21 Avril, 2004

April 21, 2004

21 Avril, 2004
Vol. 22 No. 6

De gauche à droite René Méroné (Téléco), Lionel Isaac (Autorité Aéroportuaire National), Roland Chavannes (Immigration) Des échantillons des discours de circonstance des «nominés» tendraient à donner l’image d’improvisation qui a présidé aux choix des dirigeants de facto

Le gouvernement de facto de Gérard Latortue a mis du temps pour procéder à la nomination des directeurs généraux dans l’administration publique. Il a fallu attendre près d’un mois pour connaître les noms de ceux qui ont eu droit à ces «faveurs». Pour expliquer ce retard le ministre sans portefeuille et porte-parole Robert Ulysse a déclaré que «l’attente de la nomination des directeurs généraux a été aussi longue en raison notamment des consultations très importantes qui devaient s’effectuer entre le président, le Premier ministre et les ministres concernés ». Tâche ardue s’il en est que d’identifier les plus méritants, de respecter les promesses faites aux protégés respectifs des ministres et aussi donner un os à ronger aux différents partis de l’«ex-opposition».

Aussi s’il faut prêter foi à Robert Ulysse ces «longues consultations» ont finalement abouti. Sur la liste présentée par Ulysse le 7 avril on trouve: Ronald Joseph (No 2 du KID d’Evans Paul) à la Direction générale de l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA). Le lendemain 8 avril, Gérard Latortue et son ministre des Finances Henry Bazin ont installé Frantz Richard et Robert Joseph à la tête de la Direction générale des impôts (DGI) respectivement comme directeur général et directeur général adjoint. Quatre jours plus tard, ce fut le tour de Evens Jean-Charles de prendre fonction à la direction générale de l’Autorité portuaire nationale (APN) en présence de Gérard Latortue et Henry Bazin.

Des échantillons des discours de circonstance des «nominés» tendraient à donner l’image d’improvisation qui a présidé aux choix des dirigeants de facto. En effet, on a pu remarquer que constamment, de l’un à l’autre, revenait le thème de combat contre la «corruption» comme pour éloigner le démon qui ronge l’orateur lui-même. Evans Charles, lui, aura voulu sans doute, en plus, se mettre à l’ordre du jour en clamant: «Haïti doit se mettre en règle avec les mesures internationales pour combattre le terrorisme sinon le port de Port-au-Prince ne servira qu’au cabotage.» Rien de bien précis, des envolées où la grandiloquence faisait corps avec la médiocrité et le vide, tel Jean Frantz Richard qui s’est écrié: «Aucun sacrifice n’est trop grand pour la sauvegarde de la patrie. Comme vous le savez monsieur le Premier ministre, les recettes budgétaires proviennent de trois grandes services: recettes fiscales, emprunts et dons. Les deux dernières sources étant bloquées il ne nous reste que les recettes fiscales qui représentent 35% du budget national. Dès lors, on comprend la nécessité de renforcer le rôle de la fiscalité en vue de l’obligation et la participation des citoyens à la couverture des dépenses…» S’il faut le prendre au mot, on espère en conséquence qu’il trouvera moyens de contraindre les bourgeois à s’acquitter de leurs redevances fiscales? Quant à l’aide internationale, il ferait mieux de ne pas parler de ce qui ne le regarde pas, car même son Premier ministre Gérard Latortue n’ose souffler mot là-dessus, de peur de mécontenter ses tuteurs...

Le 14 avril, c’était au tour de René Méroné d’être placé à la tête de la compagnie nationale des télécommunications (Téléco). Il restait encore à nommer le nouveau directeur de l’EDH.

