11 Fevrier,  2004

February 11, 2004

11 Fevrye,  2004

Vol. 21 No. 48
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Aux Gonaïves, des actes de violence ont continué sans répit: à gauche, le commissariat de police incendié, tandis qu’à droite des bandits vandalisent un des vehicules de la PNH.

Des terroristes lourdement armés à la solde de «l’opposition», parmi lesquels l’un des chefs Jean Tatoune, un repris de justice évadé qui avait été condamné à perpétuité pour sa participation au massacre de Raboteau, et d’anciens militaires haïtiens en provenance de la République dominicaine ont attaqué le commissariat Toussaint-Louverture des Gonaïves. Le communiqué #1 de la Direction générale de la Police nationale en fait le compte rendu suivant le 7 février: «Jeudi 5 février 2004, des individus lourdement armés faisant partie d`une association dénommée «Front de résistance de Raboteau» accompagnés d`autres bandits venus de l`autre côté de la frontière ont attaqué le commissariat central des Gonaïves avec des fusils d`assaut et des grenades à fragmentation. Ils ont tué plusieurs personnes au sein de la population civile, et même de vaillants policiers … Ils ont libéré des prisonniers, parmi lesquels de dangereux criminels, trafiquants de drogue... Ils ont pillé, brûlé des voitures, des maisons privées… et incendié le commissariat des Gonaïves… »

S’il n’y avait que cela, ce qui est déjà beaucoup, mais c’est qu’en outre des stations de «l`opposition» telles que Radio Métropole, Vision 2000, Kiskeya, Caraïbes, Ibo ont mis leurs antennes à la disposition de Winter Étienne, l’un des chefs terroristes aux Gonaïves, pour prêcher la violence et pour se vanter des crimes et des dégats comme le fait d’avoir incendié l’hôtel appartenant à l’ex-maire Stephen Topa Moïse ainsi que la résidence privée de ce dernier.

Entre-temps la police prenait des dispositions pour aller ramener l’ordre aux Gonaïves. Et le 7 février, des agents de la PNH se rendaient sur les lieux. Le lendemain de ce jour le porte-parole de la Police Bruce Myrtil qui sur les ondes de Radio Solidarité en compagnie du Premier ministre Yvon Neptune indiquait: «… Les forces spéciales de la Police nationale se sont rendus le samedi 7 février aux Gonaïves pour arrêter les criminels… Quand ces derniers ont appris qu`on avait investi les lieux, ils ont attaqué le commissariat et se sont servis des gens de la population comme bouclier. Pour éviter un bain de sang, les policiers ont battu en retraite… Suivant un bilan provisoire il y a un mort parmi les policiers du «Swat Team», Duckens Guistinvil et quelques blessés. Malgré ces actions terroristes la Police nationale est toujours présente dans le département de l`Artibonite, spécialement aux Gonaïves… »

Mais ce n’était malheureusement pas tout. Car ce même 7 février un autre groupe membre de «l`opposition» dénommé «RAMICOSM» saccageait le commissariat de Saint-Marc, puis aux douanes où ils ont brûlé des conteneurs, etc. Des razzias ont aussi été effectués dans les commissariats de Saint-Raphaël, Grand-Goâve, Trou-du-Nord et chez différents responsables de Fanmi Lavalas.

Depuis le début de ces derniers événements, le 5 février, les stations du Groupe des «184» d’André Apaid Jr ont commencé à susciter une véritable psychose de peur dans la population. Par exemple un correspondant de Radio Ibo, donnait la parole à Winter Etienne sur les antennes d’une station du Sud du pays pour permettre à celui-ci de prétendre se trouver proche de la ville des Cayes et qu’il allait l’investir. Du bluff, car les Gonaïves se trouvent à plus de 400 km des Cayes…

En fait, à part les Gonaïves, les terroristes ne sont pas tellement installés ailleurs, et c’est à l’aide d’une propagande mensongère intense que «l`opposition» tente de créer la panique. Le secrétaire d’État à la Communication Mario Dupuy faisait bien remarquer aux «Mardis de la presse» du 10 février: «Ces journalistes se comportent comme des attachés de presse des terroristes, ils font de la désinformation, ils mentent effrontément comme ils l`avaient fait le 1er janvier … Nous profitons pour lancer un appel aux responsables des médias, parce que si après le gros mensonge du 1e janvier 2004 des sanctions avaient été prises contre ces attachés de presse de ces mouvements terroristes aux Gonaïves, ils n`auraient pas pu continuer… » Le secrétaire d’État doit bien se rendre compte que ce sont justement ces propriétaires de médias qui sont eux-mêmes les alliés des terroristes. Si ces patrons de médias n’autorisaient pas les journalistes à faire de la désinformation, ces derniers en auraient-ils eu le droit? Des mesures sévères conformément à la loi, et la loi existe en l’occurrence, doivent être prises. Autrement ils vont continuer à faire la même chose, à semer de fausses rumeurs pour créer la panique et déstabiliser le gouvernement. Le gouvernement ne pourra pas continuer pour sa part à fuir ses responsabilités en les laissant faire. De même qu’au niveau international il faut une diplomatie plus active pour contrecarrer le mensonge dans la presse internationale. Prenons par exemple des agences comme AFP, AP, Reuters, etc., ce sont les messages de Winter Etienne qui y passent. Cette presse fait partie intégrante de la déstabilisation. Elle s’occupe à ternir l’image du gouvernement constitutionnnel et n’a rien dit sur les grandes manifestations du 7 février en faveur du gouvernement constitutionnel à Port-au-Prince, à Jacmel, au Borgne, au Cap-Haïtien, etc.

