4 Fevrier,  2004

February 4, 2004

4 Fevrye,  2004

Vol. 21 No. 47
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Un bébé de 6 à 7 mois qui devait être opéré depuis le mois de novembre continue à souffrir sous l’oeil indifférent des médecins, et ainsi de suite…

L’Hôpital de l’université d’Etat d’Haïti (HUEH), établissement public communément appelé Hôpital Général, le plus grand centre hospitalier du pays, ne serait plus qu’un dortoir, ou du moins un «dépôt» car les malades de tous âges sont laissés à eux-mêmes tandis que plusieurs médecins sont sur place mais ne travaillent pas. Cette situation dure depuis plus de deux mois, quand des médecins de service et des finissants de la faculté de Médecine ont décidé d’observer un arrêt de travail sous prétexte de réclamer de meilleures conditions de travail. À remarquer que cette situation alarmante ne préoccupe point la presse bourgeoise dite «indépendante» bien trop occupée à faire sans arrêt la propagande de «l`opposition» et à animer la déstabilisation.

C’est le chaos total, les patients peu fortunés y défilent à longueur de journée pour tenter leur chance de se voir soigner, mais les soins ne sont pas disponibles depuis fin novembre 2003 à la suite d’une grève observée par les médecins internes et résidents apparemment en solidarité avec une étudiante qui avait été agressée par des individus déclarés comme des «proches» du régime Lavalas. On peut comprendre un geste de protestation, mais il semble, après plus de deux mois que cela n’aura été qu’un prétexte. Et goguenards on les voit, ces disciples d’Esculape, insensibles aux souffrances des malades, s’en aller d’une salle à l’autre comme des abrutis, chantant: «Nous ne sommes pas en grève, nous attendons que les conditions de travail changent.»

Par exemple, un bébé de 6 à 7 mois qui devait être opéré depuis le mois de novembre continue à souffrir sous l’oeil indifférent des médecins, et ainsi de suite… Depuis les fêtes de fin d’année, personne ne coordonne les activités à l’Hôpital Général, et nombre de salles sont vides. Le décor est similaire à la maternité Isaïe Jeanty, à Chancerelles.

A en croire certains employés, cette situation viendrait du mode de gestion de l’équipe administrative. Ils ont fait remarquer que le docteur Jean Cadet, directeur administratif de l’HUEH n’en fait qu’à sa tête. D’ailleurs, ce dernier ne s’est pas présenté au travail depuis le 15 janvier après avoir essuyé des jets de pierres des membres du personnel soutien qui ne cessent de réclamer sa démission. Mais il serait trop facile de rejeter tout le blâme sur l’administrateur qui n’a pas le contrôle sur les intrigues politiques au sein de l’établissement. N’a-t-on pas entendu tout récemment un des leaders de «l`opposition» Evans Paul exiger que toutes les écoles et les centres hospitaliers du pays ferment leurs portes jusqu’au départ du président Aristide par tous les moyens.