4 Août, 2004

August 4, 2004

4 Out, 2004
Vol. 22 No. 21
Visite de Juan Gabriel Valdez:
de nouvelles consignes pour le désarmement?


Le nouveau chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah), l’ambassadeur chilien en Argentine Juan Gabriel Valdez, a mis un terme à une visite de cinq jours le mercredi 28 juillet dernier.

Le nouveau chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah), l’ambassadeur chilien en Argentine Juan Gabriel Valdez, a mis un terme à une visite de cinq jours le mercredi 28 juillet dernier. Une visite qui a été hautement médiatisée par la presse macouto-bourgeoise à la solde de la force d’occupation.

Nommé récemment par le secrétaire général des Nations unies Kofi Anan, Valdez a eu au cours de ce séjour «exploratoire» des entretiens avec les «représentants» des différents secteurs traditionnels, rencontrant le président et le Premier ministre de facto, respectivement Boniface Alexandre et le Premier Gérard Latortue, les membres du Conseil des sages et du Conseil électoral provisoire et leur a présenté un plan d’action concernant la «stabilisation du pays, la relance de l’économie nationale et le rétablissement d’un système politique». A cet effet, il a déclaré: «Il ne s’agit pas de notre appui à Haïti, de notre appui à la relance économique d’Haïti mais aussi à la façon pour nous d’aider le gouvernement à établir le contrôle de l’Etat dans tous les territoires du pays… Nous sommes aussi très contents que vous sachiez qu’au cours de sa visite le président chilien Ricardo Lagos Escobar a pu parler au Premier ministre et au président de la volonté du Chili de participer dans les travaux de coopération économique, de coopération sociale et coopération humanitaire.» Du blablabla, quoi, qui n’indique rien des véritables consignes qu’il aura transmises à Latortue. D’ailleurs son compatriote l’ambassadeur chilien en Haïti Marcel Young ne croyait pas si bien dire quand il déclarait il y a une dizaine de jours: «Nous n’avons pas d’intérêts économiques en Haïti, mais notre appartenance au conseil de sécurité de l’ONU nous oblige à prendre des responsabilités.» A n’en point douter, les troupes chiliennes sont déployées en Haïti sur ordre des Etats-Unis, et elles sont arrivées dans le pays presqu’en même temps que celles de Washington bien avant la Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah).

Lors d’une conférence de presse à Port-au-Prince, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Haïti a préconisé: «On doit lancer un dialogue national en Haïti sans exclusion en donnant à tous les Haïtiens la possibilité de participer au processus politique.» N’est-ce pas de la pure démagogie que de formuler des vœux pareils à un moment où les autorités de facto ne font que traquer les membres de Fanmi Lavalas et les sympathisants du retour à l’ordre constitutionnel?

Une délégation de Fanmi Lavalas dirigée par le président du Sénat Yvon Feuillé a cru pouvoir prendre au mot l’ambassadeur Valdez et a indiqué que son Parti est disposé à participer aux élections de 2005, déclarant: «Nous étions effectivement en tête de la délégation de Fanmi Lavalas qui a rencontré le nouveau représentant du secrétaire général de l’ONU en Haïti, nous avons réaffirmé la volonté de Fanmi Lavalas d’intégrer le processus électoral et nous lui avons démontré clairement les difficultés auxquelles font face les vrais responsables du Parti à travers les différents départements du pays…» A remarquer Feuillé n’a jamais dénoncé le kidnapping perpétré contre le président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide le 29 février. Au contraire, il essaie par tous les moyens d’entrer dans les bonnes grâces des forces de l’occupation. Il a rabaché les mêmes demandes en plaidant en faveur d’un environnement sécuritaire de telle sorte que l’organisation politique Fanmi Lavalas puisse jouir des mêmes droits que les autres partis. Cela fait longtemps pourtant qu’il aurait dû comprendre que Gérard Latortue et ses patrons se fichent royalement de ses plaintes, puisqu’à chaque occasion ils font incarcérer un cadre de Fanmi Lavalas. Feuillé veut-il s’accaparer du label «Lavalas» comme monnaie d’échange à sa promotion et donner crédit aux (s)élections en préparation par le régime de facto?

Au cours de son séjour, le nouveau chef de la Minustah, qui devrait retourner en Argentine pour mettre fin officiellement à sa fonction d’ambassadeur du Chili dans ce pays, avant son retour en Haïti le 16 août prochain, a dit souhaiter la création d’une commission nationale de désarmement de concert avec les autorités haïtiennes. Juan Gabriel Valdez a indiqué que le «plan stratégique» de désarmement, de démobilisation et de réinsertion serait efficace. «Il s’agit d’une résolution des Nations unies acceptée également par les autorités haïtiennes» a-t-il dit.

Toutefois, les militaires démobilisés et ex-rebelles ayant contribué à la mise en place des autorités de facto continuent de mettre au défi leurs «obligés» de les désarmer. Ils se sont déclarés déterminés à maintenir le statu quo et prêts à passer à la deuxième phase du mouvement «Grenn nan Bounda» (GNB) si elles persistent dans cette voie. Dans un communiqué le 8 juillet dernier, le Conseil supérieur de la police nationale (CSPN), présidé par le Premier ministre de facto Gérard Latortue n’avait-il pas retenu la mi-août comme date butoir pour démarrer le processus de désarmement de tous les groupes armés illégalement dans le pays? Juan Gabriel, qui devrait revenir assumer son poste en permanence en Haïti le 16 août lui aurait-il indiqué la procédure pour y parvenir?