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Le problème d’Haïti n’est pas de caractère militaire» a signalé Esquivel, (à gauche), qui a plaidé en faveur du retrait graduel des forces d’occupation…
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Le Prix Nobel de la Paix argentin Adolfo Pérez Esquivel et la fondatrice de l'Organisation des Mères de la Place de Mai, Nora Cortinas ont séjourné en Haïti du 3 au 9 avril à la tête d’une délégation dans le cadre d’une mission internationale d’information et de solidarité avec Haïti. Composée d’une vingtaine de personnalités représentant des mouvements sociaux et organisations politico-culturelles et religieuses de l’Amérique latine, des Caraïbes, de l’Europe et d’Afrique, cette mission se donnait pour tâches de «vérifier la situation actuelle du peuple haïtien dans le contexte de sa longue lutte pour la conquête de la démocratie et l’autodétermination» et «apporter aux secteurs en lutte en Haïti l’appui et l’amitié des peuples du continent et du monde entier». Cette mission a été entreprise à l’invitation de certaines organisations haïtiennes telles que la Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda), l’Institut culturel Karl Lévêque (ISKL) et la Plate-forme des organisations des droits humains (POHDH). La délégation n’a voulu exclure personne et, effectivement, elle a rencontré le plus de secteurs possible, s’entretenant avec des responsables des partis politiques, des membres des missions diplomatiques et de la Minustah, le directeur général de la Police nationale (PNH) Léon Charles, le Conseil des sages, le CEP, etc., et même avec le président de facto Boniface Alexandre, ainsi qu’avec des représentants des organisations de différentes branches d’activités de la société civile, sur des questions relatives à la justice, l’impunité, la corruption et le développement durable. La délégation a rendu visite aux prisonniers du Pénitencier national à Port-au-Prince et à la prison des femmes à Pétionville pour se faire une idée des conditions de détention en Haïti. Une partie de la délégation s’est même rendue à la Petite-Rivière de l’Artibonite, pour s’enquérir de la problématique de la culture du riz et rencontrer les secteurs en charge de la campagne en faveur de la défense du riz national. Pérez Esquivel en a profité pour prononcer une série de conférences sur les droits humains, dont l’une à la Faculté des sciences humaines de l’Université d’Etat sur le thème: «Impunité, violence, droits humains et crise de société en Amérique latine». Par ailleurs, dans une conférence de presse le 8 avril à l’hôtel Le Plaza, où il présentait le rapport partiel de sa mission, il s’est prononcé sans ambages contre la présence des troupes de la Minustah dans le pays qui représentent un sérieux accroc à la souveraineté du peuple haïtien. «Le problème d’Haïti n’est pas de caractère militaire» a signalé Esquivel, qui a plaidé en faveur du retrait graduel des forces d’occupation. A ce sujet, il faut noter qu’il a rencontré les ambassadeurs du Brésil et du Chili à Port-au-Prince, pays dont les contingents militaires jouent un rôle majeur dans la Minustah. Saluant en outre l’infatigable lutte du peuple haïtien depuis plus de 200 ans, le Prix Nobel de la Paix a fait la promotion de l’autodétermination en affirmant: «En matière d’aide, la mission propose que les fonds destinés aux projets de développement soient de caractère non-remboursable et qu’ils répondent aux propositions des organisations sociales et communautaires comme par exemple la réforme agraire et non pas à celles formulées par des organisations internationales dans le Cadre de coopération intérimaire (CCI).» Le CCI qui, comme on le sait, concerne les fonds promis au gouvernement de facto par la «communauté internationale». Dans la foulée, Esquivel s’est d’ailleurs prononcé pour l’annulation de la dette extérieure haïtienne. D’autre part, il a critiqué l’établissement par l’Etat haïtien des zones franches industrielles sur la frontière haïtiano-dominicaine. «Nous nous opposons fermement à ce que Haïti soit transformée en un espace où s’agglutinent les zones franches», a tenu à signaler Adolfo Pérez Esquivel. Les informations recueillies dans le cadre de cette mission internationale doivent servir à l’élaboration d’un rapport et d’articles de presse pour informer l’opinion internationale sur la situation en Haïti, en mettant particulièrement l’accent sur les pays participant à la force d’occupation. «Un rapport sera présenté aux présidents du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Chili, entre autres, pour relancer un travail de pression et de recommandation sur le dossier d’Haïti», a précisé un membre de la Papda, l’une des organisations haïtiennes hôtes de cette mission internationale de solidarité.
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