11 Août, 2004

August 11 2004

11 Out, 2004
Vol. 22 No. 22
Le CEP tenu en laisse!


De gauche à droite: François Benoit, Rosemond Pradel et Freud Jean. L’entente obtenue suite aux négociation entre les facilitateurs du Comité de suivi et les membres du CEP aura contribué sans doute à dissiper certains nuages pour permettre à la machine de fonctionner finalement plus ou moins en vue pouvoir entamer le processus électoral en question
Au terme de trois jours de discussions au siège du Conseil électoral provisoire (CEP) avec la médiation des membres dudit Comité de suivi de l’application de l’«accord du 4 avril 2004 sur la transition politique», les conseillers électoraux, qui s’affrontent publiquement depuis quelques jours pour contrôler certains postes, sont parvenus à trouver une entente pour éviter la paralysie totale de l’organisme. Conclu dans la matinée du vendredi 6 août, ce compromis prévoit entre autres: «un pacte de non agression verbale… La tenue de réunions statutaires hebdomadaires suivies de procès verbaux signés après sanction pour tous les membres présents à la réunion. Ils seront consignés dans un registre destiné à cet effet… Une commission indépendante composée de sept personnes, dont trois représentants du Comité de suivi de l’accord du 4 avril, quatre du CEP et deux experts internationaux, sera chargée de rédiger les nouveaux règlements internes. Elle devra se pencher sur la question de la rotation du bureau et du type de majorité à dégager pour leur adoption par le CEP. Les nominations temporaires des cadres seront reconsidérées et les postes seront ouverts à d’autres candidatures… Le Comité de suivi de l’accord de transition continuera d’accompagner le CEP dans son rôle de conciliation… Le gouvernement est invité à débloquer dans l’immédiat les fonds nécessaires à la mise en marche du processus électoral». Les signataires se sont entendus pour faire valoir que «les règlements internes du 30 mai 2001 (ceux régissant le précédent CEP de 2001) sont provisoirement adoptés en attendant l’élaboration de nouveaux règlements internes. Le délai imparti pour la présentation au CEP du projet des règlements internes ira jusqu’au 30 août 2004».

En outre, la veille de la conclusion de cet accord, la présidente du CEP, Roselaure Julien, et le groupe des cinq conseillers électoraux hostiles à celle-ci, comprenant François Benoit, Rosemond Pradel, Freud Jean, Josepha Gauthier et Pauris Jean Baptiste, avaient respectivement produit une note pour défendre leurs positions dans ce conflit. Rappelant qu’elle a accédé loyalement à la tête de l’organisme, Julien dit maintenir le cap vers l’accomplissement de sa mission qui est d’«organiser des élections transparentes, libres et démocratiques avec le concours de professionnels avisés et compétents». De leur côté, les membres du groupe des cinq ont préféré établir un bilan accablant de la présidence du Conseil. Ils ont évoqué des décisions arbitraires, des dénonciations et des médisances à l’actif de Roselaure Julien. En somme, c’était plus une guerre de tranchées qu’un désaccord technique.

L’entente obtenue suite aux négociation entre les facilitateurs du Comité de suivi et les membres du CEP aura contribué sans doute à dissiper certains nuages pour permettre à la machine de fonctionner finalement plus ou moins en vue pouvoir entamer le processus électoral en question. Mais si tous les protagonistes se sont empressés de se réjouir, qualifiant la conclusion de l’accord comme un pas positif vers la normalisation des relations entre les membres, cela ne s’est pas fait tout seul ni de leur propre gré. Ils ont crié un peu vite «victoire», mais il est évident que les vrais problèmes demeurent. Car les accusations portées mutuellement n’ont pas été effacées d’un trait de plume. Et plus impératif restent le contrôle du système informatique advenant le choix du vote électronique pour les élections et de la trésorerie. Les belligérants n’auraient fait donc que battre en retraite pour essayer de concocter d’autres astuces pour favoriser leurs secteurs respectifs.

Aucun règlement à l’amiable, en effet, ne pouvait intervenir entre eux, si ce n’était l’intervention du patron impérialiste qui ne tolérera aucune déviation dans son plan d’occupation du pays. Ce n’est pas par hasard évidemment qu’au sein de la «commission indépendante» mise sur pied par l’accord destinée à veiller au fonctionnement du CEP se retrouvent «deux experts internationaux». 

On doit s’attendre, quand même, à de nouveaux rebondissements dans le cadre de cette lutte engagée au sein de l’appareil électoral, qui est en quelque sorte le microcosme de celle que mènent généralement les représentants politiques de la bourgeoisie et ceux de la féodalité pour s’accaparer du pouvoir politique, une fois qu’ils pensent avoir éliminé le peuple.