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Le secrétaire général du FRN, Guy Philippe, l’ex-chef des rebelles qui étaient venus de la République dominicaine au début de l’année dernière, a dit reconnaître l’appartenance du prévenu à son parti politique, tout en demandant à la justice de statuer sur la question
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La Police nationale (PNH) a présenté à la presse le dimanche 8 mai une quinzaine de personnes interpellées la veille pour leur implication présumée dans des kidnappings dans la région métropolitaine. Selon les explications fournies par le directeur général de la PNH, Léon Charles, ces individus ont été pris à la suite d’une opération qui a conduit à la libération de trois otages, dont la Française Martine Rymers, enlevés au courant de la semaine dernière. «La direction générale de la PNH renouvelle sa détermination à contrecarrer l’action des bandits qui renforcent l’insécurité dans la zone métropolitaine, tout en demandant à toutes les unités spécialisées de se mobiliser afin de combattre ces gens. Elle demande aussi à la direction des renseignements de faire tout ce qui est possible pour remonter aux auteurs intellectuels de ce mouvement de déstabilisation. Nous avons le devoir de protéger tous les citoyens honnêtes. Nous demandons à tous les bandits de déposer les armes», a clamé Léon Charles qui pouvait plastronner à cette occasion.À remarquer que parmi les trois présumés kidnappeurs arrêtés se trouve un membre du Front de reconstruction nationale (FRN), ex-groupe armé qui avait pris les armes contre le régime constitutionnel du président Aristide. François Jasmin, qui a tenté aux micros des journalistes de rejeter les accusations portées contre lui, a toutefois admis avoir été arrêté en possession de matériels militaires dont un fusil de calibre M-1, deux chargeurs pour fusil T-65 et trois plaques d’immatriculation de la police. Le secrétaire général du FRN, Guy Philippe, l’ex-chef des rebelles qui étaient venus de la République dominicaine au début de l’année dernière, a dit reconnaître l’appartenance du prévenu à son parti politique, tout en demandant à la justice de statuer sur la question. «M. François Jasmin est bel et bien membre du Front; il nous accompagne le plus souvent dans nos tournées en province. Nous avons appris qu’il est en difficulté et comment la police l’a présenté. Au niveau du Front, nous avons déjà alerté notre cabinet d’avocat pour voir ce qui doit être fait. S’il est coupable, il va être condamné ; au cas contraire, il sera relâché. Néanmoins, nous n’aimerions pas que cela constitue une persécution politique» a tranché Philippe qui prend ainsi déjà ses précautions. Ne serait-ce pas le moment de s’interroger sur le sens des «révélations» de la porte-parole de la Police Jessy Cameau Coicou, qui déclarait il y a peu à la presse que «l’on pourrait s’étonner de l’identité de certaines personnalités qui participent aux kidnappings»? Ainsi, Cameau-Coicou devait déjà en savoir pas mal et elle pourrait nous en faire d’autres «révélations». A savoir si ce coup de filet, où est impliqué un membre du FRN, constitue le point de départ pour coffrer aussi ces fameuses «personnalités», ces «auteurs intellectuels», dont elle s’est abstenu jusqu’à présent de décliner l’identité? Elle ne voudrait certainement pas faire avorter l’enquête qui doit conduire à ces «auteurs intellectuels» qui doivent bien exister. Mais jusqu’où ira l’enquête? Quelques jours plus tôt, le 4 mai, le Conseil des ministres de facto adoptait justement un décret pour faire du kidnapping un crime passible de travaux forcés à perpétuité. «Le gouvernement a adopté un décret faisant du kidnapping un crime parce que ceci n’était pas prévu dans le Code pénal haïtien», devait préciser le 6 mai le Premier ministre de facto Gérard Latortue. Avait-il alors prévu que cela pourrait toucher un personnage «important», alors qu’au même moment sa Cour de cassation se trouvait «obligé» d’ordonner la mise en liberté de Louis Jodel Chamblain, - ancien second des escadrons de la mort de 1991 à 1994, revenu en 2004 en compagnie cette fois comme second de Guy Philippe, chef des «combattants de la liberté», ainsi désignés par Latortue lui-même?
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