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Damian Onsès Cardona, (à droite) a lu à la presse le premier rapport médical émis par le médecin militaire argentin Carlos Bedjan disant que «l’état de santé de M. Neptune est stable et il réagit favorablement au traitement... Il a recommencé à manger des fruits et du fromage».
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Le Premier ministre constitutionnel Yvon Neptune, qui a entamé le 20 février une grève de la faim pour dénoncer son incarcération arbitraire et exiger son élargissement sans condition, a été transféré tard dans la soirée du jeudi 10 mars à l’hôpital militaire du contingent argentin de la Minustah, près de l’Aéroport international, dans la capitale. «M. Neptune a été transféré à ce centre suite à la décision du gouvernement d’Haïti et avec l’accord de la Minustah. Cette décision a été prise en raison de la détérioration de l’état de santé de M. Neptune. Pendant la durée de son rétablissement au centre hospitalier, M. Neptune restera à la disposition de la justice haïtienne. Sa surveillance sera assurée par l’administration pénitentiaire qui autorisera également les visites», indique un communiqué de la Minustah qui avoue ainsi implicitement être partie prenante dans l’incarcération de Neptune. Le lendemain, le porte-parole de la Minustah, Damian Onsès Cardona, a lu à la presse le premier rapport médical émis par le médecin militaire argentin Carlos Bedjan disant que «l’état de santé de M. Neptune est stable et il réagit favorablement au traitement… Il a recommencé à manger des fruits et du fromage», indiquant par la même occasion que Neptune mettait fin à sa grève de la faim. Le ministre de facto de la Justice Bernard Gousse ne pouvait être en reste et est également intervenu pour tenter de se convaincre que la décision de placer Yvon Neptune dans un centre hospitalier émanait de son gouvernement et même grâce à sa perfide compassion. «M. Neptune était sur le point de perdre connaissance quand il a été décidé de le transférer à l’hôpital militaire de la force onusienne en Haïti. M. Neptune avait refusé dans un premier temps d’être transféré. Mais, nous avons jugé bon de le déplacer parce que sa vie était en danger. Il fallait l’évacuer pour qu’il puisse réponde aux accusations portées contre lui. Deux agents de la police sont en permanence aux côtés de M. Neptune et l’accompagnent partout où il va», a indiqué Gousse, qui a repris qu’«il ne revient pas au gouvernement de se substituer aux autorités judiciaires. Actuellement, M. Neptune est aux ordres de la justice». Les accessoires n’avaient pas manqué pour faire croire à son histoire. En effet le juge de paix Gabriel Ambroise était présent devant le Pénitencier national au moment du transfert de Yvon Neptune pour dresser le procès verbal. «Le chef de la Minustah m’a informé par téléphone de la décision de déplacer Yvon Neptune du Pénitencier national à un hôpital. J’ai été invité à faire le constat» a raconté Ambroise le plus sérieusement du monde. Pourtant, toute cette mise en scène n’aura pas suffi à calmer certains leaders politiques et autres pour découvrir leur patriotisme, en dénonçant que Neptune ait été placé dans un hôpital militaire étranger en lieu et place d’un centre hospitalier haïtien. À remarquer que ces mêmes individus n’hésitent pas eux-mêmes à prendre l’avion pour aller se faire soigner à Miami! Ils ont même dénoncé un «complot» ourdi par la communauté internationale pour faire libérer de force Neptune. L’avocat des parents des «victimes» du prétendu massacre de La Scierie, pour lequel Neptune est officiellement emprisonné, Samuel Madistin, qui n’aimerait pas voir un procès lucratif lui échapper, a évidemment crié au scandale en arguant que cette autorisation de transférer Neptune devait venir du juge d’instruction de Saint-Marc en charge du dossier. «Il est aberrant qu’une personne reprochée pour sa participation dans un massacre contre une population civile désarmée, puisse trouver du support de soi-disant démocrates de la communauté internationale qui veulent détruire le système judiciaire. Je trouve que leur audace est allée trop loin. M. Neptune devrait être conduit, si son état de santé le nécessitait, dans un hôpital carcéral ou civil, pas dans un hôpital militaire», s’est écrié ce comédien affamé. Entre-temps, on ne peut que s’interroger sur le silence observé autour de la situation du ministre de l’Intérieur, Jocelerme Privert, dont l’état de santé, nous présumons, devait être tout aussi inquiétant que celui de Neptune, étant donné que c’est de concert que les deux avaient entrepris cette grève de la faim. On croit savoir que par la même occasion Privert aura lui aussi cessé la grève. Mais telle n’est point la préoccupation de la Minustah, qui aura voulu profiter de la situation pour enlever, comme l’a déjà dit un observateur, un os dans la gorge du gouvernement de facto, qui ne sait plus quoi faire de Neptune qu’il a fait emprisonner sous de fausses accusations. Pas question pour la Minustah d’avoir indirectement la mort du Premier ministre constitutionnel sur les bras, surtout avec l’écho que connaissent actuellement les crimes, massacres et violations de droits humains de tous ordres dont se rend coupable le gouvernement de facto. Même la grande presse internationale a commencé à reconsidérer son évaluation de la performance à ce titre des «technocrates», dont la gestion a été le 28 février qualifiée de «pire que celle d’Aristide» par le Miami Herald qui avait pourtant pris un rôle leader dans la déstabilisation du gouvernement constitutionnel. Commentant le rapport Griffin sur les violations du gouvernement de facto, cet influent quotidien nord-américain n’hésitait pas dans cette même édition à proclamer: «Et il a raison» en parlant de Griffin et de son enquête effectuée au mois de novembre dernier en Haïti. La Presse canadienne, source privilégiée des grands journaux canadiens a aussi abondé dans le même sens, de même que les quotidiens montréalais, Le Devoir, The Gazette, La Presse, ceux de Toronto et pancanadien tels que The Toronto Star, The Globe and Mail, etc. À son service, - et pour combien de temps encore - il ne reste plus à Latortue que Radio-Canada qui est de plus en plus discrédité… Minustah et gouvernement de facto sont par ailleurs, éventuellement et en même temps, en quête d’une autre démarche politique pour faire face à l’imprévisibilité de leur part de la situation actuelle?
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