
Le président Aristide, a appelé les Etats-Unis, la France et les Nations unies à engager la voie du dialogue...D’ailleurs un tel dialogue est-il encore possible entre la victime et le bourreau qui n’en est pas à son premier coup?
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Au terme de la 34ème Assemblée générale de l’Organisation des Etats américains (OEA) tenue à Quito en Equateur du 6 au 8 juin dernier, les ministres des Affaires étrangères des Etats membres ont adopté une résolution par laquelle, succombant aux pressions de Washington, ils reconnaissent d’une certaine manière les autorités de facto placées au pouvoir en Haïti quelques jours après l’enlèvement et l’exil forcé du président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide, qui bénéficie encore du soutien des dirigeants de la Communauté caribéenne (CARICOM). «Dans sa résolution (AG/Res. 2059), la 34ème Assemblée Générale de l’Organisation des Etats américains (OEA) demande au gouvernement de transition de mettre en place les conditions nécessaires pour la tenue d’élections libres, justes et démocratiques aussitôt que possible, en conformité avec la Charte démocratique interaméricaine» indique une note de presse de la Mission spéciale de l’OEA pour le renforcement de la démocratie en Haïti. Cependant, cette résolution adoptée suite à celle présentée par la Caricom, invoque l’article 20 de la Charte démocratique et exige qu’une enquête soit diligentée autour des circonstances qui ont entouré le départ du pouvoir du président Aristide. En fait, celui-ci a soutenu en maintes occasions après les événements du 29 février qu’il avait été forcé manu militari par des soldats nord-américains de monter à bord d’un avion envoyé par les Etats-Unis pour le conduire en exil. Or, l’Article 20 en question de la Charte démocratique permet aux Etats membres de l’OEA de faire une investigation en cas d’une altération de l’ordre constitutionnel qui affecte sérieusement l’ordre démocratique d’un Etat membre. C’est justement le sens de la démarche des dirigeants de la Caricom, qui sont au nombre de 15 au sein de l’OEA, et qui réclament une enquête sur les événements du 29 février, en soutenant que le départ forcé du président Aristide constitue une « atteinte à l’ordre constitutionnel ». De fait, la Caricom s’est toujours affichée contre le régime de facto imposé au peuple haïtien du Premier ministre Gérard Latortue, dont elle ne reconnaît toujours pas la légitimité, en dépit de cette résolution complaisante de Quito adoptée par l’Assemblée générale de l’OEA. Néanmoins, il faut reconnaître que cette résolution aura été le fruit de fortes tractations et manipulations menées par les Etats-Unis pour contraindre la Caricom à baisser pavillon dans sa lutte pour faire la lumière autour du départ du président Aristide. «Si le départ d’Aristide était inconstitutionnel, comment peut-on avoir un gouvernement en place qui est constitutionnel et légal ? Tout le monde s’est mis d’accord que nous devons aller de l’avant en aidant le gouvernement transitoire», a dit l’ambassadeur des Etats-Unis à l’OEA, John Maisto qui croit que ses finasseries arriveront à convaincre. Malgré la déconvenue essuyée par la Caricom à travers cette résolution pour le moins équivoque, l’Assemblée générale de l’OEA semble avoir voulu ménager la chèvre et le chou. Néanmoins, les dirigeants de la Caricom s’en tiennent à leurs positions initiales et refusent de se soumettre aux diktats des puissances néo-colonialistes en acceptant l’inacceptable. Récemment, le président Aristide, a appelé les Etats-Unis, la France et les Nations unies à engager la voie du dialogue, mais toute réponse de ces derniers ne serait qu’un moyen pour chercher à gagner du temps et à amener l’acceptation du fait accompli. D’ailleurs un tel dialogue est-il encore possible entre la victime et le bourreau qui n’en est pas à son premier coup? Par ailleurs la stratégie qui consiste à vouloir jouer au chat et à la souris avec l’impérialisme ne peut que permettre à ce dernier de s’en tirer et à faire oublier ses méfaits et ses crimes qu’il, l’impérialisme, n’en finit pas de perpétrer à travers le monde.
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