
La présidente du Conseil Roselaure Julien: L’organisme chargé d’organiser des élections en principe démocratiques n’arrive même pas à respecter un simple vote à neuf voix en son sein!
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Deux mois seulement après son installation, le Conseil électoral provisoire (CEP) chargé de procéder à la préparation et la réalisation des élections en 2005 par le gouvernement de facto et la «communauté internationale» connaît des bouleversements pratiquement insurmontables. En effet, l’organisme est désormais divisé en deux groupes de conseillers qui se livrent une lutte pour le contrôle de certains postes clés pour la suite.Au fait, tout aurait commencé avec l’élection du représentant du secteur privé, François Benoit, au poste de trésorier. Alors que ce choix était appuyé par le secrétaire général, Rosemond Pradel, et les conseillers Freud Jean et Pauris Jean-Baptiste, un autre groupe composé de la présidente du Conseil Roselaure Julien, du vice-président Max Mathurin et du conseiller Patrick Fequière se positionnait en faveur du représentant de la Cour de cassation, Louis Gerson Richemé, lui aussi candidat au poste de trésorier. A ce moment, il fallait départager les deux groupes pour l’élection du trésorier. L’arrivée du neuvième membre, Josépha Raymond Gauthier, s’avérait donc précieuse pour l’exercice de la «démocratie» au sein du CEP. Mais son vote est allé à François Benoît, et le feu a été mis aux poudres. Une lutte ouverte a donc éclaté entre les deux camps, les perdants n’admettant le résultat du vote! Et loin de s’améliorer, la situation allait s’envenimer avec une lettre adressée au bureau du CEP par l’un de ses membres, le conseiller Patrick Féquière qui réclame l’ouverture d’une enquête autour de l’implication présumée de la conseillère Josépha Raymond Gauthier dans le trafic de stupéfiants. Véritable coup bas, puisque ceci avait été dénoncé avec le choix de cette dame, et Partick Féquière n’avait alors pas soufflé mot à ce sujet. Comptait-il garder cette présomption comme moyen de chantage sur Josépha Gauthier? Un autre conseiller de ce même groupe a exigé que Gauthier s’abstienne de prendre part aux activités de l’institution électorale jusqu’à la publication des conclusions de cette enquête. Pourtant cela n’aurait aucun effet puisqu’on se retrouverait au point de départ, soit 4 contre 4 pour le vote. Pour sa part, le secrétaire général Rosemond Pradel a tenté de minimiser le conflit, mais a dénoncé certaines pratiques «illégales». «Certains veulent faire des choses arbitraires, comme engager du personnel comme bon leur semble. Mais, nous élevons la voix pour dire non à ces pratiques. Il faut qu’on applique les règlements», a indiqué Pradel, en faisant référence à 43 recrutements qui auraient été faits par la présidente du CEP, Roselaure Julien, en dehors des normes administratives. En réponse, Roselaure Julien a fait savoir que ces accusations contre sa personne participent d’un plan concocté par certains secteurs dans l’objectif de l’écarter du CEP. Selon elle, ces secteurs ne souhaitent que l’éliminer afin de créer les conditions pour organiser des élections en faveur d’un secteur politique bien déterminé. «Je suis déterminée à œuvrer en faveur de l’organisation d’élections honnêtes et crédibles qui soient dans l’intérêt de toute la population et je ne lâcherai pas prise. Il y a des gens qui refusent de comprendre la nécessité de donner à ce CEP de consensus une couleur de transparence, de neutralité», a déclaré Julien au cours d’une conférence de presse le jeudi 29 juillet 2004. Pourtant ce n’est pas l’impression qui en ressort. Opinant sur la question, l’ancien colonel Himmler Rébu, également dirigeant du Groupe de réflexion sur Haïti (GREH), a fait remarquer: «Le vrai problème réside dans le fait qu’il y a des pressions énormes qui sont exercées contre la présidente du Conseil électoral provisoire depuis environ trois semaines pour la contraindre de démissionner et la remplacer par le troisième membre qui aura à modifier la machine électorale. Le vrai problème réside dans un combat pour le contrôle informatique.» Rébu ne croit pas si bien dire puisque des voix se sont effectivement élevées au niveau de certains secteurs, principalement au sein de la bourgeoisie, en faveur du système de vote électronique, pour éliminer potentiellement les choix des masses. Mais il y a mieux, les deux secteurs des classes dominantes voudraient maintenant s’exclure l’un l’autre. L’éclatement de ce conflit, sous un prétexte ou sous un autre, au sein de l’organisme électoral est d’ailleurs symptomatique de la lutte engagée par les deux ailes de la classe dominante, c’est-à-dire, la bourgeoisie et la féodalité représentée politiquement par le secteur macoute, en vue de s’accaparer du pouvoir politique. En ce sens, on devra s’attendre à de nouveaux rebondissements dans cette affaire, puisque traditionnellement ces deux secteurs ne ménagent guère leurs efforts quand il s’agit de préserver leur hégémonie en étalant leurs divisions au grand jour. Verra-t-on bientôt voler en éclats l’entente opportuniste macouto-bourgeoise ourdie contre le régime Lavalas ? À signaler incidemment que l’organisme chargé d’organiser des élections en principe démocratiques n’arrive même pas à respecter un simple vote à neuf voix en son sein!
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