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Le groupe des étudiants du GRAFNEH accompagné de certains responsables du Groupe des «184» d’André Apaid, parmi lesquels Charles Henri Baker, dénonçait l’insécurité, les kidnappings et la vie chère…
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Ils étaient environ 300 qui manifestaient dans les rues de Port-au-Prince le mercredi 11 mai, pour dénoncer la gestion désastreuse du gouvernement de facto, l’impunité et la dégradation des conditions de vie. Cependant ce n’est pas le nombre relativement réduit par rapport aux grandes manifestations populaires qui donnait un caractère particulier à cette manifestation, qui était entre autres appuyée par des partis politiques traditionnels, des associations patronales, mais bien sa composition. En effet, elle était conduite par deux groupes, d’un côté les étudiants de la Faculté des sciences humaines, et de l’autre, les étudiants du Grand Front national des étudiants haïtiens (Grafneh) issus pour la plupart de l’INAGHEI, avec toutefois un point commun: les membres de ces deux groupes étaient ceux-là mêmes qui avaient été cooptés par la macouto-bourgeoisie pour participer à la déstabilisation du gouvernement constitutionnel jusqu’au coup d’État de l’année dernière. Mais la scission était évidente, même s’ils suivaient le même parcours, ils ne marchaient point ensemble et lançaient des slogans différents. Le groupe des étudiants du GRAFNEH accompagné de certains responsables du Groupe des «184» d’André Apaid, parmi lesquels Charles Henri Baker, dénonçait l’insécurité, les kidnappings et la vie chère. Ironie du sort, c’est même l’industriel Charles Henri Baker, qui déclarait disposer d’informations selon lesquelles la Primature avait donné de l’argent la veille pour faire échouer la manifestation et il osait crier «A bas la vie chère… » L’autre groupe constitué par les étudiants de la Faculté des sciences humaines s’en prenait au gouvernement de facto dont il réclamait le départ, et à la bourgeoisie qu’il accusait de financer la violence à Cité Soleil, tout en dénonçant Baker et le Groupe des «184» en ces termes: «Nous ne voulons plus être les dindons de la farce», criaient-ils, réclamant des explications sur les exonérations de taxes dont bénéficient les propriétaires des entreprises privées de la part des autorités putschistes. Ils dénonçaient aussi leurs camarades du GRAFNEH d’avoir été payés par le secteur des affaires. Ces derniers, à leur tour, ont accusé les étudiants des Sciences humaines d’avoir reçu de l’argent d’une des organisations qui soutiennent le mouvement lancé récemment en faveur de la baisse des prix du carburant, sans citer le nom de cette organisation. Des échauffourées ont eu lieu à plusieurs reprises entre les des deux camps à Bourdon, près du siège de la Minustah. Devant le bureau de l’ONU, les manifestants ont dénoncé la présence en Haïti de la force d’occupation, en lançant: «Les agents de la Minustah touchent des millions pendant que ceux de la PNH reçoivent des miettes.» Les deux camps ont tempéré leurs divergences face à l’attitude des militaires brésiliens devant le siège de la Primature où la manifestation allait prendre fin. Les Casques bleus ont d’abord tiré en l’air amenant les manifestants à trouver un semblant d’unité pour crier «liberté ou la mort» et pour scander des slogans hostiles à la Minustah, accusant Gérard Latortue d’avoir donné l’ordre de tirer sur eux. Certains ont répliqué avec des jets de pierres, d’autres ont dégonflé les pneus d’un véhicule officiel devant la Primature et obstrué la route de Bourdon à l’aide de débris de toutes sortes, en promettant de revenir à la charge. Ils ont dû cependant déplorer que les organisations politiques et les institutions du secteur privé aient boudé la marche, après avoir déclaré appuyer leur mouvement. Dans une note de presse le 9 mai, le patronat avait en effet apporté son appui à la manifestation du GRAFNEH. De même que certains partis politiques dont le KID d’Evans Paul. Les étudiants avaient notamment accusé les membres de la classe possédante d’avoir voulu se moquer d’eux en prétendant participer à une marche contre la hausse des prix des produits de première nécessité. Selon Réginald Boulos, président de la Chambre de commerce, le comportement des étudiants traduit la lutte des classes qui a existé depuis toujours dans le pays et qui mérite aujourd’hui «d’être bannie». Puisque Boulos en a décidé ainsi, il n’aurait qu’à demander à Latortue de prendre un décret pour changer la réalité? «Nous n’accepterons pas que des secteurs viennent raviver cette lutte à un moment où l’on parle d’unité et de réconciliation… C’est une minorité qui ne souhaite pas voir grandir le bon ménage qui s’est imposé entre la classe privilégiée et le peuple haïtien», découvrait Boulos. Penaud de son côté de voir même ses GNBistes lui manifester une telle réprobation, dans un communiqué émis par son bureau, Gérard Latortue disait regretter que le cahier des charges des manifestants ne lui soit pas parvenu. Pour faire quoi?
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