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Le vendredi 18 mars ont été chantées, sur une place publique du quartier de Delmas 2, les funérailles des trois jeunes tués par des agents de la Police nationale…
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Le vendredi 18 mars ont été chantées, sur une place publique du quartier de Delmas 2, les funérailles des trois jeunes tués par des agents de la Police nationale (PNH): Dieu Béni Juste, Alexandre François et Wilner Sévère, à la rue Saint-Martin et au Bel-Air le 25 février, à la veille de la commémoration du premier anniversaire du coup d’Etat du 29 février 2004. Le célébrant, le Père Gérard Jean-Juste a interpellé les autorités gouvernementales de facto à cesser d’exercer la violence contre la population. Dénonçant la répression et les persécutions politiques dont sont l’objet les membres et sympathisants du parti Fanmi Lavalas, le curé de la paroisse Sainte-Claire en a profité pour réclamer le retour du président Aristide au pouvoir afin de ramener la légalité, l’ordre et la sécurité dans le pays. Avec l’accompagnement de la Minustah, à l’exclusion des agents de la PNH, le cortège funéraire s’est ensuite ébranlé pour se rendre au cimetière de Port-au-Prince où les dépouilles des victimes ont été inhumées. Ces obsèques sont vite devenues une véritable manifestation contre le crime, où, tout au long du parcours, des dizaines de milliers de participants ont scandé des slogans hostiles au Premier ministre de facto Gérard Latortue et le président Boniface Alexandre et réclamé leur départ. Au son de la musique rara, la foule a exprimé sans répit son attachement au président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide, et s’est ensuite dirigée vers la place Jérémie à Carrefour-Feuilles, puis au Champ-de-Mars, avant de retourner finalement au Bel-Air. Des messages de solidarité ont été lancés à l’endroit des prisonniers politiques, au Premier ministre constitutionnel Yvon Neptune et au ministre de l’Intérieur constitionnel Jocelerme Privert, toujours prisonniers du régime de facto sans aucune charge contre eux. Des dénonciations également contre la PNH dont les agents procèdent à des exécutions sommaires et à d’autres crimes dans les quartiers défavorisés et encore le 28 février contre des manifestants pacifiques. Le porte-parole des militants Lavalas du Bel-Air, Samba Boukman, prenant la parole, a accordé un délai jusqu’au 25 mars aux autorités de facto et à la PNH pour faire le jour sur ces derniers méfaits, sinon, a-t-il assuré, ils continueront à manifester dans les rues en dehors de toute notification à la Police. S’exprimant aux micros des journalistes, la mère de l’un des défunts, un jeune qui était encore en 8e année fondamentale, a rappelé que son enfant avait été lâchement abattu alors qu’il allait faire une course pour elle. Elle en a clairement imputé directement la responsabilité de ce meurtre odieux aux agents de la PNH.
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