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Gérard Latortue s’était engagé entre autres à «garantir la sécurité de la population…, lancer un programme d’urgence économique et sociale…, prendre les dispositions pour la tenue des prochaines élections…, adopter des mesures urgentes pour combattre l’impunité sous toutes ses formes et amorcer la réforme judiciaire…, assainir l’administration publique, lutter contre la corruption et le gaspillage des fonds et biens de l’Etat…»
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Douze mois après la signature le 4 avril 2004 de l’«Accord de consensus de transition politique» par le gouvernement de facto Alexandre-Latortue, le Conseil des sages et les secteurs politiques et de la «société civile» qui avaient pris part à la déstabilisation pour le renversement du gouvernement constitutionnel du président Aristide, la situation socio-politique connaît une détérioration accélérée en dépit des nombreux engagements pris à travers ce document par le régime de facto et ses complices.En effet, le gouvernement dirigé par le Premier ministre de facto Gérard Latortue s’était engagé entre autres à «garantir la sécurité de la population…, lancer un programme d’urgence économique et sociale…, prendre les dispositions pour la tenue des prochaines élections…, adopter des mesures urgentes pour combattre l’impunité sous toutes ses formes et amorcer la réforme judiciaire…, assainir l’administration publique, lutter contre la corruption et le gaspillage des fonds et biens de l’Etat…» Pourtant, concernant principalement ce dernier point, faisant partie des dix-neuf axes de cet Accord de consensus, il parait plutôt que le gouvernement de facto s’est évertué à faire le contraire puisque depuis son installation, il y a plus d’un an, les scandales à répétition de corruption de toutes sortes ont illustré sa gestion.
De plus, plusieurs secteurs, dont certains avaient même paraphé cet accord du 4 avril, s’activent plutôt à obtenir la démission de Gérard Latortue. «La situation reste inchangée; je peux même dire qu’elle s’aggrave de jour en jour. Les raisons sont là et nous avons l’habitude de les évoquer. Il faut rappeler que dès l’installation de ce gouvernement nous avions évoqué des entorses et des contradictions qui devaient en principe nous conduire là où nous sommes aujourd’hui» a fait savoir l’ancien sénateur Prince Pierre Sonson du Mouvement démocratique et réformateur haïtien (Modereh). Abondant dans le même sens, le responsable du Rassemblement national des forces démocratiques (Ranfò) Jean Nazaire Thidé, a ajouté de son côté: «Nous constatons que les camarades qui s’étaient associés à nous au sein de la Plate-forme démocratique ne combattaient qu’au profit de leurs intérêts personnels. Ils n’avaient pas cru à un véritable changement. Maintenant, c’est une déception totale. Ce gouvernement est pire que celui d’Aristide. La corruption y règne en maître.» Ces protestations exprimées par Thidé sont pour le moins justifiées même si elles sont en partie motivées par le fait qu’il a été, de même que certains autres, oublié par l’équipe Latortue.
Cependant, même les dirigeants du Groupe des «184», qui se sont bien arrangés au départ du président Aristide, pour mettre le grapin sur les moindres espaces du pouvoir, se croient également autorisés à critiquer l’action de leur régime de facto qui, selon eux, aurait failli dans l’application de l’accord du 4 avril. «Prenons l’accord du 4 avril que nous tous avions paraphé. C’était pratiquement un plan que nous avions fourni au gouvernement afin de gérer le pays. Pourtant je ne crois pas qu’il a été appliqué à cinq pour cent» a indiqué le numéro 2 du Groupe, Charles Henri Baker tout en prenant soin, néanmoins, de ne pas mettre en question les fondements de ce régime de facto qu’il feint de vouloir critiquer.
Pour sa part, Gérard Latortue ne semble pas s’en faire outre mesure de ces acerbes critiques et, effronté ou inconscient, il a annoncé: «Un an après, c’est l’occasion de remercier chacun des signataires de la confiance placée en l’équipe en place ainsi qu’aux membres du gouvernement, dans la mise en œuvre des différents points de cet accord de transition. C’est l’occasion aussi pour nous de rassurer tout un chacun que nous nous attellerons à le faire au cours des huit mois qui nous restent pour terminer notre mandat.» Il est vrai qu’aussi bien lui que ses interlocuteurs savaient bien dès le début à quoi s’en tenir avec cet accord fumeux qui ne représentait qu’un élément «consensuel» de diversion, tandis qu’il présidait aux grandes manœuvres de répression des masses populaires, point essentiel de sa mission. Évidemment, beaucoup de membres de la clique initiale sont à présent mis de côté, et Latortue croirait avoir gagné dans l’intervalle assez de temps, mais les derniers événements montrent que la tension monte…