Pour en revenir à l’action diplomatique, que font nos diplomates en poste à l’étranger qui jamais ne prennent la plume pour démentir une fausse nouvelle parue dans la presse du pays où ils sont affectés? Ainsi, quand on voit un quotidien comme La Jornada qui, en principe, pour tous les pays de la région, a une vision progressiste, mais dans le cas d’Haïti, ce sont des porte-parole de Gérard Pierre-Charles comme la journaliste Blanche Dietrich par exemple qui diffusent l’information sur Haïti. Les représentants de la légation haïtienne à Mexico ne pourraient-ils pas essayer de prendre la plume de temps en temps pour apporter un autre point de vue? Font-ils de l’opposition clandestine?

De toutes façons, face aux mensonges, à la désinformation qui voudraient faire croire que le gouvernement aurait perdu le contrôle de la situation, le Premier ministre Yvon Neptune a montré que tel n’est point le cas; il s’est rendu à Saint-Marc, dans l’Artibonite, puis à Grand-Goâve au sud de la capitale le lundi 9 février. Au Cap-Haïtien et aux Cayes, deuxième et troisième villes du pays, le peuple est mobilisé pour barrer la route aux terroristes. Quant aux Gonaïves, la Police étudie tout simplement les moyens à prendre pour débarrasser cette ville des bandits sans causer de victimes dans la population.

Concernant la France et les États-Unis, tout le monde connaît le rôle qu’ils jouent. La déclaration de l’ex-ambassadeur français Yves Gaudeul est encore fraîche dans toutes les mémoires quand ce colon prédisait une «tempête» dans le pays! De même pour la Mission spéciale de l’OEA qui a fait «appel au gouvernement pour remplir ses obligations sans parti pris et tenir compte des droits de tous les citoyens…» Mais la Mission ne souffle mot des liens des terroristes avec le Groupe des «184» d’André Apaid. On a même entendu l’expert «indépendant» des Nations unies Louis Joinet cafouiller pour essayer d’établir un distinguo entre le Groupe des «184» et les terroristes des Gonaïves. Et alors que depuis plusieurs semaines «l’opposition» n’a fait qu’encourager les bandits des Gonaïves, voilà que maintenant on essaie de prouver que c’est le gouvernement Lavalas qui les avait armés avant qu’ils se retournent contre lui. C’est un peu facile puisque jusqu’à présent ce sont les médias de «l’opposition» qui leur tendent le micro!

Quant au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, il manoeuvre comme d’habitude, annonçant que l’Organisation allait prendre plus d’engagement envers Haïti. Cela veut dire quoi  au juste? Pour sa part le porte-parole du Département d’État des États-Unis a déclaré: «Il y a des groupes violents dans les deux camps» (Le Monde 10-02-04). Puis de façon hypocrite Richard Boucher a poursuivi: «Nous deplorons les morts pendant l`attaque aux Gonaïves, à Saint-Marc et dans d’autres villes. Nous demandons au gouvernement de respecter les droits spécialement humains…» À l’entendre le coupable ce serait le gouvernement haïtien? Coupable de se faire attaquer par des terroristes? Le Département d’État ne dit pas un mot sur le bras armé de l’opposition macouto-bourgeoise. Pourtant le 9 février, Tele Haïti montrait plusieurs adolescents que «l`opposition» a armés à Raboteau. Le NCHR de Pierre Espérance reste muet naturellement comme ses maîtres.

En résumé, le pays et les classes populaires font face à un gigantesque complot international où l’impérialisme met toute sa presse en branle pour créer l’image du chaos dans le pays, que subitement cette même classe qui avait interrompu l’expérience démocratique en septembre 1991 voudrait cette fois rétablir la démocratie, comme ce farfelu de Jean-Michel Caroît, correspondant du Monde, entre autres, voulait le faire accroire au micro de Radio Canada le 10 février, en parlant d’André Apaid le putschiste comme d’un repenti, un «sauveur».