23 Juin, 2004

June 23, 2004

23 Jen, 2004
Vol. 22 No. 15

Ce que Washington et Paris veulent effectivement c’est d’écarter le plus possible les masses défavorisées dans le choix de leurs dirigeants. Et c’est justement la raison pour laquelle le pays a connu en moins de treize ans deux coups d’Etat suivis de deux occupations du sol national par des militaires étrangers.
En prévision des élections générales que compterait réaliser, suivant son programme, le gouvernement de facto l’année prochaine, des dispositifs sont en train d’être mis en place par la «communauté internationale», sous les auspices des Etats-Unis, conformément aux visées particulières de ces derniers. Deux missions d’«évaluation électorale», l’une de l’OEA et l’autre des Nations unies, conduites respectivement par Santiago Murray et Dong Nguyen ont récemment séjourné en Haïti. Au terme de sa mission de dix jours dans le pays, Nguyen a fait savoir le 17 juin que «ces entretiens ont permis de faire l’état des lieux dans le domaine de l’organisation des élections et d’explorer les modalités d’assistance technique de la communauté internationale. Le rôle des Nations unies consistera à assumer la responsabilité de l’assistance technique et la coordination de l’assistance bilatérale».



Les militants Lavalas ont fait remarquer qu’en dépit des manœuvres des présidents Bush et Chirac pour réduire le peuple haïtien à la misère la plus abjecte, ils ne reconnaissent qu’Aristide comme président d’Haïti. «Vive Aristide, vive Aristide, vive Aristide, George Bush n’a pas le droit d’écourter le mandat présidentiel d’Aristide...»
Environ 15 mille militants et sympathisants de l’organisation politique Fanmi Lavalas ont gagné le vendredi 18 juin pacifiquement les rues de Port-au-Prince pour réclamer le départ des autorités de facto et le retour au pays du président Jean-Bertrand Aristide. Dans le cadre d’un des plus vastes mouvements depuis l’occupation nord-américaine et française, les militants Lavalas ont une nouvelle fois dénoncé les arrestations arbitraires, le harcèlement et les persécutions contre des membres du parti Fanmi Lavalas organisés par le gouvernement de facto de concert avec les forces d’occupation du pays.