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La manifestation du 4 mars a démarré vers 10 heures du matin et s’est déroulée dans la discipline sous l’escorte exclusive des soldats de la Minustah, dans différentes rues du quartier populaire du Bel-Air.
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Ils étaient des milliers de partisans et sympathisants de l’Organisation politique Fanmi Lavalas à investir les rues de la capitale le vendredi 4 mars pour réclamer une énième fois la libération des prisonniers politiques, le retour à l’ordre constitutionnel et pour dénoncer la répression et les conditions de vie infra-humaines que fait subir à la population le gouvernement de facto Alexandre-Latortue. Depuis le kidnapping du président Jean-Bertrand Aristide le 29 février 2004, les pro-Lavalassiens, issus en grande majorité des quartiers populaires, vivent un véritable calvaire en raison des interventions brutales et meurtrières des agents de la PNH, souvent avec l’appui de la Minustah, dans leurs quartiers. La manifestation du 4 mars a démarré vers 10 heures du matin et s’est déroulée dans la discipline sous l’escorte exclusive des soldats de la Minustah, dans différentes rues du quartier populaire du Bel-Air. Ce mouvement pacifique a été l’occasion pour les manifestants venus de divers quartiers populaires de dénoncer la Police nationale (PNH), qui avait réprimé dans le sang le 28 février une précédente marche pacifique organisée à l’occasion du premier anniversaire de l’enlèvement du président Aristide par les Etats-Unis, la France et le Canada. Au moins cinq personnes avaient été tuées et plusieurs autres blessées par balles ce jour-là, lors d’une intervention brutale de la police. Notons qu’au cours de la manifestation du 4 mars, la présence des policiers haïtiens était interdite par les soldats de la Minustah dans le périmètre de la marche, dans le cas où ils seraient tentés de rééditer leur coup. Des slogans hostiles aux «technocrates» pour avoir donné l’ordre de tirer sur les manifestants du 28 février fusaient ce 4 mars d’une foule encore plus nombreuse. A l’angle des rues des Césars et Dr Aubry où la manifestation du 28 février avait été dispersée par les tirs de la PNH, les militants Lavalas qui portaient des t-shirts et des photos à l’effigie d’Aristide ont observé quelques minutes de recueillement à la mémoire des victimes. La même action a été répétée également devant l’église Notre-Dame du Perpétuel Secours au Bel-Air. Les manifestants ont signifié vouloir gagner les rues quotidiennement tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites, tout en entonnant: «Trop de sang a coulé, il faut que Latortue parte…» Pour sa part, Samba Boukman, un des porte-parole des manifestants, a présenté à la fin du mouvement ses remerciements d’une part aux militants pour s’être mobilisés massivement en faveur de la démocratie et du respect des droits humains, d’autre part aux soldats de la Minustah d’avoir assuré la sécurité de cette manifestation. Il en a profité pour appeler les partisans Lavalas à rester mobilisés constamment pour faire passer les revendications des couches défavorisées du pays. De son côté, l’ex-député Lavalas James Desrosins, tout en louant la conduite assumée cette fois par la Minustah, a dit espérer que la Mission onusienne continuera sur cette lancée. Le gouvernement de facto a d’ailleurs très mal accepté le comportement de la Minustah en ce vendredi 4 mars. Le ministre de facto de la Justice Bernard Gousse a ainsi accusé la Minustah d’avoir violé son mandat en décidant d’écarter la police du dispositif de sécurité. Intervenant sur une station de radio, Gousse, impuissant, s’est emporté: «Le jeu de la loi n’est pas rempli, lorsque la Minustah se contente d’appeler la PNH pour dire, il y a une manifestation… La PNH ne peut pas se soustraire à l’obligation qui lui est faite, de contrôler, de surveiller une manifestation qui se fait sur la voie publique.» Ce n’est peut-être que partie remise, car déjà on voyait le vendeur de pays Charles Baker, numéro 2 du Groupe des «184» faire vibrer sa corde «nationaliste» pour s’en prendre aux «Blancs» de la Minustah qui ne faisaient rien dans le pays. On peut le comprendre, car après une année de terreur contre le peuple, Baker qui devait bien s’en douter vient d’avoir confirmation que, malgré les massacres, le nombre de ceux qui réclament le retour à l’ordre constitutionnel et du président Aristide ne fait que grossir de façon exponentielle. Et si la Minustah devait continuer à respecter sa parole de garantir la sécurité des manifestations, il n’y aurait pas de place pour planter une aiguille dans la capitale, et c’est cette vague qui en amènera d’autres que Baker et sa bande et le gouvernement de facto redoutent le plus!
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