
A Petit-Goâve, des citoyens de la zone ont expliqué la force de ce banditisme par l’action des détenus criminels libérés après le 29 février par les anciens rebelles de l’ex-commissaire Guy Philippe (à gauche) et du sanguinaire Louis Jodel Chamblain
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Les autorités policières ont annoncé le mercredi 9 juin dernier la poursuite de leur campagne contre le banditisme dans le pays. Elles ont fait état de l’arrestation d’une trentaine de bandits dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine entre le 4 et le 6 juin. Pourtant, cette proclamation est loin d’avoir fait ralentir l’insécurité qui s’est même intensifiée en quelque sorte à la grandeur du pays. Vols, viols, assassinats, kidnappings sont devenus le lot quotidien des habitants des zones rurales et semi-rurales qui ne font plus seulement face au banditisme courant mais à la terreur des bandes des ex-militaires qui avaient été utilisés pour faire pression et renverser le gouvernement constitutionnel. À Tabarre, dans la région métropolitaine, des individus lourdement armés ont le 4 juin mis à sac deux maisons et abusé sexuellement plusieurs femmes, dont une adolescente de 13 ans. Selon l’une des victimes toutes les femmes dans les deux domiciles ont été violées à l’exception d’une femme enceinte. «Il est temps que les responsables mettent un frein à la fureur de ces individus car nous n’en pouvons plus», a indiqué l’une des victimes dont le mari avait été ligoté. Il en est de même à Petit-Goâve, et les déclarations des autorités de facto ne se traduisent point par des actions concrètes. Des citoyens de la zone ont expliqué la force de ce banditisme par l’action des détenus criminels libérés après le 29 février par les anciens rebelles de l’ex-commissaire Guy Philippe et du sanguinaire Louis Jodel Chamblain. Les assises criminelles pourraient d’ailleurs ne pas se tenir à Petit-Goâve, à la suite de l’évasion des prisonniers par le truchement des rebelles en février dernier, autrement dit par manque de prisonniers! Au moins une personne a été assassinée et un commerçant nommé Riquet Jacques blessée par balles aux Gonaïves dans la nuit du vendredi 4 juin. Les habitants ont là en core dénoncé la passivité du gouvernement de facto. Ils ont rappelé l’assassinat de huit personnes rien que pour le mois de mai. A remarquer que dans la matinée du lundi 31 mai dernier, six personnes ont été blessées par balles et une maison a été incendiée aux Gonaïves, suite à l’intervention musclée des membres de la force multinationale qui s’était mise à tirer à tort et à travers sous prétexte de vouloir rétablir l’ordre public lors d’une échauffourée. Dans le Plateau Central, le coordonnateur de Fanmi Lavalas, Clénord Souverain, a fait part de l’enlèvement de sa sœur par un nommé Edouard Casimir oeuvrant à la solde des militaires démobilisés. Clénord Souverain a fait remarquer que Casimir est l’auteur de plusieurs crimes à Pernales dont les assassinats du policier Patrick Samedi et de l’ex-maire Amongue Lema. Souverain a lancé un appel au gouvernement Latortue, l’invitant à mettre un terme aux persécutions contre toute personne soupçonnée de sympathie pour le mouvement Lavalas. En fin de compte, comme on peut le constater, le gouvernement de facto ne fait véritablement rien contre l’insécurité et la facilite plutôt, puisque ce sont ses alliés, les ex-militaires et d’anciens membres du Fraph qui forment les principaux groupes organisés pour se livrer systématiquement et impunément à toutes sortes d’exactions contre la population. Quant à la force multinationale d’occupation, son porte-parole le militaire nord-américain David Lapan, qui faisait le bilan de son action, n’a-t-il pas déclaré que c’était le travail de la police?
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