
Privert est d’autant plus coupable pour Apaid que c’est lui qui avait établi le dossier de l’homme d’affaires indiquant que ce dernier était citoyen des États-Unis et qu’il avait contrevenu à la loi de plusieurs façons...
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L’ex-ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Jocelerme Privert, a été arrêté dans la nuit, le mardi 6 avril vers les deux heures du matin. Il aurait été sous le coup d’un mandat d’arrêt émis contre lui depuis le 25 mars, a prétendu après coup le ministre de facto de la Justice Bernard Gousse, pour son implication présumée dans le «massacre» dans le quartier de La Scierie à Saint-Marc, survenu au début du mois de février dernier. Sans en venir tout de suite au motif de cette interpellation, cette arrestation effectuée pendant la nuit est illégale et contraire à la Loi qui spécifie que les arrestations ne peuvent se faire qu’entre 6 heures du matin et six heures du soir. D’autant plus que Privert n’était pas en fuite ni n’avait pris le maquis puisqu’il a été interpellé dans sa maison gardée par des militaires étrangers de la force multinationale. La porte-parole de l’ambassade des États-Unis Mara Tekach-Bell a évidemment voulu réfuter cette dernière affirmation. De son côté, le nouveau porte-parole de la Police nationale (PNH) Max Isaac a indiqué que des matériels important avaient été confisqués à son domicile. Une saisie dont la nature n’a point été révélée pourtant! le commissaire Isaac s’est contenté de confirmer que l’arrestation de Jocelerme Privert faisait suite à un mandat d’arrêt émis contre lui par le juge d’instruction de Saint-Marc dans le cadre de l’enquête du massacre de La Scierie perpétré entre le 11 et le 13 février par des membres d’une organisation populaires pro-Lavalas dénommée «Bale Wouze» contre ceux du «Rassemblement des militants conséquents de Saint-Marc» (Ramicos). Cependant, en fait de massacre, les preuves tardent à venir. Car quelques jours avant les événements en question, ce sont les membres de Ramicos qui avaient pris le contrôle du commissariat de police de Saint-Marc et libéré tous les détenus avant de s’en prendre à d’autres édifices publics de la ville dans leur lutte pour renverser le gouvernement constitutionnel. Bien entendu, le ministre de la Justice de l’Occupation, Bernard Gousse a immédiatement abondé dans le même sens que le commissaire Isaac, en déclarant que «Nul n’ignore que la clameur publique a accusé Jocelerme Privert de plusieurs choses, toutefois, ce dernier a été arrêté en vertu du mandat d’arrêt émis contre lui par le Juge d’instruction de Saint-Marc» et ce, a-t-il ajouté «dans le cadre de sa participation aux événements de La Scierie. Des événements que personne n’arrive à décrire. Aucun rapport n’a pu établir le nombre de morts de ce «génocide» comme avait prétendu Pierre Espérance de la Coalition nationale pour défendre les droits des Haïtiens (NCHR); non plus les noms des victimes. Pierre Espérance, lui-même, qui voudrait faire du «procès de La Scierie» un exemple, n’a pu que répéter inlassablement et à toutes les questions sur les ondes de Radio Solidarité qu’il y avait eu «cinquante victimes... Oui, 50... 50...», et ce à n’en plus finir. Il n’y a d’ailleurs que la NCHR qui clame ce nombre en se basant sur les présomptions de Pierre Espérance qui veut son procès, télécommandé sans doute. D’autres organismes ont parlé de cinq décès au total au cours d’une confrontation, et parmi les victimes il peut tout aussi bien se trouver des membres de «Bale Wouze». S’il y a eu « massacre» ou «génocide» comme le proclamait Pierre Espérance, les gens de Ramicos qu’on avait vu à l’oeuvre les jours précédents devraient être tout aussi bien appréhendés. En outre, non satisfaits de voir emprisonnés le ministre du gouvernement constitutionnel Jocelerme Privert et le député Amanus Mayette, les dirigeants de Ramicos et leurs tuteurs de facto s’enhardissent pour exiger aussi l’arrestation de l’ex-Premier ministre Yvon Neptune qu’ils accusent d’avoir ordonné le «massacre» de leurs membres. Au fait, depuis le départ en exil du président Aristide le 29 février dernier, ces derniers se comportent en maîtres et seigneurs dans la ville de Saint-Marc, lynchant et incendiant les sympathisants Lavalas ou jugés tels qu’ils trouvent sur leur chemin. Sans doute est-ce là le marché qu’ils offrent au ministre de facto Bernard Gousse: ou on leur donne les têtes de Amanus Mayette, de Jocelerme Privert et d’Yvon Neptune ou ils poursuivent leurs exactions? À titre d’exemple de leur puissance, bien que nommé par le nouveau pouvoir et muni de sa lettre de promotion, Riswick Baugé n’a pas pu être installé comme nouveau commissaire du gouvernement de Saint-Marc le 7 avril en raison d’une manifestation orchestrée par les membres du Ramicos qui ont formellement réclamé le droit de consultation avant toute nomination. Baugé a été contraint de se mettre à l’abri avant la cérémonie d’installation. En outre, c’est à croire que l’ordre d’arrestation de Jocelerme Privert venait de haut, puisque le chef du Groupe des «184» André Apaid, éminence grise du gouvernement de facto aura trouvé nécessaire de manifester sa joie sinon son triomphe en criant: «J’estime que c’est un grand pas et j’espère que le dossiers qui sont en train d’être préparés par le ministère et le commissaire du gouvernement vont permettre de faire la lumière sur toute une série de choses qui permettront à notre pays de prendre clairement le message que les activités de ce genre qui violent les droits humains et qui guident de jeunes garçons et de jeunes filles dans des activités de corruption et des activités inacceptables.. » André Apaid a déjà prononcé le verdict bien avant le procès, il ne restera plus à la «Justice» qu’à s’exécuter! Et pour comble Apaid se défendait de «vouloir donner l’impression de participer à une chasse aux sorcières, mais les responsabilités de M. Privert, disait-il, sont indiscutables sur beaucoup de choses qui sont arrivés dans le pays»... Privert est d’autant plus coupable pour Apaid que c’est lui qui avait établi le dossier de l’homme d’affaires indiquant que ce dernier était citoyen des États-Unis et qu’il avait contrevenu à la loi de plusieurs façons: d’abord comme étranger qui semait des troubles dans le pays, ensuite qu’il n’avait plus renouvelé son permis de séjour et n’avait pas encore obtenu la citoyenneté haïtienne.
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