4 Fevrier,  2004

February 4, 2004

4 Fevrye,  2004

Vol. 21 No. 47
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«L’opposition» en quête de cadavres!
Les agents du Corps d’intervention et de maintien de l’ordre (CIMO) dépêchés sur les lieux intervenaient alors pour empêcher la situation de dégénérer et ils ont lancé des grenades lacrymogènes. L’un des projectiles a atteint au dos le jeune Lionel Victor...

En dépit de la publication le 27 janvier d’un communiqué de presse du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) stipulant que «Tout groupe désireux de faire passer ses revendications à travers des manifestations peut le faire sur la Place d’Italie au Bicentenaire», en raison du fait, poursuivait la note, que depuis quelque temps les mouvements de rues constituent des occasions pour perpétrer des actes de violence, le lendemain 28 janvier les étudiants de l’UEH (Université d’Etat d’Haïti) sous la houlette du Groupe des «184» organisaient près du consulat des Etats-Unis à la rue Oswald Durand, les funérailles symboliques du président Jean Bertrand Aristide, en faisant grossièrement brûler un cercueil.

A l’issue de leur cérémonie, ces individus se mettaient en branle pour aller rejoindre d’autres fauteurs de troubles, quand a surgi un groupe de militants Lavalas réclamant de leur côté le respect du mandat de cinq ans du chef de l’Etat. Sur ce, les recrues de «l’opposition» dont certains se trouvaient dans l’enceinte de la faculté de Droit, se sont mis à lancer des pierres en direction des partisans du pouvoir constitutionnel. Ces derniers cédant à la provocation ont riposté et ce fut le début d’un affrontement.

Les agents du Corps d’intervention et de maintien de l’ordre (CIMO) dépêchés sur les lieux intervenaient alors pour empêcher la situation de dégénérer et ils ont lancé des grenades lacrymogènes. L’un des projectiles a atteint au dos le jeune Lionel Victor qui a été conduit dans une ambulance à l’hôpital du Canapé-Vert où il décédait quelques minutes après son arrivée. Selon Romage Réginald, membre d’une organisation populaire qui accompagnait Lionel Victor dans l’ambulance, la victime n’était pas un étudiant de l’UEH. Et il s’expliquait en ces termes : «Quand nous sommes arrivés à la salle d’urgence de l’hôpital, Lionel ne pouvait pas parler. Et, une dame à la peau claire et aux cheveux longs a cru qu’il s’agissait d’un étudiant; je lui ai dit qu’il n’en était pas un. Alors la dame s’est mise à fouiller dans les poches de la victime. Elle a trouvé un mouchoir et un calendrier portant le portrait du président Aristide.»

Cependant, les partisans du Groupe de André Apaid constamment en quête de cadavres s’étaient empressés de revendiquer la victime comme un étudiant de la faculté de Médecine. Pourtant ils étaient dans l’incapacité de fournir le moindre renseignement à son sujet plusieurs heures après son décès. L’un des responsables de la Plate-forme de «l’opposition», Hervé Saintilus, prétendait même sur les ondes que certains étudiants lui auraient affirmé avoir vu la victime participant plusieurs fois à des réunions au rectorat de l’université.

Entre-temps, des étudiants du groupe des manifestants anti-gouvernementaux se rendaient à l’hôpital du Canapé-Vert et intallaient des barricades enflammées devant l’édifice pour exiger que les restes de Lionel Victor leur soient remis. Cependant ces effrontés allaient être confondus par Islande Gélin, la compagne de Lionel Victor, car cette dernière s’était présentée au centre hospitalier muni d’une photo, la représentant en compagnie de Lionel et de leurs deux fillettes, Samantha et Cindy. Questionnée par les journalistes, Islande a confirmé que son mari n’était pas un étudiant mais un militant Lavalas. Dépités, ces étudiants, qui ont pris l’habitude de voler des cadavres pour faire la propagande politique de leurs mécènes, vidaient les lieux, mais après avoir passé leur rage sur le photographe du journal L’Union, Rood Chéry, qui se trouvait sur place.

Le 30 janvier, le président Aristide recevait au Palais national les parents de Lionel Victor à qui il a présenté ses condoléances. Au cours de la rencontre, Islande Gélin a expliqué avoir été harcelée dans l’hôpital par un groupe d’étudiants qui réclamaient le corps de son mari. Pour sa part, le chef de l’Etat a félicité Islande de n’avoir pas cédé aux tentatives de corruption pour accepter de présenter la victime comme un «étudiant». D’après le président, le pays est en effet fatigué des propos mensongers et du deuil provoqué par les instigateurs de la déstabilisation.

Ainsi, les maîtres d’œuvre de la violence planchent désormais sur la multiplication des cadavres pour pouvoir les réclamer comme des victimes de la «répression» et alerter l’opinion publique internationale. D’un autre côté cependant, ces événements du 28 janvier auraient pu être évité si les policiers, conformément au communiqué, avaient exigé que la manifestation des étudiants se conforment au communiqué du Conseil supérieur de la Police, puisque cet avis était encore en vigueur. Mais ils ont permis à la Plate-forme Démocratique d’enfreindre le règlement et de se livrer à du désordre sur la voie publique. Ce laxisme ne peut que faciliter ces débordements inacceptables.