La marche pacifique du dimanche 15 février de la Plate-forme Démocratique avait démarré avec environ 300 personnes sur la place Boyer en guise de la place Saint-Pierre, à Pétion ville comme il avait été convenu la veille entre les autorités policières et les organisateurs. En outre, arrivés à Delmas 40B, les manifestants se sont divisés en deux groupes, où une poignée d’extrémistes tenait à tout prix d’emprunter la ruelle Nazon en passant devant la Télévision nationale (TNH) qu’ils avaient déjà attaquée lors de précédentes manifestations.
Le putschiste André Apaid, principal leader de la Plate-forme Démocratique se trouvait dépassé par sa petite troupe dont certains membres dictaient quelle voie emprunter. D’ailleurs, pour tenter de se disculper, André Apaid a prétendu que ce sont les membres d’organisations populaires proches du pouvoir qui ont infiltré sa manifestation et manœuvré, tandis que son pied droit Hervé Saintilus de la Fédération des étudiants universitaires haïtiens (FEUH) et d’autres membres des 184 étaient à la tête de ce groupe criant: «Adieu les marches pacifiques avec Aristide, nous descendons Delmas, si Aristide a de la force qu’il aille aux Gonaïves… » Des slogans qui démontrent clairement leurs affinités avec les terroristes des Gonaïves. Depuis le 5 février, ces derniers ont pris en otage la population des Gonaïves, assassiné des dizaines de personnes, pillé des résidences et incendié le commissariat facilitant l’évasion des prisonniers notamment des criminels, des trafiquants de drogue.
Finalement, André Apaid qui attendait en vain le retour des manifestants pour poursuivre la marche s’est résigné à parcourir la route de Delmas 40B avec une centaine de personnes. Quant aux autres, ils ont investi l’autoroute de Delmas, érigé des barricades de pneus enflammés dans le voisinage de la CAMEP; lancés des pierres et paralysés pendant un bon bout de temps la circulation. Les agents de la police ont dû lancer des gaz lacrymogènes pour les faire partir. A Delmas 62, ces provocateurs ont criblé de pierres deux véhicules dont l’un avec un bébé de 2 ans en compagnie de ses parents. Véritable démonstration de pacifisme à la mode d’André Apaid?
Somme toute, en dépit des mesures prises par la police pour éviter les débordements, les provocateurs ont tenu à semer le désordre et ils ne s’en cachaient pas.