive le retour à l’ordre constitutionnel, vive le retour physique du président Aristide. Le complot ne passera pas. Liberté ou la mort.» Et en effet, les manœuvres et montages grossiers (dans le style «opération Bagdad» et autres prétextes) pour opérer leurs massacres sont constamment démasqués par la population qui sait que le maintien de la mobilisation pacifique et la résistance populaire ne fléchiront pas. Déjà certains de leurs propres alliés se rendent compte et sont effrayés par les méthodes fort peu subtiles du gouvernement de facto et de ses tuteurs et autres sbires.