5 Mai, 2004

May 5, 2004

5 Me, 2004
Vol. 22 No. 8

L’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, James B. Foley, (à gauche) a eu tout le loisir de pavoiser, d’admonester et de donner ses directives dans un discours le mardi 27 avril dernier au Karibe Convention Center...Ces envolées n’étaient destinées qu’à servir de préambule pour glisser son véritable message: «Lavalas doit occuper sa place au sein du Conseil électoral provisoire…»

Devant une assistance composée de membres du secteur privé, de leaders de partis politiques et de certains officiels du gouvernement de facto, l’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, James B. Foley, a eu tout le loisir de pavoiser, d’admonester et de donner ses directives dans un discours le mardi 27 avril dernier au Karibe Convention Center. Cette rencontre au «sommet» avait été convoquée par la Chambre haïtiano-américaine de commerce (Hamcham) où chaque participant devait débourser 50 dollars US pour venir l’écouter. Devoir payer pour se faire insulter, il faut le faire! Il est vrai que la plupart ne faisaient en cette occasion que rendre une portion infinitésimale des subventions reçues précédemment pour la déstabilisation du gouvernement constitutionnel. En effet, dès le début, l’ambassadeur Foley fustigeait le comportement des élites haïtiennes, tant économiques que politiques, qui selon lui sont responsables de l’état catastrophique dans lequel patauge le pays.


A l’occasion de ce Premier Mai, qui ramène également la journée de l’Agriculture, les autorités de facto ont voulu opter pour «la tradition» en organisant, pour tenter d’imiter le gouvernement constitutionnel, une foire agro-artisanale au Champ-de-Mars dans la capitale.

Ce Premier Mai 2004 ramenait la Journée internationale des Travailleurs. Cela fait donc exactement 114 ans depuis que cette date a été retenue pour commémorer l’anniversaire. de ce 1er mai 1890, quand les dirigeants de la Deuxième Internationale décidèrent de dédier le premier jour du mois de mai aux ouvriers du monde en hommage aux centaines de milliers de travailleurs, dont 80.000 à Chicago, qui avaient manifesté quatre ans plus tôt, aux Etats-Unis pour dénoncer leurs conditions de travail et exiger la journée de travail de huit heures. Trois jours après cette grande mobilisation du 3 janvier 1886, des violences inouïes allaient être exercées contre les ouvriers à Chicago après que ceux-ci, au nombre d’un millier, eurent organisé une manifestation devant les locaux de l’usine Formik Harvester pour exiger leur réintégration au sein de l’entreprise. Mais c’est à partir de 1917, après le triomphe de la Révolution soviétique que cette célébration se généralisait.