
L’ancien chef rebelle Guy Philippe (à gauche) et l'ancien capitaine Ravix. Philippe est monté sur ses grands chevaux pour passer des ordres, en déclarant que ses camarades ne sont pas concernés par la campagne de désarmement qui doit, selon lui, commencer par les partis politiques de l’ancienne opposition au gouvernement constitutionnel renversé.
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Les ex-rebelles du Front ont une nouvelle fois désapprouvé la démarche des autorités putschistes les invitant à se défaire de leurs armes. Ces groupes qui se composent des militaires démobilisés, de macoutes, de tortionnaires et autres membres du groupe paramilitaire FRAPH, qui ont incendié des édifices publics et privés, libéré des criminels et des «dealers» de drogue et assassiné aussi bien des policiers que des citoyens ordinaires et qui constituent une menace constante pour la sécurité publique, se sont déclarés déterminés à maintenir le statu quo et ont menacé de passer à la deuxième phase du mouvement GNB (Grenn nan Bounda) si le gouvernement de facto persiste dans son projet de vouloir les désarmer. Dans son intervention à la Conférence des donateurs sur Haïti à Washington les 19 et 20 juillet derniers, le Premier ministre de facto Gérard Latortue, qui tenait à faire son spectacle auprès de ses tuteurs, avait réaffirmé son intention de désarmer tous les groupes ou individus détenant des armes illégales, à quelque secteur qu’ils appartiennent. Évidemment il s’agissait aussi d’une démonstration à l’usage de l’opinion internationale. De même qu’il indiquait que cela allait être fait avec l’aide de la Minustah. C’est bien possible, mais récemment encore on voyait un porte-parole militaire nord-américain affirmer que tel n’était pas le rôle de ses troupes. À tel point qu’on se demandait comment pouvait-il prétendre vouloir maintenir la stabilité et la sécurité avec ces groupes de bandits armés? Dans une note de presse du 8 juillet, le Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) précisait que cette opération serait effective d’ici le 15 septembre, et annonçait avoir reçu des rapports accablants sur les agissements des ex-rebelles du Front qui se substituent aux forces de l’ordre dans plusieurs régions, particulièrement dans le Nord, le Centre et l’Artibonite. Selon le CSPN, les militaires et les membres du Front sont coupables d’actes répréhensibles au regard de la Constitution, du Code d’instruction criminelle et des droits de l’Homme. Néanmoins, aucune mesure n’a été prise pour freiner leurs actions. Au contraire, le secteur macoute a pris un tournant décisif dans son mouvement au cours de ces derniers mois en opérant un rapprochement avec ces ex-rebelles. Dans bon nombre de commissariats des différentes régions du pays, les militaires démobilisés en compagnie de leurs acolytes se considèrent comme «maîtres et seigneurs», en jouant le rôle d’agents de la fonction publique, de la police et de la justice. Récemment, le 19 juillet, un groupe d’ex-militaires a libéré tous les détenus en garde à vue du commissariat de police de Mirebalais. L’incident s’est produit sous les yeux d’une délégation du ministère de facto de l’Intérieur qui était en visite dans la ville, lors des échauffourées entre anciens militaires qui occupaient ce poste avec des policiers en tenue. Ces derniers ont abandonné le commissariat suite à ce différend. Pour comble, l’ancien chef rebelle Guy Philippe est monté sur ses grands chevaux pour passer des ordres, en déclarant que ses camarades ne sont pas concernés par la campagne de désarmement qui doit, selon lui, commencer par les partis politiques de l’ancienne opposition au gouvernement constitutionnel renversé. Pour justifier ses «ordres», Guy Philippe a fustigé les autorités de facto et remis en question leur capacité d’assurer la sécurité de la population. Son complice, l’ancien capitaine Ravix l’a bien entendu approuvé et fait savoir que seuls les militaires démobilisés sont en mesure de faire face à la recrudescence des actes d’insécurité dans le pays. Ravix a dit déplorer que le régime du 29 février tente d’exclure les ex-militaires du processus de transition après la lutte armée qui l’a amené au pouvoir. De son côté, le porte-parole des militaires démobilisés, Joseph Jean-Baptiste a martelé sans scrupule que la principale priorité du gouvernement putschiste devrait être de verser aux militaires leurs supposés dix ans d’arriérés de salaires, arguant que l’armée a été dissoute de manière inconstitutionnelle. «Tout a été fait de manière inconstitutionnelle. Tout ce que nous attendons du gouvernement Latortue, c’est qu’il nous paie nos arriérés de salaire…» a-t-il dit. La Fondation 30 Septembre a dénoncé le comportement des anciens militaires en poste dans le Nord et l’Artibonite, qui s’amusent à procéder à des arrestations illégales et à la détention des citoyens dans des conditions horribles. «Ces ex-rebelles qui ont reçu la bénédiction du gouvernement Latortue se rendent coupables de violation flagrante des droits de l’homme en arrêtant arbitrairement les gens et en les incarcérant dans leurs propres prisons hors de tout contrôle policier et judiciaire», déclarait le porte-parole de la Fondation, Wilson Mésilien. Ce dernier a qualifié d’inacceptable cette situation et estimé que les organismes internationaux de défense des droits de l’homme devraient se pencher sur ce dossier. Même le Comité des avocats pour le respect des libertés individuelles (Carli) a dû exprimer ses vives préoccupations par l’attitude des militaires démobilisés, en lançant un appel aux autorités de facto à assumer leurs responsabilités face à cette situation. Au demeurant, une véritable anarchie règne dans le pays avec ces militaires armés qui imposent leur loi. Il faut dire aussi que ces individus jouissent de la tolérance des forces d’occupation, et qu et Guy Philippe et sa clique savent bien jusqu’où aller. C’est-à-dire tant que leurs patrons le voudront, qu’ils les jugeront utiles, et qu’ils ne feront pas planer sur lui la menace d’une interpellation par la DEA.
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