11 Fevrier,  2004

February 11, 2004

11 Fevrye,  2004

Vol. 21 No. 48
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Très tôt dans la matinée du 7 février, des centaines de milliers de partisans du chef de l’Etat ont investi le Carrefour de l’Aéroport et attendu avec calme l’arrivée du président Aristide...

7 février 1986 - 7 février 2004, cela fait exactement 18 ans depuis la chute de la féroce dictature des Duvalier. Ce 7 février est aussi le troisième anniversaire de l’investiture du président Aristide pour son deuxième mandat. Pour cette grande journée, des centaines de milliers de partisans et de sympathisants du chef de l’Etat ont manifesté pacifiquement dans les rues de Port-au-Prince pour plaider en faveur de l’unité, de la paix et du respect du mandat constitutionnel. La manifestation pro-gouvernementale, véritable marée humaine, avait commencé tout suite après l’inauguration par le président de quatre nouvelles places publiques, dont l’une à Cité Soleil et les trois autres au Carrefour de l’Aéroport, banlieue nord de Port-au-Prince.

L’avant-veille de cet anniversaire, ils étaient des milliers de paysans venus de diverses municipalités du département de l’Ouest à gagner les rues de la capitale, pour dénoncer l’aggravation de la misère des plus pauvres alimentée par «l’opposition» qui ne laisse aucun répit pour déstabiliser le pays économiquement, socialement et politiquement. Convoquée par la Fédération des associations de planteurs et distillateurs de l’Ouest, la marche des paysans, débutée à la Place d’Italie au Bicentenaire, a pris fin devant le Palais national où les paysans ont exprimé leur soutien au premier citoyen du pays.

Très tôt dans la matinée du 7 février, des centaines de milliers de partisans du chef de l’Etat ont investi le Carrefour de l’Aéroport et attendu avec calme l’arrivée du président Aristide, venu inaugurer à Cité Soleil la plus grande Place du pays. La circulation des véhicules était quasiment impossible dans cette zone.

Pour sa part, le président Aristide n’a point fait abstraction des menées criminelles de certains secteurs de «l`opposition», en faisant clairement allusion aux événements des Gonaïves où des membres du «Front de résistance anti-Aristide» au service de la Plate-forme politique des «184» ont assassiné une dizaine de civils, incendié le commissariat et pillé les bureaux des services publics et les résidences privées des proches du pouvoir. «La démocratie a besoin d’une véritable opposition politique et non d’une opposition terroriste qui tue des gens et brûle des commissariats de police. Nous disons donc non à celle-ci!», a déclaré le président. Il a par ailleurs déploré le fait que 18 ans après la chute de la dictature des Duvalier, certains secteurs s’obstinent à régler des problèmes politiques par la violence et la diffusion de fausses nouvelles. «Les élections sont la seule voie démocratique pour accéder au pouvoir. Il est inacceptable que des secteurs utilisent la violence et le mensonge comme moyens pour manipuler l’opinion publique.»

Il en a profité pour appeler ces secteurs à se ressaisir pour ne pas être condamnés par l’Histoire, et a souhaité une amélioration des conditions de vie de la population. « Si avan 200 zan se te gèp, aprè 200 zan fò k se myèl ».

Immédiatement après l’inauguration, supporters et hauts fonctionnaires de l’Etat qui ont parcouru une bonne distance en compagnie du président avant de poursuivre leur marche sur des kilomètres jusque devant le Palais national ont scandé des slogans en faveur de la paix, du dialogue et de la négociation pour une sortie pacifique de la crise. Néanmoins, les manifestants ont souligné que bien qu’ils soient pour la paix, ils ne resteront pas les bras croisés pour se laisser massacrer par les ennemis du peuple haïtien. Ils ont lancé un appel à l’opposition pour aller aux élections si elle veut arriver au pouvoir, ainsi qu’à la communauté internationale, notamment aux Etats-Unis, qui mènent en principe une lutte contre le terrorisme à travers le monde, de ne pas fermer les yeux sur les actions terroristes perpétrées par l’opposition haïtienne aux Gonaïves.

Par ailleurs, comme à Port-au-Prince, des milliers de personnes proches du pouvoir ont manifesté respectivement dans les rues du Cap-Haïtien et à Jacmel pour exiger pacifiquement le respect du mandat de 5 ans du président Aristide, à l’occasion du troisième anniversaire de sa seconde investiture.