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| La délégation, s’est rendue au Palais national pour remettre au Chef de l’Etat cette proposition, dans laquelle il est prévu la nomination d’un nouveau Premier ministre indépendant jouissant de la confiance de tous les secteurs... |
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Une importante délégation de la « communauté internationale » a débarqué le samedi 21 février 2004 à l’Aéroport international Toussaint Louverture à Port-au-Prince. L’objectif de sa mission est de faire une nouvelle proposition aux principaux protagonistes de la crise politique haïtienne, dans un contexte où des groupes armés, que revendiquent leur appartenance à l’«opposition » macouto-bourgeoise, s’emparent violemment de plusieurs régions du pays pour précipiter le départ du président Jean Bertrand Aristide.
En effet, la délégation, composée entre autres du ministre canadien à la francophonie, Denis Coderre, du sous-secrétaire d’Etat nord-américain pour l’Amérique Latine, Roger Noriega, de l’ambassadeur de France en Haïti, Thierry Burkard, et du ministre des Affaires étrangères des Bahamas, Fred Mitchell, représentant de la Caricom, s’est rendue au Palais national pour remettre au Chef de l’Etat cette proposition, dans laquelle il est prévu la nomination d’un nouveau Premier ministre indépendant jouissant de la confiance de tous les secteurs qui assumerait des pouvoirs relevant jusqu’ici du président.
Toutefois, le représentant du Canada, Denis Coderre, a précisé que la démarche de la Communauté internationale ne viserait pas à violer la Constitution haïtienne en chassant le chef de l’Etat du pouvoir. « Nous voulons respecter la Constitution haïtienne et de ce fait, il n’a jamais été question pour nous de chercher à évincer un président démocratiquement élu. L’essentiel pour nous, c’est de ramener la paix et la démocratie en Haïti », a-t-il déclaré.
Dans une conférence de presse présentée en marge de son entretien avec les émissaires internationaux, le président Jean Bertrand Aristide a fait savoir qu’il a répondu positivement aux points contenus dans la proposition soumise à son attention par la délégation étrangère, arguant qu’il est prêt à faire des concessions pour favoriser une issue pacifique à la grave crise que connaît actuellement le pays. Il a invité en outre les dirigeants de la Plate-forme des secteurs de l’«opposition » et de la «société civile » à emboîter aussi le pas pour permettre au pays de sortir de l’impasse.
Cependant, il a semblé que ce nième appel au dialogue du chef de l’Etat restera une fois de plus lettre morte, puisque l’«opposition » macouto-bourgeoise qui rencontrait ce même 21 février les membres de la délégation internationale, a d’entrée de jeu opposé son refus au plan d’action de l’international, en dépit du fait qu’on leur avait accordé un délai jusqu’au lundi 23 février pour donner une réponse définitive au document. « Tout plan de sortie de crise doit inclure la question du départ de Jean Bertrand Aristide », vociférant Paul Denis de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) et de la Convergence « démocratique ».
C’est donc sans surprise que les dirigeants de la Plate-forme « démocratique » ont annoncé dans une conférence de presse dans la matinée du lundi 23 février leur rejet de la proposition de sortie de crise concoctée par la délégation internationale. En effet, après avoir dénoncé les autorités Lavalas, particulièrement le chef de l’Etat, qui serait responsable du climat de violence sévissant à travers le pays et tenté de dissocier leur mouvement politique de celui des insurgés qui sèment le deuil dans plusieurs départements du pays, les responsables de la Plate-forme démocratique ont présenté à leur tour un document baptisé « Proposition alternative au plan d’action de l’international », préconisant entre autres la démission du Chef de l’Etat d’ici le 18 mars prochain et la mise sur pied d’un conseil de sages.
Voici les principaux points de cette « contre-proposition » de l’«opposition», fixant des dates précises pour son application. : « 24 février : libération par le pouvoir des prisonniers politiques et des personnes qui ont en leur faveur des décisions de justice ; 28 février : établissement d’un conseil de sages de 9 membres par différents secteurs de la société dont la Convergence, la Conférence Episcopale d’Haïti, la Fanmi Lavalas, le Conseil de l’Université d’Etat d’Haïti, etc… Ce conseil aura à désigner un Premier Ministre parmi trois personnalités proposées par la Plate-forme. 10 mars : Installation du Conseil des sages ; 11 mars : Appel du nouveau gouvernement à la fin des hostilités ; 11 mars : le gouvernement s’engage à respecter les différents engagements pris auprès de la communauté internationale ; 17 mars : Le premier ministre de concert avec le Conseil des sages nomme les hauts cadres de la PNH ; 18 mars : le Premier ministre reçoit la démission du chef de l’Etat ».
On ne pouvait guère s’attendre à d’autres scénarios, puisque l’«opposition » macouto-bourgeoise ne peut se payer le luxe de prendre le contre-pied de son bras armé oeuvrant dans le Nord du pays en acceptant de cohabiter avec le président Jean Bertrand Aristide au pouvoir. Par conséquent, on devra s’attendre à une intensification de la violence et des actes de terrorisme dans les prochains jours, pour fournir des prétextes aux tuteurs internationaux d’intervenir militairement pour concrétiser ce coup d’Etat en faveur de ses conspirations.
A ce stade, la population haïtienne doit définitivement assumer ses responsabilités historiques, pour empêcher ses anciens bourreaux de reprendre les rênes du pouvoir politique, en se mobilisant avec les moyens du bord. Car, on ne saurait tolérer, en pleine année de célébration du Bicentenaire de notre Indépendance, que les secteurs réactionnaires fassent reculer la marche de l’Histoire.
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