Manno a reçu plusieurs balles; d’abord la première au pied et il est tombé et à terre il faisait des gestes pour qu’on vienne à son secours. À ce moment un policier lui a tiré une balle au ventre et encore un autre, les tripes lui sortaient déjà et encore une autre à la cuisse. Si vous regardez bien la photo du corps, sur son côté gauche, ses tripes traînent sur le pavé.
«Le mardi 19 octobre, nous disait-il, aux environs de deux heures de l’après-midi, les policiers faisaient une intervention à La Saline, dans le bloc de Fort-Touron, ils ont commencé à tirer, et deux personnes ont été atteintes. Ensuite ils se sont rendus rendre à la rue Saint Joseph, près du marché Tête-Bœuf, où se trouvait une foule à côté des petites marchandes. Aux côtés de l’une d’elles, une vendeuse de petits bonbons, se trouvait son fils Manno âgé de neuf ans. Ce dernier a reçu quatre balles, la foule a pris la fuite et les policiers ont shooté la tête de l’enfant dont les tripes sortaient déjà de son corps. Spectacle horrible (…) Manno a reçu plusieurs balles; d’abord la première au pied et il est tombé et à terre il faisait des gestes pour qu’on vienne à son secours. À ce moment un policier lui a tiré une balle au ventre et encore un autre, les tripes lui sortaient déjà et encore une autre à la cuisse. Si vous regardez bien la photo du corps, sur son côté gauche, ses tripes traînent sur le pavé. Et ce n’est pas tout, car il était pratiquement mort quand les policiers se sont avancés et ont littéralement shooté sa tête à coups de pied… Comme vous pouvez le savoir, les autorités de facto disent que ce sont les organisations populaires (OP) qui créent la panique dans les rues, mais il est clair pour tout le monde que lorsque ce sont les OP qui gagnent les rues, personne ne reçoit de balles. Donc nous pensons que s’il existe des ‘chimères’ ce sont chez les gens du gouvernement de facto qu’on peut les trouver (…) Ces de facto avec la presse réactionnaire ce sont les principaux responsables des massacres. Parce que lorsque des crimes pareils sont commis, cette presse n’en souffle pas un mot… Nous avons constaté que plusieurs crimes commis par la police sont mis au compte des ‘chimères’.»
Mais les parents du petit Manno n’étaient pas au bout de leurs peines après avoir vu assassiner leur fils. «Manno a un petit frère, poursuivait notre interlocuteur, et il vivait avec deux tantes, sa grand-mère et sa mère. Ils étaient 6 ou 7 à habiter dans une seule pièce, c’est clair que ce sont des gens réellement démunis et ce n’est pas la vente de ces quelques bonbons qui peut nourrir tous ces gens. Donc ils ne savent pas comment faire pour l’enterrement. D’abord aucune autorité n’a voulu faire ramasser le cadavre dans la rue… Ce sont les gens du quartier qui ont été obligés finalement d’aller voir une morgue privée le lendemain pour lever le corps…
Ces autorités de facto et ces secteurs réactionnaires de la presse sont les principaux responsables de ces massacres dans les quartiers populaires… La police tue beaucoup de gens, mais ce sont les militants Lavalas qui en portent la responsabilité. Ils nous qualifient de chimères; mais ils doivent savoir que ce qualificatif sied mieux à Latortue qui est un terroriste.»
Cette histoire se passe de commentaires pour illustrer la sauvagerie à laquelle ont recours les forces répressives indigènes et les militaires de la Minustah, qui sont, rappelons-le, patronnés principalement par des pays comme les Etats-Unis, la France et le Canada, dont le ministre des Affaires étrangères Pierre Pettigrew joue plutôt un rôle peu enviable au service des intérêts de l’Empire.