
Le Parti Populaire National appelle le secteur populaire à s’organiser afin de barrer la route à cette nouvelle occupation étrangère qui met en péril notre souveraineté de peuple ainsi que la situation des masses défavorisées
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Au cours d’une conférence de presse te nue le vendredi 12 mars 2004, le Parti Populaire National (PPN) représenté par Georges Honorat, membre du bureau politique s’est prononcé sur la situation politique haïtienne qui s’est particulièrement détériorée avec le départ forcé du pouvoir du président constitutionnel Jean Bertrand Aristide le 29 février écoulé.D’entrée de jeu, le PPN a vivement critiqué les circonstances dans lesquelles le chef de l’Etat a été contraint de laisser son poste et quitter le pays. Selon le parti, des militaires nord-américains, présents au pays quelques jours auparavant pour présumément protéger les intérêts de leur pays, ont exercé manu militari des pressions sur Aristide pour le forcer à rédiger sa lettre de démission. «C’est un acte de kidnapping que les Etats-Unis et la France ont perpétré contre le chef de l’Etat. C’est d’autant plus pour cela qu’on l’a conduit jusqu’en Centre Afrique où se trouve une base militaire française ce n’est que grâce à son téléphone portable qu’il a pu dénoncer ce qui s’était réellement passé. La preuve en est qu’une délégation en provenance des Etats-Unis qui souhaitait le rencontrer était catégoriquement interdite de parvenir à cette fin. Donc, si ce n’est pas du kidnapping, comment peut-on qualifier une telle situation ? Car, si un président décide sciemment de démissionner du pouvoir, pourquoi serait-il contraint de garder le silence ? Ainsi, pour le PPN, une fois de plus, il s’agit d’un coup d’Etat et d’un kidnapping contre un chef d’Etat qui n’est inscrit nulle part dans la charte fondamentale de 1987. C’est la raison qui explique que le président Aristide a annoncé qu’il va poursuivre le combat pour terminer son mandat», a déclaré Georges Honorat, qui en a profité par ailleurs pour critiquer le secteur bourgeois du parti Fanmi Lavalas, représenté par l’ancien ministre Leslie Voltaire qui s’associe aux tractations politiques de la réaction en participant notamment à la commission tripartite formée à l’initiative de l’impérialisme nord-américain et destinée à écarter définitivement les masses populaires de la scène politique.
D’autre part, le PPN a dénoncé le fait que les vendus regroupés au sein de la Plate-forme des secteurs de la «société civile» et des partis de l’«opposition» aient pratiquement applaudi cette nouvelle intervention militaire opérée sur le sol haïtien par la France et les Etats-Unis, surtout au cours de cette année 2004 où nous sommes en train de célébrer le Bicentenaire de l’indépendance de notre pays. «Bien entendu, l’«opposition», l’alliance macouto-bourgeoise, a applaudi l’action des puissances étrangères. Rappelons que les éléments regroupés soit dans le groupe des «184» soit dans la Convergence plaidaient constamment dans la presse en faveur de toute intervention qui pourrait aider à l’éviction du président Aristide du pouvoir. Donc, une fois de plus, de même qu’en 1915, la bourgeoisie a invité à ses patrons de venir occuper le pays pour maintenir les masses populaires dans l’isolement. Car, selon la bourgeoisie, les masses défavorisées ne doivent pas choisir les leaders qui sont appelés à diriger le pays. Nous avons entendu pratiquement les gens de la Plate-forme répéter après leurs patrons, que le président Aristide avait démissionné. Au sein du PPN, nous disons que c’est un grossier mensonge et personne ne saurait nous prouver le contraire», ajoute Honorat.
Par ailleurs, celui-ci a précisé que ce sont actuellement les Etats-Unis qui tiennent le grand rôle sur la scène politique en Haïti, en utilisant simplement les politicards de l’«opposition» macouto-bourgeoise comme de vulgaires pions pour mieux mener leurs opérations visant notamment à imposer au pays la politique néo-libérale. «C’est pratiquement l’impérialisme nord-américain qui prend tout en main et qui mène le jeu. Tout le processus qui a conduit à la commission tripartite et au conseil des «sages» n’implique que des conzés et des collabos. Car, d’aucuns peuvent s’apercevoir que le seul programme de l’élite de la Plate-forme ne consistait qu’à obtenir le départ d’Aristide. Ils n’ont aucune vision pour le pays, sinon après 200 ans ils ne laisseraient pas les masses défavorisées vivre dans ces conditions affreuses et misérables jusqu’à les qualifier de chimères. Cette élite est d’autant plus méprisable que l’ex-ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, Brian Dean Curran l’avait pratiquement mise sur la sellette à l’hôtel Caribe en la qualifiant de trafiquants de drogue et de contrebandiers. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui, de même qu’à l’époque de l’occupation de 1915, où on nous avait imposé Lescot en provenance de Washington, les Etats-Unis sont allés déterrer à Miami Gérard Latortue, un conzé, pour être Premier ministre et un président de doublure de Boniface Alexandre, de façon à ce que le plan néo-libéral puisse poursuivre son cours», a déclaré ensuite Georges Honorat, qui a dénoncé du coup les massacres perpétrés à travers le pays par le bras armé de l’«opposition», surtout au Cap-Haïtien où récemment un container bourré de cadavres a été retrouvé dans la ville. Il a également dénoncé la répression que les occupants, notamment la France et les Etats-Unis, exercent contre la population des quartiers populaires où ils chercheraient à perpétrer des massacres.
Finalement, le Parti Populaire National appelle le secteur populaire à s’organiser afin de barrer la route à cette nouvelle occupation étrangère qui met en péril notre souveraineté de peuple ainsi que la situation des masses défavorisées. En ce sens, les responsables du PPN appellent au renforcement de la résistance en vue de rééditer les exploits de 1803 et 1804.