Comme on peut le voir, les cérémonies d’investiture occupent beaucoup plus de place qu’une action réelle de la part des autorités en place. Que Gérard Latortue trouve le temps de se balader continuellement pour présider des cérémonies d’investiture, on devine qu’il n’a pas grand-chose à faire d’autre que d’attendre les ordres des occupants étrangers. Il ne semble y avoir aucune urgence, comme la capitale et les principales villes de province qui sont maintenant plongées dans l’obscurité la plus totale à la tombée de la nuit; une situation encore pire que le rationnement drastique qui existait avant le coup d’État. Rappelons que la première tentative du gouvernement de facto de pallier à cet état des choses n’aura donné lieu qu’à un scandale de corruption au sein même du Palais national consistant en la surfacturation du combustible par les fournisseurs qui devaient évidemment remettre le trop perçu à ceux qui avaient pris curieusement à leur compte l’initiative de la commande qui est la prérogative de la direction de la compagnie d’électricité.

Liste partielle des membres du gouvernement de facto, et des nouveaux hauts fonctionnaires et dirigeants des entreprises publiques

Suite au coup d’État, une commission tripartite formée de Paul Denis (Convergence Démocratique), Leslie Voltaire (Fanmi Lavalas) et Adama Guindo (Communauté internationale) a d’abord été appointée pour désigner les membres d’un



Conseil des sages:
Lamartine Clermont – Eglise Catholique
Paul Emile Simon – Fanmi Lavalas
Anne-Marie Issa – Secteur privé
Danielle Magloire – Droits Humains
Ariel Henry – Convergence démocratique
Marc Donald Jean – Eglise Episcopale
Christian Rousseau – Université d’Etat d’Haïti

Président :
Alexandre Boniface, 29 février prestation serment, 8 mars entrée en fonction

Premier ministre :
Gérard Latortue, 9 mars désignation, 12 mars installation

Ministres : 17 mars 2004 (investiture)
Yvon Siméon - Affaires étrangères, Cultes et Haïtiens vivant à l’étranger
Bernard Gousse – Justice et Sécurité publique
Hérard Abraham – Intérieur et Collectivités territoriales et Sécurité nationale
Henry Bazin – Economie et Finances
Roland Pierre – Plan, Environnement et Coopération externe
Philippe Mathieu – Agriculture, Ressources naturelles et Développement rural
Danielle Saint-Lot – Commerce, Industrie et Tourisme
Josette Bijoux – Santé publique
Pierre Buteau – Education nationale
Pierre Claude Calixte – Affaires sociales
Adeline Magloire Chancy – Condition féminine
Robert Ulysse – Ministre sans portefeuille

Secrétaire d’Etat
Georges Lemercie – Finances
Magalie Comeau Denis – Culture et Communication
Frantz Léandre – Jeunesse, Sport et Éducation civique
Alix Baptiste – Haïtiens vivant à l’étranger
Yves André Wainwright – Environnement

Police Nationale
Léon Charles – Directeur général
Patrick René – Inspecteur général
St Godin Germain – Directeur central police administratif
Lisius Michaël – Directeur police judiciaire

Directeur départemental
Artibonite – Joseph Bloncket
Nord – Renan Etienne
Nord’ouest – Jean Thomas Nelson
Centre – Nazaire Noël

Nouveau Conseil BRH
Raymond Magloire – Gouverneur
Philippe W. Lahens – Vice-gouverneur
Castel Charles – Directeur général
Georges Henry Fils – Membre
Remy Montas – Membre

Administration publiques
DGI – Frantz Richard remplace John Emmanuel Desroches
APN – Evens Charles remplace Fritz Aristilde
AAN – Lionel Isaac remplace Adler Edmeo
Douane – Edouard Valès Jean Laurent remplace Jacques Valentin
PNH – Léon Charles remplace Jocelyne Pierre
Téléco – René Méroné remplace Inevil Alphonse
ONA – Ronald Joseph remplace Joseph Olive Francklin
Immigration – Roland Chavannes remplace Jeanne B. Pierre
Bureau des mines – Dieuseul Anglade
Affaires Sociales – Jn Yves Georges
EPPLS – Alphonse Pascal
OFATMA – Alex Larsen
Tourisme – Pierre Jean Félix
Justice et Sécurité publique – Jadotte Max
Condition féminine et Droits de la femme – Myrna Narcisse Théodore
Intérieur et Sécurité nationale – Wiener Cadet
CONATEL – Jean Michel Boisrond