
«Tous les policiers au grade d’agent seront augmentés de 60%. Tous les policiers d’encadrement intermédiaire, c’est-à-dire les inspecteurs et les commissaires, bénéficieront d’une augmentation de 50%. Finalement, ceux du commandement, c’est-à-dire au niveau de l’inspection générale et de la direction générale, auront une augmentation pareille à tout employé de la fonction publique, à savoir 33%.
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Les agents de la Police nationale (PNH) basés dans plusieurs commissariats à travers le pays, qui avaient projeté d’observer un arrêt de travail pour le lundi 16 août, afin d’exiger l’augmentation de salaire qui leur avait été formellement promise, et de meilleures conditions de travail, n’auront pas en définitive mis leur menace à exécution.
S’ils n’ont pas obtenu le 100 % attendu, les autorités de facto ont quand m ême accepté de les augmenter de 60 %. Le 12 août , le ministre de facto de la Justice et de la Sécurité publique Bernard Gousse a également fait savoir que des dispositions allaient être prises aussi pour l’amélioration de leurs conditions de travail. «Tous les policiers au grade d’agent seront augmentés de 60%. Tous les policiers d’encadrement intermédiaire, c’est-à-dire les inspecteurs et les commissaires, bénéficieront d’une augmentation de 50%. Finalement, ceux du commandement, c’est-à-dire au niveau de l’inspection générale et de la direction générale, auront une augmentation pareille à tout employé de la fonction publique, à savoir 33%. Ce n’est pas ce que nous souhaiterions accorder aux policiers, mais c’est ce que nous pouvons donner pour le moment» a indiqué Gousse. De plus, il a déclaré: «Nous allons faire en sorte pour que dans les commissariats et dans les casernes logeant le Swat et le Cimo, nous puissions avoir des cafétérias pour empêcher que les policiers sortent pour manger à leurs frais.». Le ministre ne négligeait pas non plus les autres aspects des revendications des policiers: attribution des grades, promotion, la famille de tout policier tombé dans le cadre de son travail percevra désormais son chèque son chèque, etc.
Le ministre de facto Gousse s’est même joint le 12 août à l’ambassadeur des Etats-Unis James B. Foley à l’Académie de police pour en rajouter sur les promesses. Dans ce cadre, en vertu d’un accord avec le représentant de Washington, outre les équipements promis à la PNH, le gouvernement des Etats-Unis faisait don de 6 millions de dollars à la PNH. En cette occasion, l’ambassadeur Foley s’est dit engagés à venir à la rescousse de la PNH. «Il n’y a pas de démocratie sans sécurité» a-t-il clamé d’un ton doctoral.
D’abord on peut voir que la menace de grève est désamorcée, mais à quel point toutes ces belles promesses seront-elles respectées? Il y a en effet loin de la coupe aux lèvres. Et il n’est pas dit que les policiers pourront survivre longtemps dans les conditions actuelles pour jouir de tous ces bienfaits. Car entre-temps, ils doivent faire la compétition aux anciens militaires, mieux armés et tolérés par la force d’occupation, et qui ne semblent pas vouloir leur céder la place. Cela vient de se vérifier encore une fois, comme nous le rapportons dans l’article en page couverture. En effet, parmi les policiers envoyés pour prendre en charge un commissariat à Morne-Cabri, plusieurs ont été maltraités et à la limite torturés par les ex-militaires. Inutile de dire que leurs confrères sont furieux, mais impuissants face à cette engeance, dont l’un des chefs, Louis-Jodel Chamblain vient justement d’être acquitté ce même 17 août de ses crimes par le tribunal, et de façon fort expéditive. Il est évident que la grande «compréhension» manifestée par l’ambassadeur yankee et le ministre de facto de la Justice à l’endroit des policiers cache un tout autre projet. Les policiers finiront-ils par demander à leurs supérieurs pourquoi veut-on à tout prix maintenir une force rivale à la PNH?