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| De gauche a droite Bill Graham, ministre des Affaires étrangères du Canada; Colin Powell Secrétaire d'Etat des Etats-Unis; et César Gaviria, secrétaire général de l'OEA. «Nous n’accepterons aucune issue qui se traduirait par un départ illégal du président élu d’Haïti. Ce que nous attendons du président Aristide maintenant, ce sont des actes et pas seulement des paroles de soutien» déclarait Colin Powell |
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Comme annoncé, une rencontre à la quelle prenait part les ministres des affaires étrangères du Canada et de certains pays de la Caraïbe faisant partie de la Caricom ainsi que le Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Colin Powell, a été organisée à Washington le vendredi 13 février sur la Haïti. Au terme de cette réunion, à laquelle assistait également le secrétaire général de l’OEA, César Gaviria, toutes les parties ont affirmé leur soutien à la proposition de sortie de crise soumise récemment au Président Jean Bertrand Aristide par la Caricom. «Nous n’accepterons aucune issue qui se traduirait par un départ illégal du président élu d’Haïti. Ce que nous attendons du président Aristide maintenant, ce sont des actes et pas seulement des paroles de soutien» déclarait Colin Powell qui ajoutait : « Il n’y a pas de plan pour une intervention militaire ou tout autre forme d’intervention.» Il n’a cependant fait aucune allusion au sujet des nombreux actes de violence perpétrés à travers le pays par «l’opposition» et les groupes terroristes aux Gonaïves.
Deux jours plus tôt, soit le 11 février, la Maison-Blanche avait également ménagé «l’opposition» aux dépens du gouvernement Lavalas qu’elle rendait pratiquement responsable du non-respect des droits humains. «Nous sommes extrêmement concernés par la vague de violence qui se répand à travers Haïti, et nous regrettons profondément la perte de vies humaines. Nous appelons le gouvernement à respecter les droits, notamment les droits humains des citoyens et résidents haïtiens» indiquait le porte-parole Scott McClellan.
En effet, à bien analyser l’attitude de certains secteurs de la « Communauté internationale » dans le contexte actuel, on peut facilement voir qu’ils feignent de dénoncer la violence en Haïti alors qu’ils prennent soigneusement le soin d’accuser uniquement le pouvoir Lavalas, comme le principal responsable de la détérioration du climat politique en observant en outre le mutisme à propos des vrais instigateurs de cette situation. Récemment encore, de fait, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie condamnait «énergiquement le recours à la violence par des bandes armées et les exactions commises à l’encontre des populations civiles», sans préciser pourtant que ces «bandes armées» luttent pour le renversement des autorités constitutionnelles et en faveur de «l’opposition».
Parallèlement, cette campagne orchestrée par des milieux internationaux visant ouvertement à préparer l’opinion à une intervention militaire poursuit son chemin, et ceci n’en déplaise au secrétaire d’Etat Colin Powell qui tente, pour la galerie, d’écarter ce projet. En effet, dans cette optique, la France, le Canada et les Etats-Unis continuent d’exhorter leurs ressortissants à éviter de se rendre en Haïti, si ce n’est pour des raisons professionnelles, à cause du climat de violence qui s’étend, selon eux, à travers le pays. Pourtant, de son côté, le gouvernement cubain a ordonné à ses ressortissants, travaillant dans le cadre de la coopération haïtiano-cubaine, de rester à leur poste afin de continuer à aider la population. De plus, on apprend que les Etats-Unis se tiennent prêts à recevoir à leur base de Guantanamo à Cuba, 50.000 réfugiés en provenance d’Haïti. En ce sens, des organisations non gouvernementales auraient déjà été contactées par le Département d’Etat des Etats-Unis pour gérer ce programme.
D’autre part, les Nations unies tirent la sonnette d’alarme sur une éventuelle crise humanitaire que pourrait connaître le pays si des convois de nourriture ne sont pas immédiatement acheminés dans la région du Nord, autour de Port-de-Paix, du Cap-Haïtien et de Fort-Liberté. «Ce dont les humanitaires ont besoin actuellement, c’est de l’accès au Nord… » a expliqué le porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires de l’ONU à Genève, Elisabeth Byres.
Par ailleurs, cette façon de présenter la situation en Haïti, qui ne correspond pas tout à fait à la réalité sur le terrain dans la mesure où l’on sait que nous ne sommes pas encore arrivés dans la situation où des convois humanitaires sont bloqués par des groupes rebelles comme cela se passe dans d’autres pays. Tout compte fait, les tractations en cours ne doivent pas servir à démobiliser les masses populaires qui doivent être davantage aux aguets face au complot des forces réactionnaires qui peut prendre des formes variées.
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