
Les militants Lavalas ont fait remarquer qu’en dépit des manœuvres des présidents Bush et Chirac pour réduire le peuple haïtien à la misère la plus abjecte, ils ne reconnaissent qu’Aristide comme président d’Haïti. «Vive Aristide, vive Aristide, vive Aristide, George Bush n’a pas le droit d’écourter le mandat présidentiel d’Aristide...»
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Environ 15 mille militants et sympathisants de l’organisation politique Fanmi Lavalas ont gagné le vendredi 18 juin pacifiquement les rues de Port-au-Prince pour réclamer le départ des autorités de facto et le retour au pays du président Jean-Bertrand Aristide. Dans le cadre d’un des plus vastes mouvements depuis l’occupation nord-américaine et française, les militants Lavalas ont une nouvelle fois dénoncé les arrestations arbitraires, le harcèlement et les persécutions contre des membres du parti Fanmi Lavalas organisés par le gouvernement de facto de concert avec les forces d’occupation du pays. Mise en branle vers les 10h 30 du matin devant l’église du Perpétuel Secours dans le quartier Bélair, la manifestation allait parcourir une grande partie de la région métropolitaine, en passant par Delmas 2, Solino, Sans Fil, Fort National, les rues Montalais, Capois et Lalue, pour se diriger vers le Palais national et revenir au Bélair, son point de départ. Tout au long du parcours, les manifestants lançaient différents propos repris en cœur contre les oppresseurs, comme par exemple: «Nous exigeons que le président nord-américain George W. Bush rapporte la décision du coup d’Etat qu’il a effectué sur notre président Aristide. Que l’on veuille ou non, Aristide doit retourner dans le pays pour accomplir le mandat que nous lui avons octroyé le 26 novembre 2000.» Les militants Lavalas ont fait remarquer qu’en dépit des manœuvres des présidents Bush et Chirac pour réduire le peuple haïtien à la misère la plus abjecte, ils ne reconnaissent qu’Aristide comme président d’Haïti. «Vive Aristide, vive Aristide, vive Aristide, George Bush n’a pas le droit d’écourter le mandat présidentiel d’Aristide…», scandaient-ils. «Nous réclamons dans un bref délai le départ de Gérard Latortue qui est un résident de la Floride. Un officiel nord-américain était clair au cours de la visite à Port-au-Prince quand il avait déclaré avoir été invité par un résident de la Floride. Gérard Latortue est tombé sous le coup de l’article 151 de la Constitution qui stipule clairement que tout Haïtien désireux d’occuper un poste gouvernemental ne doit jamais renoncer à sa nationalité et doit vivre cinq ans consécutifs dans le pays… Le pouvoir de Gérard Latortue est illégitime.» Ils ont aussi estimé absurde que les hauts cadres de Fanmi Lavalas veuillent intégrer le Conseil électoral provisoire dans le contexte actuel marqué selon eux par des arrestations illégales, des poursuites politiques et une vague de révocations massives des partisans du Parti dans l’administration publique. En effet, pas plus loin que le 31 mai dernier, près de mille personnes, particulièrement des membres et proches de Fanmi Lavalas, ont été licenciées sans aucun motif tant à la Téléco qu’au Palais national. Même le petit personnel du Palais n’a pas été épargné par cette mesure arbitraire des autorités putschistes. Les manifestants en ont profité pour dénoncer une fois encore l’arrestation brutale et illégale de Annette Auguste alias «Sò Ann» dans la nuit du 9 mai par des soldats nord-américains de la force d’occupation. Ils ont exigé son élargissement sans délai et sans condition ainsi que celui de tous les militants séquestrés sous de fallacieux prétextes. La sécurité de la manifestation, était assurée par des policiers de la circulation, des agents du CIMO et du Swat team accompagnés de soldats de la force multinationale. Cette manifestation qui s’est déroulée sans incidents démontre clairement la détermination des militants de base de lutter contre l’inacceptable, contre le coup d’Etat et le kidnapping du 29 février 2004, contre l’occupation du pays par les impérialistes et contre la répression flagrante du mouvement populaire; contrairement à certains cadres Lavalas qui ont participé à la mise en place des autorités de facto. Remarquons qu’à aucun moment, ces derniers n’ont dénoncé le kidnapping du président Aristide. En un mot, ce sont des gens sans convictions ni principes qui n’hésiteraient pas à intégrer le CEP si les dirigeants de facto leur offrent des garanties substantielles. Ainsi, les militants de base doivent rester mobilisés en défendant leurs principes et en refusant de participer aux futures élections frauduleuses (voir l’article au haut de la page couverture) jusqu’à la victoire finale.
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