28 Janvier,  2004

January 28, 2004

28 Janvye,  2004

Vol. 21 No. 46
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Monseigneur André Dumas...La CEH a attendu le 21 janvier pour pondre une deuxième note pour déclarer que sa proposition était devenue caduque depuis les affrontements survenus à l’Université le 5 décembre
Le 21 novembre dernier, la Conférence épiscopale (CEH) avait publié une note qu’elle présentait comme une proposition de «sortie de crise». Aussitôt «l’opposition» la rejetait d’un revers de main. Pourtant la démarche de la CEH ne pouvait que leur être favorable, mais elle, «l`opposition», quel qu’en soit le prix pour le pays, ne veut rien d’autre que renverser le gouvernement constitutionnel. L’organisme dirigeant de l’Église catholique haïtienne réclamait des changements au sein de la Police nationale et avec la fin de mandat de la 47e législature, la nomination d’un conseil de neuf membres où «l`opposition» serait amplement représentée. Ce qui, toujours d’après la CEH, serait conforme à «l’Accord initial» de l`OEA pour aboutir à la formation d’un «Conseil électoral de consensus». Le 18 décembre, au cours d’une interview, le président Aristide pour sa part en quelque sorte accueillait positivement la proposition de la hiérarchie catholique, disant: «Les évêques ont présenté une proposition de sortie de crise susceptible de déboucher sur la paix. Il y en a qui sont pour cette proposition à différents niveaux, d’autres sont contre, mais ce qui importe, c’est qu’il y a possibilité de trouver un compromis entre les partis politiques de l’opposition, la Convergence, le groupe des 184, la Société civile, le secteur privé, Fanmi Lavalas et le gouvernement… » Mais, il fallait compter sans la rouerie de la CEH qui a attendu le 21 janvier pour pondre une deuxième note pour déclarer que sa proposition était devenue caduque depuis les affrontements survenus à l’Université le 5 décembre. Le communiqué lu par Mgr Pierre André Dumas disait: «Elle (la CEH) avait de bonne foi présentée à la nation le 21 novembre une proposition de sortie de crise. Malheureusement depuis le 5 décembre 2003, nous assistons à une escalade de la violence, une insécurité croissante qui ont créé une situation intenable dans le pays au point que des secteurs invités à participer à une recherche de solution refusent de prendre part à toutes négociations … ces faits déplorables ont provoqué l’indignation et laissent planer, dans l’esprit de beaucoup, le doute sur la volonté réelle du pouvoir de rechercher une entente (…) L’Église en raison du contexte qui a changé prend acte de la difficulté à appliquer sa proposition telle qu’elle a été formulée le 21 novembre dernier… » On peut remarquer que ce n’est que plus d’un mois après le 5 décembre que Mgr Dumas se rend compte que sa proposition n’est plus adaptée! Comme on peut le voir, il s’agissait de fait d’une manœuvre des évêques qui soutiennent les classes dominantes pour acculer le gouvernement. Ils ne s’en cachent même plus. Outre ses diatribes contre le pouvoir Lavalas, Mgr Guire Poulard n’hésite pas à monter en chair pour haranguer ses troupes, comme récemment à Jacmel où la manifestation anti-gouvernementale d’un groupe de soudards a pris naissance dans l’église. Malgré tout, un porte-parole de la Présidence, Dismy César, tout en déplorant la dérobade de la CEH, a déclaré sur les ondes de Radio Vision 2000: «Dès la publication de la proposition, elle n’est plus la propriété des évêques. Il s’agit d’un plan visant à une action pour résoudre les problèmes politiques qui concernent tout le monde, et les acteurs doivent œuvrer dans l’intérêt de cette proposition… » Autrement le gouvernement est toujours prêt à un compromis. Peine perdue, car tout ce que veut «l`opposition», c’est renverser le gouvernement du président Aristide, et gagner du temps en semant la pagaille. D’ailleurs déjà on les voyait, ses membres, se préparer pour aller poursuivre leurs procédés dilatoires aux Bahamas où ils allaient rencontrer les représentants de la Caricom.