
Les organisations populaires proches de Fanmi Lavalas et des patriotes ont organisé une manifestation dans les rues de Port-au-Prince ce mardi 18 mai pour dénoncer l’occupation du pays...
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18 mai 1803 - 18 mai 2004, cela fait 201 ans que les héros de l’Indépendance s’étaient unis à l’Arcahaie pour hisser le bicolore haïtien, symbole de leur volonté d’abolir définitivement l’esclavage et de fonder un Etat libre, indépendant et souverain, débarrassé des colons. Malheureusement aujourd’hui, en pleine année de commémoration du bicentenaire de cette Indépendance, et en ce jour anniversaire du 18 mai 1803, le territoire national est souillé par les bottes néocoloniales venues pour instaurer une nouvelle occupation militaire étrangère. En effet, depuis les évènements du 29 février dernier, au cours desquels le président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide avait été kidnappé et exilé de force par des soldats des Etats-Unis, ces derniers et le gouvernement français maintiennent leurs troupes dans le pays. Comme le faisait remarquer Patrick Elie, un militant de droits humains, «c’est une aberration de vouloir célébrer le 201e anniversaire de la création du drapeau national alors que le pays est sous occupation en pleine année du bicentenaire de son indépendance. Le pays connaît actuellement la pire humiliation depuis son indépendance.» Le peuple haïtien n’a point voulu baisser les bras face à la soldatesque et à leurs complices indigènes et a tenu à le leur montrer en ces circonstances. Les organisations populaires proches de Fanmi Lavalas et des patriotes ont organisé une manifestation dans les rues de Port-au-Prince ce mardi 18 mai pour dénoncer l’occupation du pays, réclamer le retour à la normalité constitutionnelle, c’est-à-dire le retour du président Aristide au pouvoir pour compléter son mandat. Ils étaient des milliers arborant des t-shirts à l’effigie du président Aristide, malgré la présence nombreuse des forces de répression. En effet, celles-ci n’ont eu aucune retenue face à cette manifestation pacifique qu’elle a empêché de progresser pour rejondre les quartiers populaires où l’attendaient d’autres manifestants. La police appuyée par des chars blindés et un hélicoptère de la force multinationale d’occupation tirait plusieurs rafales d’armes automatiques pour briser le rassemblement populaire. Malgré tout, aux cris de « Vive Aristide» et «à bas les occupants », la foule se regroupait en plusieurs occasions, mais des tirs de plus en plus nourris en venait à bout pour la forcer à se disperser. Car on comptait déjà plusieurs blessés et la mort d’un jeune homme de 23 ans, Titus Simson, touché à la tête par des projectiles, sans compter les arrestations de nombreux passants et manifestants opérées par les policiers. Il est évident que les autorités de facto vont à tout prix tenter de masquer l’opposition populaire à leur endroit de même qu’envers les forces d’occupation. La veille encore de la manif, l’inspecteur général Jean Yonel Trécil prétendait que la Police n’avait pas été notifiée d’une quelconque manifestation. Cependant, les organisateurs sont en possession de l’accusé de réception d’une lettre adressée en date du 10 mai 2004 au directeur général de la Police nationale (PNH) Léon Charles, dans laquelle ils lui annonçaient la tenue de cette manifestation pacifique pour le 18 mai et lui demandaient de leur procurer la sécurité nécessaire pour son bon déroulement. En lieu et place, Léon Charles et ses tuteurs n’ont eu qu’un seul réflexe, préparer l’appareil de répression pour les dissuader. Ils n’y sont pas parvenus, et une fois encore le peuple haïtien vient de démontrer que 201 ans après, le 18 mai 1803 demeure un symbole vivant de la lutte contre le néo-colonialisme et l’impérialisme.
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