
Le président de la Cour de cassation Boniface Alexandre a été «assermenté» comme président intérimaire de la République...
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Tout devrait baigner dans l’huile pour «l’opposition» qui aura finalement abouti à ses fins en obtenant de ses tuteurs le départ forcé du président Aristide. Le président de la Cour de cassation Boniface Alexandre a été «assermenté» comme président intérimaire de la République, il ne resterait plus aux membres des différents secteurs à s’entendre; ce qui ne devrait pas leur causer des soucis, puisqu’ils ont dû avoir tout le temps d’y penser et de se concerter.
Malheureusement tel ne semble pas être le cas. La montagne tarde à accoucher de la souris. Et pour cause, car de nouveaux acteurs entrent en jeu tandis que d’autres commencent à éprouver des frustrations après avoir trop lontemps attendu pour satisfaire leurs ambitions. Ainsi le chef de l’OPL et l’un des principaux membres de la Convergence chantant sur les ondes au cours d’une interview à Magic Stereo le 2 mars que pour lui, le départ du président Aristide, «c’est la victoire de l’unité», ce n’est point l’impression qui se dégage actuellement de la scène. Cela a plutôt l’air d’une complainte pour ne pas être mis de côté. Il rappelait qu’il avait été «un ouvrier de la première heure», mais ses alliés de la veille vont-ils en tenir compte pour lui faire une petite place? Il peut bien s’accrocher à une unité désormais impossible entre trop de conspirateurs, car «l’opposition» fait place maintenant à des opposants qui n’ont plus le président Aristide pour s’opposer, et doivent s’opposer les uns aux autres.
Par exemple son collègue au sein de la Convergence, Evans Paul, a des fourmis aux jambes, il ne sait plus s’il doit suivre André Apaid à la trace ou bien s’accrocher à Guy Philippe. Pierre-Charles compte bien peu pour lui à présent. Ce dernier qui, après avoir joué des pieds et des mains pour qu’une intervention étrangère lui ouvre les portes du pouvoir qu’il ne peut gagner par les urnes, fait semblant de se lamenter: «Pour moi, dit Pierre-Charles, nous n’avons pas de patrie, le Blanc est venu et il va en profiter pour rester.» N’est-ce pas ce qu’il voulait? S’en plaindrait-il que personne ne le croirait. Cela ne l’empêche pas de continuer à fabuler pour dire que ce n’est pas un coup d’État…
En fin de compte, même s’ils ont tenu une rencontre conjointe, les acteurs se regardent désormais en chiens de faïence… Guy Philippe et son groupe de «rebelles» entendent aussi être conviés au festin. Qui pourra les en dissuader? De toutes façons, pourquoi pas?, car personne n’aura jusqu’à présent présenté un programme quelconque. La chance au coureur?
Mais ce n’est pas aussi simple, car les lignes de division historiques reprennent la priorité. L’oligarchie a son «programme», la bourgeoisie la sienne, et les serviteurs respectifs des deux camps n’ont qu’à attendre l’appel d’offres de leurs patrons. Et si le patron décidait de se servir lui-même, certains comme Gérard Pierre-Charles risquent de rester sur la touche, tout en étant des «ouvriers de la première heure? Les premiers seront les derniers, pourrait-on augurer et les opportunistes n’en finiront pas de frapper à toutes les portes. Car déjà les propositions pour un Premier ministre sont sur la table, et personne n’aura encore pensé à l’OPL! André Apaid a le sien, le CLED aussi, et deux autres secteurs. Mais aucune entente ne serait encore possible. L’entente préalable a déjà volé en éclats, car un autre larron arrivé avec ses fusils n’entend pas être laissé de côté. Mais il n’était pas attendu et plusieurs se rebiffent de devoir le convier au festin.
Sur ce, intervient l’ambassadeur des Etats-Unis qui a son propre programme, qu’il compte imposer à ceux qui ont dû s’en remettre à lui pour réussir le coup d’État. Mais ce n’est pas aussi simple que de réussir un coup de force pour renverser un gouvernement constitutionnel.
Entre-temps, le peuple observe, et attend de voir jusqu’où veulent aller les «vainqueurs» du jour qui pensent qu’en piétinant leur choix aux urnes ils parviendront à fouler aux pieds éternellement ses revendications.