
Partis du Bel Air, des milliers de manifestants ont ensuite parcouru Delmas 2, Sans-Fil, la rue Saint-Martin, le boulevard Harry Truman, bifurqué à la rue de la Cité de l’exposition où se trouve l’ambassade nord-américaine
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Le 14 août dernier la Cellule de réflexion des organisations populaires base de Fanmi Lavalas a réédité une manifestation pacifique réunissant plusieurs milliers de personnes dans les rues de la capitale pour continuer à réclamer le retour à l’ordre constitutionnel et protester contre les arrestations arbitraires, les exécutions sommaires, les révocations des fonctionnaires publics présumés proches de Fanmi Lavalas, l’occupation du pays par des militaires étrangers etc. Manifestation aussi au Cap-Haïtien, seconde ville du pays, réunissant plusieurs milliers pour dénoncer la vie chère et les exactions des ex-militaires dans la ville.Quarante huit heures auparavant, le 12 août, les organisateurs à Port-au-Prince, avaient présenté une conférence de presse pour expliquer les tenants et aboutissants de la mobilisation lancée par les militants et partisans Lavalas peu après le kidnapping du président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide. Ils ont profité de la rencontre pour souligner l’importance que revêt la date du 14 août dans le cheminement vers la libération des esclaves: «14 août 1791 – 14 août 2004, cela fait 213 ans depuis qu’a eu lieu le rassemblement à Bois-Caïman des anciens esclaves sous les auspices de Boukman pour décider de la stratégie à adopter afin de briser les chaînes de l’esclavage. C’est cet extraordinaire rassemblement qui déboucha sur 1804. L’indépendance nationale n’était pas un cadeau des Blancs. Nos ancêtres versèrent beaucoup de sang pour l’obtenir. Deux cents ans après, nous avons entendu avec étonnement le gouvernement de facto annoncer qu’il va organiser une nouvelle célébration du bicentenaire de l’indépendance en dépit de la présence de l’occupant, foulant aux pieds ainsi l’honneur, le respect dû aux ancêtres tels que Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Henry Christophe, Capois La Mort, Pétion, Charlemagne Péralte. Pourtant cette initiative ne devrait pas nous étonner, nous savons que le gouvernement de facto est le produit du laboratoire du système impérialiste» a déclaré un porte-parole de la Cellule de réflexion. Avant le départ de la manifestation dans le quartier populaire du Bel Air, les participants s’étaient rassemblés devant l’église du Perpétuel Secours pour réaliser une cérémonie vodou symbolique. Partis du Bel Air, des milliers de manifestants ont ensuite parcouru Delmas 2, Sans-Fil, la rue Saint-Martin, le boulevard Harry Truman, bifurqué à la rue de la Cité de l’exposition où se trouve l’ambassade nord-américaine. A ce niveau, ils ont lancé des slogans à l’encontre de l’ambassadeur yankee James B. Foley. Les manifestants ont par ailleurs profité du mouvement pour se prononcer sur le «match de la paix» et fait savoir qu’ils n’y assisteront pas. Les militants ont poursuivi leur marche en longeant la rue des Casernes pour aboutir dans l’aire du Champ-de-Mars où ils ont pris la direction du Palais national. Là, ils ont critiqué vertement les autorités de facto les traitant de «collabos». Ils ont réclamé la libération sans condition de tous les cadres et militants Lavalas enfermés dans plusieurs centres carcéraux. Et finalement ils sont revenus sans incident à leur lieu de départ, au Bel Air. Outre cette manifestation, un autre groupe évalué à plus de deux mille personnes ont investi, le même jour, les rues de Port-au-Prince dans le but également de renouveler les revendications concernant la cessation des persécutions politiques, le retour physique du président Aristide et la désoccupation du pays. En fait ce second groupe venu de Cité Soleil devait fusionner avec le mouvement de la Cellule de réflexion, mais à cause d’un retard cela n’avait pas été possible. En résumé, la lutte continue et le peuple ne baisse pas les bras, malgré la répression exercée par les forces d’occupation et leurs sbires locaux.
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