18 Mai, 2005

May 18, 2005

18 Me, 2005
Vol. 23 No. 10


Jean Bertrand Aristide (à gauche) et Nelson Mandela de l’African National Congress (ANC)«Les Sud-Africains sont invités à se joindre au peuple haïtien et à d’autres à travers le monde pour faire campagne pour le retour de la stabilité, la règle de droit et la démocratie dans cet État de la Caraïbe.»
Un début de mois de mai très éprouvant pour le gouvernement de facto de Gérard Latortue qui, outre la contestation par ses parrains et affidés locaux, se voit confronté à une véritable pagaille:le coût de la vie n’a jamais été aussi élevé et la misère et l’insécurité aussi insurmontables et sans espoir d’amélioration des conditions; par exemple le kidnapping est devenu une véritable industrie avec même des «sous-traitants»… Le peuple manifeste quotidiennement son rejet du régime de facto et réclame sans répit le retour du gouvernement constitutionnel avec le retour physique du président Jean-Bertrand Aristide. Mais Latortue et ses tueurs, y compris la Minustah, n’ont pour toute réponse et solution que la répression la plus brutale.


Le groupe des étudiants du GRAFNEH accompagné de certains responsables du Groupe des «184» d’André Apaid, parmi lesquels Charles Henri Baker, dénonçait l’insécurité, les kidnappings et la vie chère…
Ils étaient environ 300 qui manifestaient dans les rues de Port-au-Prince le mercredi 11 mai, pour dénoncer la gestion désastreuse du gouvernement de facto, l’impunité et la dégradation des conditions de vie. Cependant ce n’est pas le nombre relativement réduit par rapport aux grandes manifestations populaires qui donnait un caractère particulier à cette manifestation, qui était entre autres appuyée par des partis politiques traditionnels, des associations patronales, mais bien sa composition. En effet, elle était conduite par deux groupes, d’un côté les étudiants de la Faculté des sciences humaines, et de l’autre, les étudiants du Grand Front national des étudiants haïtiens (Grafneh) issus pour la plupart de l’INAGHEI, avec toutefois un point commun: les membres de ces deux groupes étaient ceux-là mêmes qui avaient été cooptés par la macouto-bourgeoisie pour participer à la déstabilisation du gouvernement constitutionnel jusqu’au coup d’État de l’année dernière.