26 Janvier, 2005

January 26, 2005

26 Janvye, 2005
Vol. 22 No. 46

Un jeune journaliste de 25 ans, correspondant d’une station de radio de Miami, Magic Super Force WKAT, Abdias Jean, a été tué, selon les déclarations de ses parents, par des policiers à Village de Dieu le 14 janvier à l’occasion d’une opération de la police dans ce quartier

Depuis l’intensification de la répression par le gouvernement de facto Alexandre-Latortue dans les quartiers populaires sous prétexte de lutter les «bandits», la Police nationale (PNH) est constamment dénoncée pour les arrestations arbitraires et les exécutions sommaires dont elle se rend coupable dans le cadre de ces opérations.

Dans une interview accordée à Haïti-Progrès le 20 janvier, Jean-Charles Déus Charles a accusé la PNH d’être responsable de l’assassinat de son fils Jimmy Charles. «Mon fils a été arrêté sans motif le mercredi 5 janvier dernier à Fort-National par un contingent de la Minustah qui menait une opération dans la zone. D’autres personnes avaient également trouvé leur arrestation. Il a été conduit au service de l’Anti-gang où il a été incarcéré. Le lendemain, j’ai été le voir à sa cellule. Sa femme lui a même apporté de la nourriture les jours suivants. Lorsque je me suis rendu à sa cellule le dimanche 9janvier, il m’a appris qu’il allait se présenter le lendemain au tribunal section Sud devant le juge Pascal. Le jour venu, il m’a raconté que son dossier était incomplet. Le mercredi 12 janvier, constatant qu’il n’était pas au tribunal le jour indiqué, je me suis rendu à l’Anti-gang pour me renseigner. C’est à ce moment que j’ai appris qu’il avait été «libéré». Je l’ai cherché partout en vain. Finalement, j’ai retrouvé son cadavre le jeudi 13 janvier à la morgue de l’Hôpital Général» nous a rapporté le père de la victime qui a démenti vigoureusement les déclarations de la porte-parole de la PNH, Jessy Cameau- Coicou qui a voulu faire croire que Jimmy Charles avait été tué dans le quartier de La Saline à l’occasion d’échange de tirs avec la police. «Comment pouvait-il tirer contre des policiers alors qu’il se trouvait à ce moment-là dans sa cellule en prison? Qui pis est, il a été interpellé près du Fort-National» a fait remarquer Jean Charles Déus Charles qui exige justice pour son fils qui a été froidement assassiné.

Charles qui précise que le corps de son fils, père de deux enfants, n’a jusqu’ici pas été mis en terre, a fait savoir que l’affaire a été confiée à l’avocat Mario Joseph à l’initiative d’un organisme de défense de droits humains.

Parallèlement, un jeune journaliste de 25 ans, correspondant d’une station de radio de Miami, Magic Super Force WKAT, Abdias Jean, a été tué, selon les déclarations de ses parents, par des policiers à Village de Dieu le 14 janvier à l’occasion d’une opération de la police dans ce quartier. Selon le responsable du Collectif des journalistes haïtiens pour une presse libre, organisation à laquelle appartenait la victime, celle-ci avait été désignée du doigt par un individu avant d’être pris à partie par les policiers: «Au cours de l’opération menée ce 14 janvier à Village de Dieu, deux personnes avaient été tuées par les policiers. En tant que journaliste, Abdias s’est naturellement rendu sur place pour voir les cadavres. Ensuite, il s’est déplacé pour se rendre quelque part pour manger. Il faut noter qu’Abdias habite aussi le quartier de Village de Dieu. Il faut faire remarquer aussi qu’il est souvent critiqué par certains individus du quartier qui l’accusent d’être un proche de Lavalas. Pour en revenir au meurtre proprement dit, un individu a invité les policiers à s’en prendre à Abdias qui venait d’observer les cadavres que les policiers avaient eux-mêmes identifiés comme des «bandits». Les policiers l’ont en effet recherché partout ; et quand ils ont finalement pu le retrouver, ils l’ont emmené à l’écart pour l’exécuter de plusieurs balles» a expliqué Frantz Cadet qui dénonce ce meurtre crapuleux commis par des policiers, en toute connaissance de cause, sur la personne du journaliste Abdias Jean qui avait même eu le temps de leur présenter sa carte de presse.

De son côté la mère de la victime Rosemonde Jean, a exprimé son indignation, d’autant plus que les policiers n’avaient absolument aucune justification pour perpétrer un tel acte. Tout en exigeant que justice soit rendue, qui était également étudiant en quatrième année de Droit à la Faculté de Droit de l’Université d’Etat, et père d’une fillette de 4 ans.

À la lueur de ces faits, il faudrait bien demander à la porte-parole de la PNH et à ses supérieurs et autres sbires du gouvernement de facto: Qui sont véritablement les «bandits», ce mot dont elle nous assomme régulièrement dans ses déclarations pour justifier les crimes de la Minustah et de la PNH, au sein de laquelle on continue à intégrer et à recycler à dessein d’ex-militaires et les terroristes du FRAPH, ceux-là mêmes qui avaient participé au massacre de plus de cinq mille personnes lors du premier coup d’État de 1991-1994.