
Partie dans la matinée du quartier populaire de Bel-Air, la manifestation de ce 11 mars a parcouru plusieurs rues du centre-ville avant de se diriger vers le Palais national
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Plusieurs milliers de partisans et de sympathisants de Fanmi Lavalas ont manifesté dans les rues de Port-au-Prince le 11 mars pour réclamer le retour au pays du président Jean-Bertrand Aristide. Les manifestants qui portaient des t-shirts et des parasols à l’effigie d’Aristide, ont déjà investi les rues de la capitale au moins cinq fois depuis le 29 février pour dénoncer «le kidnapping» du chef de l’Etat et pour exprimer leur volonté de rester mobilisés jusqu’à la satisfaction de leur revendication. Partie dans la matinée du quartier populaire de Bel-Air, la manifestation de ce 11 mars a parcouru plusieurs rues du centre-ville avant de se diriger vers le Palais national. Tout au long du parcours, les manifestants ont dénoncé «l’opposition» et la communauté internationale, spécialement les États-Unis. «Pourquoi en Europe il n’y a jamais eu de coup d’Etat alors qu’en Amérique où se trouve la plus grande puissance mondiale, les coups d’Etat sont monnaie courante. Nous exigeons des éclaircissements sur les circonstances du départ de notre président le 29 février», ont-ils scandé. Ils se sont également déclarés indignés par les tueries et scènes de pillages commis par le bras armé de l’opposition qui a opéré et opèrent encore dans plusieurs localités du pays pour nous amener à une occupation étrangère. «Que l’on veuille ou non, Aristide doit retourner dans le pays pour accomplir son mandat constitutionnel, sinon... Vive Aristide, à bas toute occupation étrangère... Aristide yes, terrorisme no», ont-ils ajouté, brandissant les cinq doigts de la main en référence aux 5 ans du mandat d’Aristide. Quant aux accusations portées contre eux selon lesquelles ils auraient été impliqués dans les violences qui ont fait au moins 5 morts dimanche 7 mars lors d’une manifestation de la Plate-forme pour soi-disant dire merci à tous ceux qui ont contribué au renversement du président Aristide, les manifestants ont fait savoir que ces crimes ont été commis par les hommes de Guy Philippe, chef des «insurgés» dans le but de créer une justification pour la répression des masses populaires. S’approchant du Palais national devant lequel ils voulaient passer, les manifestants ont été dispersés par des policiers qui les ont aspergés de gaz lacrymogènes et tiré en l’air des rafales. Deux manifestants ont été blessés par les balles. Luc Wench, l’un des organisateurs de cette marche, a annoncé que le secteur populaire s’opposera à tout gouvernement tant que le président Aristide ne sera pas revenu au pays pour terminer son mandat. Et c’est à tous les niveaux que s’organise cette résistance contre les usurpateurs et leurs patrons. Dans le Xe Département, des manifestations ont lieu pour réclamer le respect de la légalité constitutionnelle et pour dénoncer l’occupation et le complot qui a été manigancé pour parvenir à ce but. À Montréal par exemple, tous les samedis èa partir de midi se tient une marche qui après un arrêt devant le consulat des États-Unis se rend devant celui de la France, pour clamer ces mêmes revendications.De son côté, Gilbert Collard, l’avocat français du président Aristide doit déposer une plainte contre l’actuel ambassadeur français en Haïti et son prédécesseur, la sœur du ministre français des Affaires Etrangères Dominique de Villepin et l’écrivain Régis Debray, pour complicité d’enlèvement. Le Parti populaire national (PPN) a aussi dénoncé ce kidnapping, ce coup d’Etat «nouvelle version» perpétré par la communauté internationale, principalement les Etats-Unis, contre le président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide. Au cours d’une conférence de presse le 11 mars, l’un des membres du bureau politique du PPN, Georges Honorat, a critiqué sévèrement l’attitude des leaders de la Plate-forme Démocratique qui, disait-il, ont agi contre toutes les normes de la Constitution de 1987, en favorisant une nouvelle occupation de l’impérialisme en Haïti. Il a également condamné les nombreux massacres orchestrés par le bras armé de «l’opposition» dans diverses villes du pays, particulièrement au Cap-Haïtien, où l’on a retrouvé un container jeté à l’eau avec des cadavres. De nombreuses autres exactions ont été commises par des bandits à la solde de l’opposition et par les forces d’occupation dans beaucoup dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, comme à Delmas 67 où les militaires étrangers ont criblé de balles une maison abritant de jeunes personnes, garçons et filles dans la nuit du 9 mars, de même que les fouilles suivies d’exécutions dans le quartier de Bel-Air dans la nuit du 11 et 12 mars. Le Parti populaire national a appelé les masses populaires à s’organiser pour renforcer la résistance contre l’occupation, et à être vigilantes pour ne pas se laisser massacrer par les occupants et leurs sbires et supplétifs locaux.
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