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Le responsable du Bureau de la communication et de l’information publique de la Minustah, Damian Onses Cardona, de la capitale étant, a cru bon de démentir son collègue, en réfutant les déclarations de la victime…
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Deux Casques bleus pakistanais de la Minustah sont au cœur d’un viol commis près des Gonaïves contre une jeune femme de 23 ans le 18 février. Selon les déclarations de la victime, elle était chez elle à Pont-Godin, quand une dénommée Mésida est venue l’informer que des militaires de la Minustah étaient en train de faire la distribution de vêtements usagés à la population. «Pourtant, elle m’a emmenée dans une bananeraie où les Blancs m’attendaient. Ils ont déchiré mes vêtements et m’ont forcée à coucher avec eux», a déclaré Nadège X, qui a été examinée par la suite à l’hôpital La Providence, dont le directeur médical Saint-Jules Paul a indiqué qu’un rapport global de l’état de santé de la victime allait être acheminé aux autorités judiciaires. Tout de suite après, le porte-parole de la Minustah aux Gonaïves, Christian Lens Maier, intervenait dans la presse locale pour réprouver l’attitude de soldats pakistanais en question. «Ca fait mal à la Mission et ça fait mal aux femmes. C’est quelque chose qu’on ne peut pas accepter» reconnaissait-il. Pourtant, intervenant de son côté, le responsable du Bureau de la communication et de l’information publique de la Minustah, Damian Onses Cardona, de la capitale étant, a cru bon de démentir son collègue, en réfutant les déclarations de la victime, prétendant que «Selon les éléments de l’enquête préliminaire, il ne s’agit pas d’un cas de viol. La jeune fille a reconnu son consentement et la négociation, par l’intermédiaire d’une tierce personne, de la somme à payer en échange. Dans ce cas de prostitution avérée et en application de sa politique de tolérance zéro, la Minustah a déjà mis en œuvre des mesures conservatoires à l’encontre des deux personnes concernées, lesquelles ont été immédiatement relevées par la commission d’enquête, les sanctions disciplinaires légales relatives à ce type d’infraction seront exécutées», a déclaré Damian Onses Cardona au cours d’une conférence de presse le 23 février. Damian Onses Cardona ne fournit cependant aucun élément fourni par sa «commission d’enquête» fantôme qui lui fait rejeter de façon tout à fait désinvolte tout le blâme sur l’éventuelle victime. En outre, si les responsables de la Minustah sont si bien imbus de la question, jusqu’à soutenir que la jeune femme n’a guère été violée par ses agresseurs, pourquoi encore avoir diligenté une enquête et attendre les résultats de celle-ci pour punir les coupables? Par ailleurs, à quoi pourront bien servir les sanctions annoncées par la Minustah lorsqu’on sait qu’elles ne consistent qu’à rapatrier les militaires concernés dans leur pays? Surtout que de pareils cas s’étaient déjà produits en Haïti dans le cadre des précédentes missions de «paix» de l’ONU. Comme ce jeune haïtien qui avait été sodomisé en 1995 par des Casques bleus pakistanais aussi près de l’aéroport international de Port-au-Prince. Ironie du sort. Bernard Gousse actuel ministre de facto de la Justice était l’avocat de ce compatriote. Que dit Gousse aujourd’hui? Par ailleurs, les membres des soldats de la paix de l’ONU traînent derrière eux toute une réputation: en ex-Yougoslavie, c’était des Casques bleus canadiens qui opéraient un réseau de prostitution; au Congo certains de leurs confrères africains ont été récemment mêlés à des viol contre des jeunes filles congolaises, dont certaines n’avaient que 13 ans. Même le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan devait, à la fin de l’année dernière se prononcer sur ces pratiques et présenter ses excuses pour le comportement intolérable de ses troupes. On peut bien aussi demander à Cardona, porte-parole de la Minustah, d’expliquer pourquoi les vêtements de la demoiselle ont été déchirés si elle avait été, comme il le prétend, entièrement consentante? Et pourquoi, a-t-elle été conduite dans un champ, et non dans une maison? Et pourquoi cet empressement à en venir aux conclusions? Dénonçant ces actes criminels, le coordonnateur du Réseau des droits humains de l’Artibonite (REDHA), Paul Rony, a exigé l’ouverture d’une enquête sérieuse afin de punir convenablement les coupables comme le réclame la loi. «Nous croyions qu’ils étaient venus pour sécuriser le pays de concert avec la Police nationale. Le vendredi 18 février, au vu et au su de tout le monde à Pont-Godin, ces soldats de la Minustah ont violé Nadège Nicolas dans la bananeraie. Nous déplorons de tels actes» a déclaré Rony qui, du même coup, doit s’être rendu compte que le comportement de la Minustah n’est pas différente dans d’autres secteurs de celle de la Police nationale, dont il parle, et dont elle ne fait que renforcer les pratiques répressives. Et si en plus, dans ce cas occasionnellement publicisé, par rapport aux nombreux autres passés sous couvert, tout ce que trouve à dire un responsable et porte-parole des «stabilisateur» de la Minustah, c’est d’accuser la victime, l’exemple vient de haut et certains bourreaux ne la PNH ne peuvent que s’en inspirer en toute impunité. Les organisations féministes proches du Groupe des «184» d’André Apaid, telles que «Kay Fanm» et «Enfofanm» ont élevé des protestations de pure forme, pour ne pas être totalement discréditées, comme pour se dédouaner de leur silence sur la répression et les exactions dans les quartiers populaires, certainement des viols aussi, et demandé que soient punis les coupables. Elles savent pourtant très bien, ces «femmes savantes», que les Casques bleus bénéficient de l’immunité et que la seule mesure que l’on puisse prendre contre les coupables, c’est de les renvoyer chez eux. Pourquoi ne demanderaient-elles pas le départ de «leur» Minustah venue renforcer leur régime de facto, des missions de l’ONU qui favorisent traditionnellement ces crimes, comme elles le reconnaissaient elles-mêmes en parlant des précédents au Congo, au Kosovo, etc.?
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